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L'histoire secrète du SEAL Team 6, l'unité qui a tué Oussama Ben Laden

Navy Seals Phil Roeder via Flickr CC License by

Navy Seals Phil Roeder via Flickr CC License by

Une très longue et passionnante enquête du New York Times publiée ce samedi 6 juin s’intéresse à l’une des unités les plus secrètes de l’armée américaine, le SEAL Team 6.

Si ce nom vous dit quelque chose, c’est parce que le SEAL Team 6 est l’unité qui est intervenue à Abottabad, au Pakistan, en 2011 lors de l’opération où Oussama Ben Laden a été tué.

Les journalistes du New York Times racontent ainsi comment l’unité s’est professionnalisée depuis sa création en 1980, mais aussi comment elle s’est transformée notamment depuis le 11 septembre et le début de la guerre contre le terrorisme lancée par George W. Bush. Le New York Times explique ainsi que l'unité est «devenue une machine à chasse à l’homme mondiale et dont la supervision est très limitée».

Entre 2006 et 2008, ils auraient connu ainsi d'intenses périodes où pendant des semaines consécutives, leur unité tuait 10 à 15 personnes pendant beaucoup de nuits, et parfois jusqu'à 25.

Si le SEAL Team 6 est connu pour être l'élite et a donc été régulièrement envoyé avec succès dans des missions de sauvetage, on y découvre également les bavures, «tueries excessives, les morts de civils», et cela fait rarement l'objet de poursuites, résume Yahoo!

«Le JSOC, qui supervise les missions de l'unité enquête sur les allégations de fautes professionnelles, mais fait rarement remonter ces affaires aux enquêteurs de la Marine.»

Le New York Times raconte ainsi que lorsque ces affaires étaient gérées par le JSOC, «les hommes étaient généralement renvoyées vers les Etats-Unis quand survenaient des problèmes ; par exemple, trois ont dû repartir à Dam Neck [le QG] après avoir violenté un détenu pendant un interrogatoire, explique un ancien officier, tout comme des membres de l'équipe qui étaient impliqués dans des homicides douteux».

Et même les législateurs ne supervisent pas régulièrement les opérations de cette unité. Le Times cite ainsi l’un des anciens conseillers du Département d’Etat :

«C’est une zone où le Congrès est connu pour ne pas vouloir en savoir trop.»

Ainsi, résume Quartz, ils peuvent assurer qu'ils n'étaient pas au courant.

James Stavridis, ancien Commandant suprême de l'OTAN et l'un des défenseurs de l'unité —comme le présente le NYT— indique de son côté:

«Si vous voulez que ces forces fassent des choses qui tordent occasionellement les lois internationales, alors vous ne voulez surtout pas que ce soit public. Le Team 6 devrait continuer à agir dans l'ombre.»

C’est pourtant là que réside le problème, selon Quartz.

«Bien sûr, il est important de préserver le secret des missions militaires qui protègent la vie d’Américains et des alliés des Etats-Unis un peu partout dans le monde. Mais l’ensevelissement de certains actes sous un secret total (ce qui signifie que personne en dehors de l’armée ne peut garder un œil vigilant) décline ces personnes de toute responsabilité et laisse la porte ouverte à un comportement que peu d’Américains soutiendraient. S’ils savaient que cela existait.»

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