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Si la Grèce est l'enfant à problèmes de l'Europe, que dire de ses parents?

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras le 18 mai 2015, à Athènes | REUTERS/Alkis Konstantinidis

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras le 18 mai 2015, à Athènes | REUTERS/Alkis Konstantinidis

Quoi qu'il arrive, l'Eurozone devra toujours se montrer conciliante avec son enfant terrible.

Imaginez que la Grèce, qui fête ses 15 ans d’appartenance à la zone euro, soit un enfant en pleine crise d’adolescence. Manque d’argent, délais sans cesse repoussés quand il faut affronter ses responsabilités, sautes d’humeur, négociations et conflits permanents… Depuis plusieurs semaines, les médias jouent à ce jeu des comparaisons à propos de la crise en Grèce. «Si la Grèce et ses partenaires de la zone euro étaient une famille plutôt que des nations, estime le site MarketWatch, même le plus indulgent des psychothérapeutes leur dirait sûrement d’arrêter de prétendre qu’ils peuvent habiter sous le même toit.» 

Et la crise familiale pourrait bientôt atteindre un point de non retour. Selon Reuters, les économistes estiment que les créanciers pourraient décider de lancer un ultimatum: ou la Grèce trouve un accord, ou elle devoir affronter un scénario de sortie de l’euro. Car comme l’explique Le Monde, le scénario du pire se précise de jours en jours. Athènes pourrait se retrouver dans l’incapacité de rembourser les milliards qu’elle doit au FMI ou à la BCE qu’elle doit régler dans les semaines qui viennent. Un défaut de paiement qui pourrait avoir des conséquences désastreuses: 

«Une bonne règle est qu’une fois qu’une famille a désavoué un enfant, la famille n’est plus jamais la même, a expliqué l’ancien secrétaire au Trésor américain Lawrence Summers lors d’un forum à Paris début juin et repris par MarketWatch. Si un pays quitte l’euro, c’est aussi le cas.»

Mais peut-on pour autant blâmer ce pays et seulement ce pays? Quartz a justement imaginé un dialogue familial sur le sujet, avec une Grèce tentant de se défendre face à des parents européens décidément très sévères:

«Tu m’as élevé ainsi. J’ai assez souffert. Qu’est-ce que tu vas faire? Me jeter?»

Cette première phrase est révélatrice: la zone euro, et plus largement l'UE, ont modelé la Grèce. Et, comme dans toute relation conflictuelle, qu’elle soit au sein d’une famille, d'un couple, ou d’un conglomérat de pays en crise, il faut regarder les torts de chacun. Et pas seulement les «enfantillages» dont est accusée la Grèce, comme l’expliquait déjà le Financial Times en avril dernier. «Tout comme pour les parents qui ne sont pas d’accords entre eux sur la manière de calmer leur rejeton, l’harmonie européene ne trouve pas d’accord sur la meilleure stratégie à adopter pour parlementer avec le gouvernement grec.»

On trouve ainsi les pays plus conciliants, souhaitant traiter la Grèce «comme un adulte», d’autres plus rigoristes, déterminés à punir son «rejeton» pour ses erreurs, et enfin ceux qui ne voulait pas de la Grèce au départ et qui estiment que la famille serait plus forte sans lui. C’est aussi ce conflit parental qui met à mal la sortie de crise de la Grèce. 

«L’Eurozone est une famille dysfonctionnelle, conclut MarketWatch en tentant l'optimisme, et dont les membres ont trop peu en commun les uns avec les autres. Mais comme la plupart d’entre nous le savent par expérience personnelle, même les familles dysfonctionnelles peuvent rester soudées pendant longtemps.»

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