Sports

Places vides, sifflets, absence de soutien: le public de Roland-Garros sait aussi être terrible

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 06.06.2015 à 13 h 54

Repéré sur The Wall Street Journal, 20 Minutes, Francetvinfo

Derrière Stanislas Wawrinka, une partie des places en tribunes laissées vides lors de sa demi-finale face à Jo-Wilfried, le 5 juin 2015. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Derrière Stanislas Wawrinka, une partie des places en tribunes laissées vides lors de sa demi-finale face à Jo-Wilfried, le 5 juin 2015. REUTERS/Gonzalo Fuentes

C’est l’une des choses les plus énervantes pour les fans de tennis. Alors que les matchs se déroulent, les caméras dévoilent un public plus que clairsemé —et ce, particulièrement au moment du déjeuner.

Ainsi, il a fallu un long moment, ce vendredi 5 juin pour que les meilleures places se remplissent. Il faut dire que c’était —juste— une demi-finale de Grand Chelem et qu’un Français était sur le court. Mais, comme le raconte 20 Minutes, dans un article consacré à l’horrible public du Central:

«Une bonne demi-finale est une demi-finale qui commence après une heure. Même si c’est un Français qui joue. Comme d’habitude, les places les plus visibles à la télévision, juste en face du siège arbitre, ont mis des plombes à se remplir. L’impression de vide était frappante pendant la première partie de la rencontre, alors que les tribunes hautes étaient très garnies. Alors non, Roland-Garros n’a toujours pas réglé ce problème de place.»

D’autres sont plus ironiques:

Dans un autre article de 20 Minutes sur le public absent de Roland-Garros, Nicolas Camus écrivait ainsi:

«Le plus rageant dans l’histoire, c’est que ces sièges sont bien souvent les mieux placés, tout en bas, là où l’on peut presque sentir le souffle des plus grands champions. Ce sont des loges que la Fédération française met à disposition de ses sponsors et entreprises partenaires (1.780 sur les 15.000 du court Central). Ces dernières invitent des clients, qui en disposent comme bon leur semble. Et parfois, ils passent plus de temps à manger des petits fours ou se balader qu’à regarder du tennis.»

Le Wall Street Journal y consacrait un long article, avant les demi-finales de ce samedi 5 juin. Le quotidien américain confirme que si ces places sont vides à l'heure du déjeuner c’est parce que les détenteurs des précieux billets «persistent à remplir leurs estomacs avant de remplir leur place»:

«Le problème est encore plus important pour les places réservées par les entreprises, dont les patrons nantis préfèrent parler affaires pendant un déjeuner paisible et autour de bons verres plutôt que de regarder dix heures de tennis.»

L’une des personnes croisées dans les travées par les journalistes du quotidien américain explique ainsi qu’elle n’ira voir aucun match, parce qu’elle «n’aime pas le tennis».

Le Wall Street Journal évoque pourtant qu’il y a des tentatives pour rendre les tribunes moins vides. Les sponsors ont ainsi le droit à deux billets pour une même place, le temps du repas. Ainsi, quelqu’un qui veut voir un match peut se rendre en tribunes, à ce moment-là, en lieu et place d'une personne en train de déjeuner.

En 2011, les responsables du tournoi ont tenté de décaler les horaires de ces matchs à 14 heures. Mais comme il n’y a pas d’éclairage, que les matchs s'éternisent parfois, et qu’il est préférable que les joueurs aient un jour de récupération avant d’aborder la finale, l’idée a finalement été abandonnée.

Depuis deux ans, les restaurateurs font arriver la nourriture plus rapidement dans les assiettes, avant les demi-finales et le déjeuner débute à 11 heures 30.

«C’est une bataille entre le tennis et la tradition, et la tradition l’emporte généralement.»

Mais même quand il est arrivé, il n'a pas joué son «rôle». Ce samedi, de nombreux médias —dont L'Express— s'en prennent à un public «absent» lors de la première demi-finale entre Jo-Wilfried Tsonga et Stanislas Wawrinka.

«Après le retard à l'allumage, c'est ensuite la grande sieste qui s'est opérée sur le Philippe Chatrier. Pas un mot, peu d'encouragements alors que "Jo" Tsonga perd le premier set (6-3). Même quand le Français redresse la barre dans le second (7-6), avec un tie-break époustouflant, cela ne suffit pas à réveiller le public. Derrière, le silence fut roi jusqu'aux derniers jeux du 4e set.»

Quand Wawrinka est venu à bout du Français, le public l'a hué, avant de plier bagages, alors que la deuxième demi-finale opposant deux des meilleurs joueurs du monde —Murray et Djokovic— allait débuter.

Francetvinfo avait d'ailleurs décrit le public du Court central comme «le cauchemar de certains cadors de la balle jaune»:

«Sur son blog, une Australienne passionnée de tennis raconte son expérience bizarre à Roland-Garros: "Les spectateurs des matchs de Roland-Garros arrivent après le début du match, parce qu'ils sont en train de déjeuner quand ça commence. Je n'ai rien compris à leur façon d'applaudir ou de siffler. En Australie, les gens applaudissent avec respect, et crient après un beau point. En France, les gens se déchaîneront sur un point anodin, un 30-30. Et ils font la ola sans arrêt !"»

Et si cela ne suffisait pas pour vous convaincre, le Huffington Post a compilé plusieurs moments du tournoi pour montrer l'indiscipline du public français.

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