Mauvaise nouvelle, l'euro flambe face au dollar
Avoir une devise forte quand on a besoin de la croissance des autres, Etats-Unis et Chine, pour sortir de la récession est un boulet de plus à traîner.
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L'euro a franchi cette semaine la barre des 1,45 dollar et même touché celle des 1,46 dollar. La parité euro/dollar atteint son plus haut niveau depuis septembre 2008. Nous voilà de nouveau embringués dans la spirale infernale que la célèbre phrase prononcée en 1971 par John Bowden Connally, alors Secrétaire au Trésor de l'administration Nixon, illustre si bien: «le dollar est notre monnaie, mais votre problème».
Pour autant, on pourrait se glorifier d'avoir une monnaie forte. L'euro atteint des sommets contre le billet vert. C'était d'ailleurs l'ambition de départ. Au moment de l'avènement de l'euro en 1999, les politiques avaient en effet planté le décor sans ambiguïté. L'euro, à l'instar du deutschemark, devait être une monnaie forte et stable. Si être une devise forte signifie avoir un comportement contra cyclique avec la croissance économique, alors oui l'euro a indéniablement gagné son pari.
Tandis que la zone euro enregistre un PIB en recul de 5% en glissement annuel, une inflation négative et un taux de chômage en hausse graduelle, la monnaie unique atteint des sommets fort inquiétants pour envisager une reprise. En toute logique, une devise a tout intérêt à être faible pour accompagner et soutenir le commerce de sa zone. Or, depuis le lancement de l'euro, la tendance est bel et bien inversée. L'euro a eu tendance à se raffermir au moment où notre croissance économique battait de l'aile. Il faut bien se rendre à l'évidence, nous n'avons pas une monnaie forte, l'euro ne fait que s'aligner face au dollar. En clair, l'euro monte parce que les investisseurs perdent temporairement confiance en la monnaie américaine et décident donc de la vendre. La monnaie unique n'est pas non plus stable, puisque cela supposerait que sa valeur s'impose par rapport aux autres. En résumé, l'euro n'est ni fort ni stable. Il est davantage nuisible à notre commerce.
Un opérateur de marché explique pourtant: «dans le monde des devises, l'analyse macroéconomique domine, forces et faiblesses des zones économiques doivent être analysées ou anticipées en détail ». Et si les scénarios de reprise des économistes divergent sur quelques points de détails, tous (pratiquement) s'accordent pour expliquer que la relance de l'activité mondiale viendra des Etats-Unis.
L'économie américaine reste encore pour le cycle à venir le moteur de la croissance mondiale. C'est pourquoi, les experts sur les devises, anticipent, depuis une dizaine de mois déjà, l'appréciation du dollar face à l'euro. Il y a peu, un gérant d'une société de gestion concluait: «La balance pèse plutôt sur une appréciation du dollar. Les mesures colossales prises par le gouvernement américain devraient rapidement porter leurs fruits. L'économie américaine est en voie d'ajustement ».
Mais, voilà, dans les faits: le dollar baisse et l'euro grimpe. La soi-disant force de l'euro n'est que finalement l'expression d'un échec politique et économique à la fois. Le dollar qui s'est mis à reculer face aux six monnaies «principales», va pouvoir, de son côté, soutenir, petit à petit, le commerce extérieur américain et freiner les importations. Etre la monnaie de référence internationale assure indéniablement quelques avantages...
En revanche, dans la zone euro, nous avons encore plus fort que notre monnaie. Nous avons la Banque Centrale Européenne (BCE) et son honorable président, Jean-Claude Trichet, qui perçoit déjà une reprise de l'inflation. Alors que les indicateurs économiques peinent à sortir la tête de l'eau, le président de la BCE, lui, anticipe déjà une inévitable augmentation des prix. Il va pouvoir enfin ressortir son arme favorite: la hausse des taux.
Les économistes prévoient déjà une remontée du loyer de l'argent de 25 points de base pour décembre ou pour le début de l'année 2010. Une augmentation qui ne manquera pas de soutenir l'euro contre dollar. En conclusion, la valeur de la monnaie unique n'est pas prête de baisser. La croissance de la zone, pour sa part, n'est pas prête de repartir. Mais Jean-Claude Trichet reste serein. Il n'a qu'une seule mission : lutter contre l'inflation. Il continuera de l'exécuter sans sourciller.
Oriane Claire
Image de Une: Billets de cent dollars Reuters
Mis à jour le 14/09/2009 à 10h58









































Dans les années à venir, les américains, allergiques à toute forme de ponction fiscale, vont écluser leur énorme dette en faisant diminuer la valeur faciale du dollar, et l'inflation sera (si elle est maitrisée) une véritable bouffée d'oxygène pour leur économie. C'est ainsi qu'ils ont toujours fait. Ce mécanisme est assez injuste socialement, puisqu'il pénalise tout le monde indifféremment, les retraités et les bas salaires seront les premiers touchés. Mais c 'est un mécanisme qui fonctionne bien d'un point de vue macro économique, et dans le cadre d'une économie mondiale reconnaissant le dollar comme valeur de référence, c'est une opération toujours gagnante pour eux.
