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«Jurassic Park» a fait une grosse erreur: son nom

Alan Grant fait un câlin à un dinosaure. Image tirée du film «Jurassic Park», de Steven Spielberg, 1993. Via Allociné

Alan Grant fait un câlin à un dinosaure. Image tirée du film «Jurassic Park», de Steven Spielberg, 1993. Via Allociné

Le parc mis en image par Spielberg aurait dû s’appeler «Cretaceous Park».

Mercredi 10 juin signera le retour de l’univers de Steven Spielberg sur les écrans avec le film Jurassic World, dont l’intrigue pourrait se résumer ainsi: le parc a finalement ouvert et rien ne va se passer comme prévu (évidemment). Méchant dinosaure hybride, cris, larmes, vélociraptors, enfants imprudents, Chris Pratt… la bande-annonce du film promet beaucoup.

 

Mais la sortie du film est aussi l’occasion de revenir sur le premier Jurassic Park, sorti en 1993, et sur les «libertés scientifiques prises», comme le note le Huffington Post. Car elles sont nombreuses.

À commencer par le fameux moustique retrouvé prisonnier dans de la sève. Selon Jack Horner, paléontologiste et consultant pour le film à l’époque, prélever chez des moustiques du sang qu’ils ont prétendument aspiré chez des dinosaures a peu de chance de ramener à la vie les spécimens disparus que l’on voyait dans le film. Dans une conférence TED, Jack Horner expliquait que, si les scientifiques voulaient vraiment ressusciter les dinosaures, il valait mieux chercher à réactiver des traits ancestraux chez leurs descendants, c’est-à-dire les poulets.

Encore plus déroutant, la plupart des dinosaures montrés dans Jurassic Park n’ont même pas vécu pendant le Jurassique (seul le stégosaure était bien de cette période) mais pendant le Crétacé. Les dinosaures que l’ont voit à l’écran «ont de nombreux accoutrements comme des pointes, des cornes, des boucliers, et la plupart des dinosaures ayant ce genre d’accoutrements viennent du Crétacé», a confirmé Jack Horner au Huffington Post.

Petits arrangements

Ces deux périodes se sont certes succédé pendant le Mésozoïque mais elles sont séparées dans ce cas précis par 65 millions d’années, rappelle le HuffPo… Le T-Rex et les vélociraptors, les dinosaures les plus importants du film, n’étaient même pas du Jurassique. D’où, peut-être, l’énorme surprise que l’on peut lire sur le visage du paléontologue Alan Grant quand on lui apprend que le parc a créé des raptors.

 

Une vidéo publiée l’année dernière par Cracked s’amusait à relever tous ces petits arrangements avec la réalité scientifique. Notamment sur le fait qu’il faut plus de vingt ans pour qu’un T-Rex atteigne sa taille adulte, ce qui voudrait dire que les dinosaures auraient dû être clonés dès les années 1960 s’il n’y avait pas eu une miraculeuse «manipulation génétique» permettant une croissance rapide.

 

Et pourtant, cette question n’a jamais été abordée pendant le tournage, rappelle Jack Horner, qui ne voit d’ailleurs pas où est le problème.

«Le nom du parc n’est pas important. L’appeler “Jurassic Parkne veut pas dire que les dinosaures sont du Jurassique. Ça n’implique rien, vraiment. C’est juste le nom du parc.»

Pas sûr que Jurassic World réussisse à se réconcilier avec la communauté scientifique. Dans la bande-annonce, on peut voir le héros du film dresser des vélociraptors avant de partir en balade avec ses nouveaux copains sur sa moto...

 

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