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Hillary Fields

Hillary Fields est écrivain, rédactrice et éditrice web. Elle tient le blog Everyday Ethics.

Où est passé mon sex-appeal?

La crise de la quarantaine, vue par l'écrivaine américaine Hillary Fields.

Dimanche 13 Septembre 2009
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Combien de femmes ressentent-elles qu'au fil des ans, elles doivent troquer le sex-appeal contre la confiance en soi? Pourquoi faudrait-il renoncer à l'un pour gagner l'autre? La semaine dernière, l'écrivain Hillary Fields faisait l'amer constat qu'à seulement 35 ans, elle pensait avoir perdu de son attrait, avoir renoncé à son audace pour voir émerger sa sagesse. A lire sa prose généreuse, j'ai pourtant l'impression que son charme agit encore bel et bien. Emma Gilbey Keller.

Voici ce qu'Hillary nous dit:

«Avant, j'étais sexy.

C'est du moins ce que je pensais. Et les hommes qui profitaient de mes charmes avaient en général la galanterie de ne pas me détromper. Ce qui, pour moi, revient à peu près au même. Le résultat était là : je suscitais les réactions que j'appelais de mes vœux.

Tout cela a beaucoup changé.

La donzelle en corset enrubanné et talons aiguilles, la noceuse qui mettait le feu sur la piste et à la gent masculine, s'est métamorphosée en une gentille bonne femme qui ne se soucie plus d'avoir une paire de chaussures pour "y aller" et une pour "y être". Celle qui exhibait avec fierté les charmes de sa jeunesse sur les comptoirs des bars s'excuse aujourd'hui des effets que la pesanteur et les années font subir à son corps.

Et je n'ai que 35 ans.

En seulement quelques années, mais après de sages et intenses réflexions (et modérations), mes charmes se sont évanouis. A leur place s'est installée une solide connaissance de ce que je suis, qui m'a fait réaliser, entre autres choses, qu'une grande part de mon érotisme se nourrissait en fait d'un immense sentiment d'insécurité; que je me vendais dans une quête éperdue de confiance en moi, frôlée furtivement le temps d'un regard appuyé, d'un coup d'un soir, d'un sifflement à mon passage, de tous ces échanges licencieux qui ne laissent au petit matin qu'un goût de cendres dans la bouche.

Autrefois, je dévorais les marques d'attention, me pavanant fière comme un paon, la tenue osée, pour le dire gentiment, et le geste effronté, pour le dire poliment. Je vivais dans l'illusion propre à la jeunesse, à cent à l'heure... jusqu'à ce que j'aie envie de m'arrêter.

Mais voilà qu'aujourd'hui, le dangereux démon de la nostalgie me fait regretter une partie de cette ancienne vie. Malgré les innombrables joies de mon existence actuelle - un mari adorable, des amis stables, un bon travail, un regard clair et une conscience en paix - il me manque quelque chose.

Certes, je me suis laissée aller, un peu. Sans être une sorcière mal fagotée, j'ai pris du poids, je ne me maquille plus tous les jours et je ne suis plus à la pointe de la mode. Je n'arrive plus à prendre tout cela autant au sérieux; après tout, je suis une adulte, et la vie n'est pas faite que de frivolités. C'est vrai, je ne suis pas aussi scotchante qu'à la grande époque. Mes... euh... atouts... n'ont plus leur lustre d'antan. Mais ce n'est pas vraiment ça le problème. Le vrai problème, c'est que j'ai perdu mon audace au change.

Aujourd'hui, je suis une femme mesurée. Et 90% du temps, ça me va. Je me sens en sécurité. Je me sens bien. Je me sens intelligente, indépendante, adulte et estimable. Je peux me regarder en face.

Sauf certains jours. Alors, je suis hantée par la superbe fille que je ne vois plus dans le miroir. La fille jeune, la fille sexy. La fille aux yeux vénéneux qui fait courir les hommes, la fille qui s'empare du monde avec des griffes vermillon. Alors, la conscience de ce que je suis devient un peu trop aigüe, et je me sens envahie par le regret et le doute, en manque d'une identité qui n'en a jamais été une (et qui n'aurait jamais dû en être une).

Toutes les femmes qui passent le seuil des 35 ans ressentent-elles cela? Je ne sais pas. Je sais juste que je dois jouer d'un autre charme. D'un charme respectable, d'un «charme de dame», peut-être.
Je suis convaincue que cela existe. Je le vois tous les jours chez des femmes que j'admire, chez des femmes mûres parfaitement épanouies qui ne sont pas des grands-mères assagies; chez des femmes qui sont, comme dit mon mari, «infiniment sexy, mais sans une once de naïveté juvénile»; chez des femmes qui s'aiment à 100 %, quelles que soient les chaussures qu'elles ont aux pieds.

Je n'en suis pas là. Mon charme intérieur n'est pas encore arrivé à maturité. Je l'invoque par toutes les potions en vogue possibles et imaginables, du régime «90 salades en 90 jours», aux marches forcées sur mon maudit tapis de course, en passant par la méditation sur tous les sommets de montagne (ou terrasses) qu'une non-yogi sujette au vertige et à une dose dangereuse de cynisme est capable d'atteindre. Je suis prête, volontaire et ouverte (dans l'ensemble). Mais jusqu'ici, je n'ai pas encore trouvé les clés qui me donneront accès à mon aura féminine profonde et authentique.

