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La Fondation Bill et Melinda Gates trouble les experts de la santé

Les Gates devant l'opéra d'Oslo en 2009 | Kjetil Ree via Wikimedia CC License by

Les Gates devant l'opéra d'Oslo en 2009 | Kjetil Ree via Wikimedia CC License by

Le couple Gates, à travers sa fondation, est en tête des bienfaiteurs de la santé mondiale, devant l’OMS. Sauf que le bilan des milliardaires en matière sanitaire est opaque et non sans faiblesses.

Dans la mesure où Tony Stark n’est que pure chimère, difficile de trouver meilleur exemple de fortunes philanthropiques que les époux Gates. À travers leur fondation, Bill et Melinda Gates ont déjà consacré 33,5 milliards de dollars à des campagnes sanitaires en quinze ans d’existence. Un investissement généreux sur de nombreux plans (campagnes de vaccins bien sûr mais aussi traitement de l’eau et fabrication de préservatifs) qui place l’organisation en tête des bienfaiteurs de la santé mondiale, devant l’Organisation mondiale de la santé (qu’elle finance d’ailleurs, comme de nombreuses autres institutions et associations sanitaires).

Un bilan problématique

Le tableau semble d’autant plus idyllique que la fondation est encensée par la presse alors même que sa puissance dans le monde de la santé et son opacité empêchent d’y voir clair sur les actions entreprises, estime Vox. La journaliste Julia Belluz est allée voir de plus près pour glaner des informations sur la réalité de l’apport des Gates à la bonne cause… difficilement car peu d’officiels, d’agents médicaux ou d’associatifs osent parler contre le principal moteur de la lutte sanitaire.

Pourtant, certains experts, sans nier l’importance du bilan des milliardaires, en pointent les faiblesses. L’influence acquise par ses investissements successifs a, tout d’abord, rendu l’ensemble des acteurs dépendants des subsides des Gates. Pourtant, malgré les dollars et l’ampleur des campagnes menées par la fondation, la sociologue Linsey McGoey, de l’université de l’Essex, qui a travaillé sur le sujet, déclare:

«Honnêtement, je ne peux pas évaluer les bienfaits qu’ils ont apportés et c’est ça qui est effrayant.»

Beaucoup de médicaments, peu d'infrastructures

Dans la revue médicale The Lancet, deux chercheurs d’Oxford ont dénoncé la répartition des aides distribuées par les Gates. Selon eux, l’organisation cible avant tout le traitement des maladies infectieuses (sida, malaria) dans les pays riches plutôt que les maux endémiques des pays pauvres (obésité, cancers, etc.). De plus, il est reproché à la Gates Foundation de parer au plus pressé à travers l’utilisation massive de médicaments et de technologies sans chercher à renforcer les systèmes sanitaires et le maillage médical des pays en difficulté. Depuis le début de la crise d’Ebola en Afrique de l’Ouest, c’est la faiblesse du réseau hospitalier qui est considérée comme la source de la virulence du fléau.

Enfin, Linsey McGoey reproche à Bill Gates son attachement en faveur d’un droit de propriété rigide en matière pharmaceutique. Un dogmatisme qui, selon elle, handicape les pays plus pauvres, qui ne peuvent par conséquent dupliquer sous une version moins coûteuse les vaccins et médicaments dont leurs populations ont besoin. 

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