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Deux architectes défendent le centre Pompidou et la tour Montparnasse

Tour Montparnasse | Cha Già José via Flickr CC License by

Tour Montparnasse | Cha Già José via Flickr CC License by

Le New York Times a publié sa liste des sept horreurs du monde... sur laquelle se trouvent deux monuments parisiens.

Dans le New York Times, sept architectes prennent la plume pour défendre sept monuments et bâtiments décriés par les riverains et les touristes. La critique peut être d’ordre économique, esthétique, politique ou social.

Parmi ces sept horreurs du monde relevées par le journal, deux sont parisiennes. Pas sûr que vous ayez besoin de réfléchir très longtemps pour savoir desquelles il s’agit: les malheureux élus sont le centre Pompidou et la tour Montparnasse.

1.BeaubourgApparence populaire

Visiblement, Vincent Van Duysen ne partage pas le désamour général autour du musée impulsé par le deuxième président de la Ve République, féru d’art moderne et contemporain. L’architecte ne remarque que «l’audace et l’esprit d’ouverture» incarnés par cet ensemble de métal et de tuyaux colorés, qualités qui selon lui s’intègrent «dans la ville, le lieu, l’époque».

Vincent Van Duysen n’ignore pas cependant les critiques faites à l’ouvrage. Le musée, rappelle-t-il, a été vu comme «une négation du quartier, du Marais, et de Paris plus globalement. Paris repose sur l’utilisation de la pierre française, des toits d’un gris léger, sur de belles couleurs naturelles».

Mais il y a un autre argument, selon lui, pour défendre l’œuvre de Renzo Piano, Richard Rogers, Gianfranco Franchini et Edmund Happold, inaugurée en 1977: le bâtiment aurait une apparence populaire, vérifiée par l’afflux de millions de visiteurs chaque année.

«Le centre a renversé le modèle typique du musée pour en faire quelque chose d’attirant et d’accessible pour le public. À l’époque, l’architecture devait faire les choses différemment, comme un choc. Le choc libère beaucoup d’émotions et de perceptions.»

2.Tour Montparnasse«Ville vivante et active»

Pour ce qui est de la tour Montparnasse, qui s’élève à 210 mètres au-dessus du XVe arrondissement de Paris depuis 1973, c’est Daniel Libeskind qui s’y colle. Difficile de soutenir l’esthétisme de cet édifice géant et noirâtre. L’auteur du musée juif de Berlin ne s’y essaye même pas:

«Je veux défendre la tour non parce qu’elle serait particulièrement belle, mais en raison de l’idée qu’elle représente.»

L’architecte américain réprouve ensuite la répulsion d’ordre artistique de ce bâtiment, conçu par Jean Saubot, Eugène Baudouin, Urbain Cassan et Louis de Hoÿm de Marien. Il désapprouve surtout les mesures prises ensuite pour empêcher la construction d’autres gratte-ciels à Paris par la suite.

«Les Parisiens ont échoué à se rendre compte des conséquences de ce qui différencie une ville vivante et active d’une ville musée.»

L’Américain en est sûr, la tour Montparnasse représente «ce que le futur devra être».

L'an passé, Slate.fr revenait sur l’origine de la prise en grippe de ces œuvres modernistes en plein Paris par les populations. Ces projets, nés au cœur des Trente Glorieuses, période de croissance et d’enthousiasme pour les innovations, sont alors regardés avec bienveillance. Mais le rendu esthétique, les problèmes de relogement des locataires des environs et le climat économique plus morose auront raison de cette adhésion. 

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