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La guéguerre entre le CIA et le FBI a permis les attentats du 11-Septembre

Le hall du siège de la CIA, à McLean (Virginie, États-Unis), le 14 août 2008 | REUTERS/Larry Downing

Le hall du siège de la CIA, à McLean (Virginie, États-Unis), le 14 août 2008 | REUTERS/Larry Downing

L’animosité entre les deux agences de renseignement a sapé le travail des espions et est, selon des documents qui viennent d’être déclassifiés, à l’origine de la réussite des attentats terroristes du 11 septembre 2001.

Le vendredi 12 juin, juste avant le week-end (et probablement pour éviter un trop grand retentissement médiatique, selon Vice), l’Agence américaine de renseignement a déclassifié des documents faisant état de dysfonctionnements tels qu’ils sont en partie responsables de la réussite des attentats du 11-Septembre. En tête: l’animosité qui régnait entre la CIA et le FBI, relève le National Observer.

On y apprend ainsi que les relations entre l’antenne UBL (enquêtant sur Oussama Ben Laden) de la CIA et le bureau new-yorkais du FBI (chargé d’al-Qaida) étaient «au mieux perturbées, au pire dysfonctionnelles». Par exemple, un agent de la CIA rapporte qu’un délégué du bureau new-yorkais du FBI avait été envoyé par son responsable régional pour espionner l’antenne UBL, en laquelle n’avait pas confiance ledit responsable. De son côté, l’agent du FBI dit que l’on se méfiait de lui et qu’il était perçu comme «l’espion» de New York, terme en effet repris par nombre de ses collègues et supérieurs hiérarchiques.

Rivalité

Des informations qui ne sont pas aussi inédites qu’elles en ont l’air. Dans l’ouvrage de Fabrizzio Calvi 11-Septembre, la contre-enquête, l’ex-agent du FBI détaché auprès de la CIA Mark Rossini («l’espion» de New York) révélait qu’il avait été obligé de ne pas transmettre à son agence d’origine que deux des dix-neuf pirates de l'air s'apprêtaient à entrer sur le territoire américain. Dix ans après les attentats, il avait fait état de son sentiment d’horreur au Journal du dimanche, martelant que le «11-Septembre n’était pas obligé de se produire»:

«Cela me sidère encore que nous n'ayons pas eu le droit de communiquer une information aussi cruciale et qui aurait sûrement arrêté tout le processus du 11-Septembre.»

De même, dans la réédition de 2004 de son livre Au sein de la Maison Blanche, le professeur de sciences politiques Charles-Philippe David avait déjà fait remarquer que «le manque de coordination dans l’échange d’informations et d’actions communes a été très largement souligné, notamment par la Commission sur le 11-Septembre, comme ayant été la cause principale de la réussite des attentats».

«Les agences ont toujours été rivales», écrivait-il, mais «l’animosité entre la CIA et le FBI atteint, en 2001, son point paroxystique et elle empêche les agences de s’échanger des informations qui auraient été précieuses». On peut en effet lire dans les documents qui viennent d’être déclassifiés que l’animosité a atteint un pic entre 1997 et 1999, période après laquelle les responsables des agences ont tenté, sans grand succès, de réparer les pots cassés.

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