Monde

Une courte majorité de Français ne veut pas d'une intervention militaire en Ukraine

Temps de lecture : 2 min

D’après un sondage du Pew Research Center, les Français sont loin d'être les seuls en Europe à ne pas vouloir se battre pour l’Ukraine.

Levée du drapeau de l'Otan | US Army Europe Images via Flickr CC License by
Levée du drapeau de l'Otan | US Army Europe Images via Flickr CC License by

Les opinions de nombreux peuples de pays membres de l'Otan sont pour le moins réticentes à l’idée d’intervenir militairement en Ukraine, explique le New York Times. L’institut Pew Research Center a interrogé au sujet des suites à donner au dossier ukrainien plus de 11.000 habitants des huit pays suivants: France, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Allemagne, États-Unis, Canada, Pologne. Pour les résultats annoncés, la marge d’erreur est évaluée de 3 à 4%.

Les avis sont plutôt favorables à l’apport d’un soutien économique à l’Ukraine (la médiane s’établit à 70% des sondés). Selon le sondage, 67% des Français sont enclins à livrer un secours financier à l’Ukraine, mais ils ne sont plus que 46% à souhaiter qu’on fasse une place à ce pays au sein de l’Union européenne. C’est surtout au niveau d’une éventuelle entrée en guerre aux côtés de l’Ukraine face aux séparatistes et aux Russes que le bât blesse.

En effet, l’idée d’envoyer des armes aux Ukrainiens ne convainc que 40% des Français (et 22% des Italiens). L’utilisation de la force militaire est encore moins populaire. Les Français, parmi les moins va-t-en-guerre, rejettent cette hypothèse à 53%, quand bien même ils sont 44% à faire de la Russie la principal fautive dans les violences de l’est de l’Ukraine. Les Allemands freinent des quatre fers: ils sont 58% à ne pas vouloir défendre militairement l’Ukraine.

«Répondre à une offensive russe»

Ivo H. Daalder, ancien ambassadeur américain auprès de l’Otan et actuel président du Conseil de Chicago sur les affaires mondiales, apparemment désolé de ce manque d’enthousiasme martial, remarque dans l’article du New York Times qu’«il va falloir fournir un sérieux effort pour convaincre ces peuples du besoin de se préparer, dissuader et, si nécessaire, répondre à une offensive russe».

La réaction de l’ancien responsable de l’Alliance atlantique ainsi que la question du Pew Research Center sur la volonté des peuples relevant de l’Otan de se battre ou non pour l'Ukraine paraissent curieuses dans la mesure où ce pays, même s'il s’en rapproche et est lié avec elle par un partenariat, n’est pas un État membre de l’organisation. Si, dans la charte de l’Alliance atlantique, figure la nécessité de défendre tout allié sous le coup d’une attaque à l’article 5, cet article concerne uniquement les États membres.

Le sondage aurait eu, en fait, selon le New York Times, l’ambition de rassurer les pays baltes (Lettonie, Lithanie, Estonie), qui, eux, font partie de l’instance et craignent la politique étrangère de leur voisin. Pas sûr que le but soit atteint.

Un panel ukrainien a aussi été interrogé par le Pew Research Center. Une donnée intéressante se dégage: on estime aujourd’hui à 47% les Ukrainiens prêts à négocier avec la Russie et les séparatistes pour mettre un terme au conflit.

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