Je ne désespère pas. J'ai même décidé de transformer l'épreuve en «l'année des bonnes résolutions débiles», en essayant des techniques de réalisation de soi de plus en plus idiotes (il faut bien s'amuser au passage) jusqu'à ce que l'une fasse effet, ou que je me fasse une raison et que j'admette que je suis très bien comme je suis. En d'autres termes, je ne renoncerai pas avant de trouver un moyen d'être en complète harmonie avec moi-même, jusque dans cette infime partie de mon esprit qui continue de croire que les soutien-gorge push up et tous ces harnachements inconfortables sont indispensables à la bonne marche du monde.

Si vous avez découvert les moyens de retenir le charme insaisissable de la féminité, faites-moi signe... Je pourrai peut-être en prendre de la graine. D'ici là, je vais m'ancrer tranquillement dans mon bien-être, en m'accordant de temps à autre quelques pensées mélancoliques pour ce qui n'est plus.»

Hillary Fields

Traduit par Chloé Leleu

Image de une : Arko Datta / Reuters

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Comments

Ce qui n'est plus...

Chère Hillay,
je ne sais pas si je suis une femme anormale mais en vous lisant je voyais mon parcours (j'ai dépassé la cinquantaine) complètement opposé au votre...et c'est bien à partir de mes quarante ans (plus ou moins) que mon sex appeal a pris de l'épaisseur avec la conscience de qui je suis au delà de mes formes et de mes courbes.
Ce que je peux vous dire est que vous êtes très distante de la solution si vous pensez devoir "jouer d'un autre charme" et que vous frôlez le ridicule quand vous écrivez de "charme respectable de dame". Tout cela n'est que surface, lieux communs, rôles établis.
Vous devez simplement chercher en vous qui vous êtes maintenant et vous trouver.
C'est votre style à vous, votre façon de remplir vos gestes de tout ce que vous êtes qui vous donneront cette agréable sensation de coïncider avec vous même et sur cette base votre sex appeal sera non seulement présent à l'appel mais bien plus authéntique et puissant.
Allez courage, pour vous donner plus qu'un espoir sachiez que après mes quarante fabuleux les cinquante le sont encore plus...et je vous dis ça en tant que femme sous traitement chimio depuis des mois...

repondre a maria ludowica

je suis aussi sous chimio depuis deux ans j'ai ete chauve et le regard amusé des gens qui vous toisent lorsqu'il s'apercoivent que vous porter une perruque ainsi que la prise de poids dûe aux corticoides ne facilitent pas le regard qu'on porte sur soi dans le miroir
mais peut etre avez vous qq dans votre vie qui a reussi a vous faire oublier tout cela et sincerement j'espere que ce soit le cas car sans rentrer dans le pathos combien de women ont ete abandonnées parce qu'elles ne correspondaient plus à l'image sexy que l'homme avait connue.....

enfin pour en revenir a l'article je dirais simplement que cette jeune femme n'accepte tout simplement pas de vieillir d'ailleurs dans une societe comme l'amerique où tout est basée sur l'apparente beauté et jeunesse, on peut comprendre ses difficultés
Elle devrait venir vivre en france qq temps où notre BB nationale apres avoir ete le sexe symbol mondial a accepté ses rides contrairement a une sofia loren qui gonflée au silicone de partout , renvoie une image ridicule a un point que je n'arrive pas à qualifier

enfin ceci est juste mon opinion

papapoulos

@papaoulos

En m'excusant avec les autres pour ce court off topic, je tiens à vous répondre parce que ce que je vous dirai a un lien avec le sujet proposé par Hillary.
Pas de perruque pour moi. Je l'ai décidé avant de commencer la chimio. Primo parce que j'assume moi même entièrement et mon cancer par conséquent, ce qui veut dire que je l'affronte à visage découvert sans essayer de le cacher. Secondo parce que ça se voit et terzo parce que je me suis amusée à être créative avec mes turbants ethniques (je profite de Paris à fond...).
S'il y a quelqu'un qui m'a fait oublier tout cela? Vous voyez que j'ai choisi de chevaucher le tigre et donc de ne pas oublier tout cela, au contraire j'en profite pour me réconcilier avec mon corps et apprendre un peu plus de moi même. Ce cancer est arrivé au moment du passage assez dur de la ménopause et en pleine recherche (...) de travail en Europe après 12 ans d'activité en Asie du sud est. La dépression me guettait sournoise et je peux affirmer aujourd'hui qu'il m'a sauvé la vie. Je m'occupe de moi comme si j'étais ma fille et ma mère au même temps.
Peu importe d'arriver à destination, ce qui compte est le voyage.
Mon sex appeal est, pour le moment, relégué derrière le voile du téléphone et de l'écran de mon ordi. Il reviendra avec ma nouvelle vie.

@marialudovica

etes vous certaine de l'affronter a visage découvert , vous me parlait de telephone et d'écran d'ordinateur
je ne cache pas mon cancer il s'inscrit sur mon visage un peu plus chaque jour , je ne me voile pas la face non plus en deux ans de chimio j'ai pris dix ans aussi bien physiquement que mentalement
je pense regarder les hommes tjs avec le même appetit mais eux tournent la tête ou baissent les yeux et ce malgré une coquetterie digne d'une ados , je n'allume personne , simple constattion même si cruelle
je rêve de me payer monsieur clooney sans doute ne serait-il pas flatté d'être objet de convoitise de ma part , mais son côté chevalier defenseur des droits de l'homme me fait oublier son côté coureur de jupons mais passons , même si mon sexe appeal est au plus bas , ma libido ellle est mamma mia ècaldissima alors je dis sexy ou pas je vais essayé d'attirer clooney what else?
That is life e finche cé vita ce speranza non e vero maria ludovica
si vous voulez continuer conversation gisou.casagrande@gmail.com

papapoulos

@papapoulos

Si je reste beaucoup chez moi c'est seulement pour me protéger en vue d'une opération qui est très proche.
Je vous écrirai.

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