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Annoncé tranquille, le Congrès du parti socialiste a finalement été très agité

Manuel Valls s'exprime lors du Congrès socialiste à Poitiers, le 6 juin 2015. REUTERS/Regis Duvignau

Manuel Valls s'exprime lors du Congrès socialiste à Poitiers, le 6 juin 2015. REUTERS/Regis Duvignau

Entre la contestation des frondeurs, la tribune d'Arnaud Montebourg et l'aller-retour à Berlin de Manuel Valls, le 77e congrès du Parti socialiste n'a pas été de tout repos.

Ce devait être le rassemblement d'une famille politique, une semaine après le congrès tendu des Républicains. Samedi matin, Francetvinfo titrait ainsi un de ses articles «Au congrès du PS à Poitiers, une ambiance si "apaisée" qu'on s'ennuierait presque».

Tout était dans le «presque». L’article indiquait d'ailleurs que les frondeurs n’avaient pas encore dit leur dernier mot, alors que deux semaines auparavant, les militants avaient reconduit Jean-Christophe Cambadélis et sa motion à la tête du parti. Mais alors que tout était fait pour assurer le rassemblement, le Congrès a vite pris une autre tournure

Les frondeurs ont ainsi refusé de signer de signer «L'Adresse au peuple de France» souhaitée par Jean-Christophe Cambadélis, souligne L’Express. Pour le député Laurent Baumel, il «aurait donné l'image que le rassemblement est fait. Or ce congrès n'est pas rassembleur.» Comme le raconte le JDD:

«Les frondeurs souhaitaient que ce texte "reconnaisse le mécontentement des Français" et reprenne "les demandes d’inflexion de politique gouvernementale", notamment la baisse de la CSG et le redéploiement des 15 milliards du pacte de responsabilité. "La direction a refusé ces demandes. Nous ne pouvons cautionner un rassemblement sans fond, sur un contenu politique qui ne permettra pas la reconquête de nos électeurs déçus", expliquent-ils.»

Le parti apparaissait donc sensiblement moins uni quand est venue la tribune d’Arnaud Montebourg et de Matthieu Pigasse, publiée ce dimanche dans le Journal du Dimanche. L’ancien ministre et le banquier s’attaquent ouvertement au gouvernement socialiste en place :

«Est-il encore possible de sauver ce quinquennat et de le rendre enfin utile à notre pays? Est-il encore possible d'éviter le désastre politique et moral pour cette gauche de gouvernement qui semble avoir abandonné la France? Oui, nous croyons qu'il n'est pas trop tard pour encore agir et engager enfin une politique différente et innovante. Il suffirait que nos dirigeants ouvrent leurs yeux sur le précipice qu'ils ont ouvert sous nos pieds (et les leurs). Élue pour faire baisser massivement le chômage, la gauche de gouvernement a rallié en deux mois de pouvoir les exigences destructrices de l'austérité, lesquelles ont fait… augmenter massivement le chômage.»

La réponse de Jean-Christophe Cambadélis ne s'est pas faite attendre. Dans le Grand Rendez-Vous I-Télé/Le Monde/Europe 1, le premier secrétaire a regretté qu'Arnaud Montebourg ne se soit pas soumis au vote des adhérents PS, avant de s'attaquer au texte:

« La critique formulée par Arnaud Montebourg est extrêmement forte mais les propositions sont extrêmement faibles».

Du côté des frondeurs, on est moins critique. Christian Paul juge ainsi «très salutaire» la tribune de Montebourg contre la politique gouvernementale.

Ce n'est pas la première fois qu'Arnaud Montebourg critique la politique du gouvernement lors d'une réunion socialiste. A la Fête de la rose, en août dernier, il s'était déjà attaqué —avec Benoit Hamon— à la politique menée par Manuel Valls et François Hollande. Le lundi, Manuel Valls remettait la démission de son gouvernement. Les deux frondeurs n'ont pas fait partie de la nouvelle équipe. Arnaud Montebourg avait annoncé en octobre dernier qu'il quittait «la politique comme professionnel» même s'il ne quittait pas «l'action politique comme citoyen engagé au milieu des Français».

Plus anecdotique: la polémique sur l’aller-retour de Manuel Valls à Berlin, pour assister à la finale de la Ligue des champions entre Barcelone et la Juventus Turin.

Le Premier ministre avait préalablement indiqué que s’il se rendait à Berlin, c’était «à l'invitation de Michel Platini qui est le président de l'UEFA. Nous aurons une rencontre - puisque dans un an nous accueillons l'Euro de football [...] - je rencontrerai les dirigeants de l'UEFA, [pour une réunion d'organisation sur l'Euro] et j'assisterai à un beau match de football.»

Mais cette explication passe mal. Comme le détaille 20 Minutes, la droite et l'extrême-droite lui sont tombés dessus. Une partie de son camp estime également que le Premier ministre aurait pu éviter ce voyage:

Et pour finir BFM a remarqué que «les "frondeurs" et l'aile gauche du Parti socialiste, désireux de signifier "symboliquement" qu'ils ne "baissaient pas la garde", n'ont pas participé à la photo de famille marquant la clôture des débats du congrès du parti à Poitiers». Martine Aubry était également absente.

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