Les européens n'ont pu fabriquer l'euro qu'à la condition de respecter la terreur allemande de l'inflation, qui par un raccourci approximatif, est considérée par beaucoup comme la cause du succès du nazisme dans les années 30.
L'économie européenne va donc devoir subir le fardeau de la dette, la concurrence déloyale des pays asiatiques du point de vue social et environnemental, la concurrence déloyale des USA du point de vue monétaire. Le tout dans un marché libre et sans barrière douanière.
L'avenir me semble sombre, faudra-t-il des troubles sociaux majeurs pour convaincre nos dirigeants que nous allons dans le mur ?
"En toute logique, une devise a tout intérêt à être faible
pour accompagner et soutenir le commerce de sa zone."
En toute logique toute pourrie d'un système économique
et financier tout pourri, lui aussi, peut-être...
Ne changeons donc rien, même après le constat douloureux
(sauf pour la petite minorité des suceurs de sang) et flagrant
de la faillite générale à répétition d'ores et déjà programmée !
Laissons jouer la finance internationale avec la richesse réelle
pour en détourner à son profit exclusif les dividendes du vrai travail productif !
Laissons devenir objet de spéculation tout et n'importe quoi, des produits
dérivés deux, trois fois et plus, aux biens indispensables à l'économie réelle,
matières premières et denrées de base ; famines et fortunes, même combat !
Laissons debout, mieux, sauvons grâce au salaire de la sueur les officines
qui confondent leur métier de banque, utile aux échanges commerciaux,
avec celui de casinotier où le client oisif vient fumer d'un coup son temps
et son argent.
Empruntez, endettez-vous, l'antienne n'a pas changé en dépit des faillites
et des désastres personnels probablement pires que la pandémie
bienvenue en tant que diversion.
Bref, la phrase sélectionnée veut dire dans l'absolu : bossez, bossez,
pour pas cher, de préférence, car vous bosserez plus encore
et d'autant plus que vous courerez après le règlement
de vos factures ou de vos salaires, en monnaie de singe,
car ce qui compte n'est pas votre rendement réel
mais votre rendement relatif, celui sur lequel
nous prélevons notre dîme au passage
(dîme, ce ne serait rien, c'est un taux
bien plus usurier qui est pratiqué !),
quoi qu'il arrive, et prioritairement !
OK, c'est de bonne guerre
mais c'est une guerre
et, comme dans toutes les guerres,
plus un parti devient puissant,
plus il concentre sur lui
de feux nombreux.
A défaut de savoir lever le pied pour durer,
c'est ainsi que l'on précipite sa chute.
Questiondetemps.
M. Trichet n'est que le porte parole de la BCE, qui oublie qu'elle a deux missions contenir l'inflation mais également maintenir une croissance forte.
La BCE a fait un geste inconsidéré aux banquiers sans contre partie en leur octroyant 360 milliards au taux de 1% que les banques mettent sur le marché entre 4 & le pire des abus 16% et par leur filiale type Cetelem et autres à +20%. On peut considérer que la BCE n'est pas à la hauteur des enjeux économiques et que son seul vecteur est de redonner de l'air aux banques pour qu'elles puissent repartir sur le marché spéculateur au détriment de l'économie réelle.
La BCE n' a pas tiré les leçons de la crise.
J' ai toujours considéré que la BCE devait être indépendante des politiques mais sa gestion à retardement de la crise et sa vision très "banquière" de l'économie me font revoir ma position. La BCE laisse l'Euro grimper ce qui engendrera une croissance du chômage et une nouvelle pousser des délocalisations.
Ma question, la BCE dans sa forme actuelle n'est-elle pas une banque du passée?
"Les européens n'ont pu fabriquer l'euro qu'à la condition de respecter la terreur allemande de l'inflation, qui par un raccourci approximatif, est considérée par beaucoup comme la cause du succès du nazisme dans les années 30."
J'invite Marfel et Oriane Clair d'aller lire l'excellent livre de Sebastian Haffner "'l'Histoire d'un Allemand" qui figure sur la liste de livres évoqués dans "Un coeur intelligent," le dernier livre d'Alain Finkielkraut.
Sebastian Haffner était un témoin oculaire de la montée du nazisme dans l'Allemagne d'avant guerre. Il n'y a rien "d'approximatif" dans le lien entre l'inflation allemand et le fléau Nazi selon ce témoin malheureux. A l'époque "la terreur allemande" prenait toute une autre allure.
Les Allemands, et l'Europe, ont toutes les raisons du monde d'appréhender un retour de l'inflation. Notons d'ailleurs que l'Allemagne continue, avec le même euro que nous autres, d'être le plus grand exportateur du monde et, comme nous, paie moins cher ses importations.
Les USA, par contre, exportent peu et importent beaucoup. Si leur monnaie est si faible c’est le résultat de bien d’années d’excès. Mais c’est leur problème, pas le nôtre. Quant aux Chinois, les ‘banquiers’ des USA, ils ont tout intérêt à œuvrer en faveur d’un dollar fort – cela facilite leurs exportations et protège leur ‘investissement’. Les Japonais, eux, vend au monde entier avec un Yen qui est deux fois plus fort par rapport au dollar d'il y a 30 ans.
J'aimerais savoir quelle est l'économie qui s'est ruinée parceque sa monnaie était trop forte. Beaucoup par contre ne se sont jamais remis d'une monnaie trop faible.