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71 ans après le Débarquement, les témoignages des vétérans sont toujours aussi glaçants

Des soldats américains débarquent à Omaha Beach pendant le Débarquement près de Vierville-sur-Mer, le 6 juin 1944. REUTERS/Robert F. Sargent/US National Archives/Handout via Reuters

Des soldats américains débarquent à Omaha Beach pendant le Débarquement près de Vierville-sur-Mer, le 6 juin 1944. REUTERS/Robert F. Sargent/US National Archives/Handout via Reuters

«Ceux qui disent qu’ils n’avaient pas peur sont des menteurs.»

Donn French se souviendra à jamais de 6 juin 1944, date du Débarquement sur les côtes normandes. Cette seule journée avait coûté la vie à plus de 10.600 soldats alliés —et 6.500 Allemands—, et la presse y consacre de nombreux articles, à l'occasion de ce 71e anniversaire. Les survivants y détaillent à quoi ressemblait ce jour si particulier.

«J’ai regardé aussi loin que je pouvais et la seule chose que je voyais, c’était des bateaux partout», raconte ainsi Charles Maupin de Columbus (Géorgie, aux Etats-Unis). C’est d’ailleurs ce que confirme Glenn Hicks, un Texan qui se trouvait dans un bombardier B-24, qui a survolé la Manche, ce jour-là.

«C’était comme si je pouvais traverser la Manche en allant d’un bateau à l’autre.»

Agé de 95 ans aujourd’hui, Charles Maupin se souvient ensuite «des rangées de corps de soldats», quand il est arrivé sur la plage d’Omaha.

Dans l’Illinois, un autre soldat, Harry Brozynski se souvient de l’attente pour savoir quelles cibles viser. «On n’a jamais su», dit-il. Les troupes qui devaient les en informer se sont «heurtées à des difficultés». Il se rappelle espérer que les Allemands ratent leur cible, même s’il a vu trois autres contre-torpilleurs touchés par des obus allemands avant de couler.

Dans le même article, Mike Wohead, un autre soldat se remémore «les obus allemands qui passaient au-dessus de nous et les obus américains qui passaient dans l’autre sens». Il se souvient également avoir marcher accidentellement sur une grande pile de soldats américains tués. «J’aurais pu vivre sans», euphémise-t-il.

Un quotidien de Floride raconte qu’Albert McGonigal a vécu la même chose. Le vieil homme assure ne pas aimer ses souvenirs du Débarquement:

«Il y avait tellement (de blessés et de morts), qu’il fallait marcher sur des corps (pour arriver sur la plage). On a perdu beaucoup de gens biens.»

Blessé à la jambe, il s’est réfugié sous une tente qui servait d’hôpital et que les Allemands ont visée avec des roquettes. Un médecin lui a ensuite injecté de la morphine pendant qu’il essayait de lui expliquer qu’il ne pouvait pas la supporter. Et alors que sa tête commençait à tourner, un deuxième médecin lui a injecté une autre dose dans l’autre bras. Il s’est réveillé trois jours plus tard, en Angleterre et a réussi à convaincre les chirurgiens de sauver sa jambe.

Dans ces articles, les vétérans américains évoquent ceux qui n’ont pas pu revenir, et certains insistent sur l’importance d’avoir été présent à ce moment-là. Dans le Charlotte Observer, un journaliste qui avait interrogé de nombreux vétérans à l’occasion des 70 ans du Débarquement explique que «maintenant qu’ils perdent leur dernière bataille —celle contre le temps— ils s’inquiètent que les générations futures oublient ce qu’ils ont fait pour le monde».

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