Science & santé

Le cerveau et le système immunitaire sont connectés

Repéré par Daphnée Leportois, mis à jour le 14.06.2015 à 13 h 32

Repéré sur io9.com, EurekAlert

De petits vaisseaux relient le cerveau et le système immunitaire, ce qui éclaire d’un nouveau jour la recherche sur les maladies neurologiques.

Visite de contrôle du cerveau | amenclinicsphotos ac via Flickr CC License by

Visite de contrôle du cerveau | amenclinicsphotos ac via Flickr CC License by

C’est une découverte qui aurait pu avoir lieu au XIXe siècle mais qui a attendu 2015 pour se produire. «Je pensais que l’ensemble du corps était cartographié», souligne le neuroscientifique Jonathan Kipnis. Sauf que de petits vaisseaux avaient jusqu’alors échappé à l’œil pourtant exercé des anatomistes. Son équipe vient en effet démasquer des vaisseaux lymphatiques qui relient entre eux le cerveau et le système immunitaire. Voilà qui met un terme à des années de croyance, selon laquelle aucun vaisseau ne connecte directement le cerveau et le système lymphatique, et surtout qui permettra d’en savoir plus sur les maladies neurologiques.

Le site io9 explique ainsi que des corrélations entre des maladies comme la sclérose en plaques ou Alzheimer et des modifications du système immunitaire avaient déjà été mises en avant par la recherche. Sauf que, jusqu’à présent, manquait la connexion physique entre le cerveau et le corps pour expliquer ces concordances. Ce à quoi vient remédier cette découverte, explique Jonathan Kipnis:

«Au lieu de nous demander pourquoi les patients atteints par la sclérose en plaques subissent des attaques immunitaires, nous pouvons poser des questions mécaniques, puisque le cerveau est comme tous les autres tissus connecté au système immunitaire.»

Du système digestif au cerveau

La chercheuse Wendy Ingram se demande ainsi si ce n’est pas par le biais de ces vaisseaux lymphatiques que le parasite Toxoplasma gondii induit chez la souris une absence totale de peur face à son prédateur qu’est le chat. L’agent de la toxoplasmose, présent dans des fèces dont s’alimentent les rongeurs, parcourt-il ce chemin pour passer des intestins à la matière grise?

C’est peut-être ainsi que certains parasites se font une voie jusqu’au cerveau, et même notre cerveau à nous, ce qui pourrait éclairer d’un nouveau jour les liens entre les lésions du système digestif et celles du cerveau dans le cas de la maladie de Parkinson. Si l’on ne peut encore répondre avec certitude à toutes ces questions, une chose est sûre: les immunologistes et neuroscientifiques vont avoir des raisons de collaborer.

 

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