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Corruption dans le sport: avant la Fifa, il y a eu Néron

Le Discobole (via Wikimedia Commons).

Le Discobole (via Wikimedia Commons).

Alors que pas un jour ne passe sans que de nouvelles révélations sur le scandale de corruption qui entache la Fifa fuitent dans la presse, le quotidien allemand Die Welt se tourne vers le passé, au temps des Jeux olympiques antiques:

«L'idéal d'un sport purement amateur au temps de la Grèce antique, qui règne depuis la reprise de l'idée olympique en 1896, est une pure légende. Il n'y a –pratiquement– rien qui n'existait pas déjà autrefois.»

Un des plus grands scandales de corruption de l'Antiquité est la participation de l'empereur romain Néron aux jeux olympiques de l'an 67 après J.-C., qui acheta sa victoire et fit même ajouter des disciplines dans lesquelles il excellait, tels le chant et la pantomime:

«Il fit parvenir un million de sesterces aux arbitres et aux organisateurs à qui il devait sa victoire. Galvanisé par son triomphe, il promit également une exonération fiscale à son hôte, la province romaine qu'était alors la Grèce, et alla même jusqu'à tenir son propre discours de remerciement pour ce "cadeau si grand que vous n'auriez pas osé me le demander"».

Une victoire d'autant plus ridicule que, comme le rappelle le site de l'émission de connaissance Planet Wissen, diffusée entre autres sur la chaîne de télévision allemande WDR, Néron avait fait une chute lors de la course de chars.

Après la destitution et le suicide de Néron l'année suivante, Rome réclamera à la Grèce la somme que ce dernier avait versée aux organisateurs des Jeux olympiques. Pour se venger, les Grecs effaceront des annales les jeux de 67.

Dans son livre Die unheilige Spiele («les Jeux profanes»), l'historien allemand Karl-Wilhelm Weeber, spécialiste de la Grèce antique, rapporte un autre exemple des nombreuses affaires de corruption qui ont émaillé la chronologie des jeux antiques: lors des 98e Keux olympiques, en l'an 388 avant J.-C., le boxeur Eupolos de Thessalie parvint à soudoyer trois de ses adversaires, parmi lesquels le vainqueur des Jeux précédents, qui le laissèrent gagner. L'affaire s'ébruita et fit scandale. Les sportifs corrompus furent condamnés à payer la réalisation d'une grande statue de bronze à l'effigie de Zeus, patron des Jeux olympiques. Sur le socle était gravé le nom des «pécheurs». Cette peine devint bientôt une tradition:

«Des douzaines de socles de statues de Zeus sont conservés et témoignent aujourd'hui à l'entrée des ruines de l'ancien stade d'Olympe de l'énergie criminelle qui existait dans l'Antiquité.»

Une tradition qui, si elle avait été adoptée dans le monde du football, permettrait aujourd'hui de remplir des stades entiers avec des statues.

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