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Déplacement à Berlin: Manuel Valls va rembourser 2.500 euros pour ses enfants

REUTERS/Régis Duvignau

REUTERS/Régis Duvignau

Le Premier ministre, très critiqué en privé au PS, va assumer le coût d’une partie de son voyage à Berlin.

Très critiqué pour son déplacement à la finale de la Ligue des champions à Berlin, Manuel Valls a annoncé lors d'un déplacement à la Réunion, jeudi 11 juin, qu'il assumerait le coût du voyage de ses deux enfants, soit 2.500 euros.

Il a également réaffirmé que son voyage à Berlin avait eu lien à l'invitation de Michel Platini, président de l'UEFA, pour parler notamment de l'Euro 2016 en France. Une information confirmée par la confédération européenne et qui vient démentir ce qu'affirme le Canard enchaîné, selon qui le Premier ministre n'avait pas de rendez-vous prévu avec l'UEFA.

Selon le Canard enchaîné, Valls n'avait pas de réunions prévues avec l'UEFA pic.twitter.com/noXl1CiydZ

— David Doucet (@Mancioday) June 10, 2015

Dans cette affaire, ce n'est pas seulement la droite qui s'en est prise à la conduite du Premier ministre, mais également une partie de son camp, comme nous le racontions déjà le dimanche 7 juin.

Lienemann sur l'escapade de Valls à Berlin : "Il aurait aussi pu aller à Poitiers voir le match dans un bar" #CongrèsPS

— Mathieu Dehlinger (@mdehlinger) June 6, 2015

À l'exception de la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann donc, et de Christian Paul, chef de file des frondeurs, qui estime que, «vu le déficit de dialogue entre lui et les socialistes, il aurait dû rester à Poitiers», le Premier ministre avait cependant été assez épargné en «on».

Pour Michel Sapin, «ça ne vaut pas que l'on gâche quelques minutes de notre conversation avec ça». Le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis avait estimé que «ce n'est pas maladroit», et le ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll l'avait également défendu, lors de l'émission Preuve par Trois, sur Public Sénat:

«La polémique s'arrête à partir du moment où on regarde les choses avec un tout petit peu de recul: il est invité par le président de l'UEFA à la finale de la Ligue des champions, en tant que Premier ministre de la France, c'est la République, il représente le gouvernement français »

Mais en off, le discours n'était pas tout à fait le même. Le Canard enchaîné raconte ainsi que le ministre de l'Agriculture trouvait qu'il était «vraiment gonflé d'agir ainsi», rapporte Le Lab. De son côté, François Hollande aurait déclaré à son Premier ministre:

«Ce qui est fait est fait mais à l'avenir il faudra être toujours plus vigilant.»

D'autres, dont les noms ne sont pas cités, se sont montrés plus violents. Les exemples suivants proviennent de l'AFP, du Parisien, d'Europe 1, du Figaro ou encore du très bon résumé des derniers jours publié dans Libération.

Un proche de Hollande à l'#AFP sur la virée berlinoise de Valls: "Les gens n'aiment pas ça, François (Hollande) n'aurait jamais fait ça"

— Marc Préel (@marcpreel) 9 Juin 2015

«Je suis tombé de ma chaise. C'est à se demander s'il n'a pas perdu pied avec la réalité.» (un ami de François Hollande, à Europe 1)

«C'est scandaleux». «Il y va avec avion de la République, c'est choquant non?» (des élus PS, au Parisien)

«La jet-settisation des dirigeants socialistes, à Cannes, à Berlin ou à Roland-Garros me choque profondément. C’est une stratégie de com qui consiste à penser qu’il vaut mieux s’afficher avec les puissants qu’avec les plus faibles. Ça s’appelle Euro-RSCG» (un dirigeant du PS, à Libération)

«Pourquoi un type aussi rigoureux et vigilant ne fait plus attention?» (un conseiller de l'Elysée, cité par Le Figaro)

Cet article a été actualisé le jeudi 11 juin avec la décision de Manuel Valls de rembourser une partie du coût de son voyage à Berlin.

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