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Hortefeux: la première vidéo qui sort du web sans jamais y avoir mis les pieds

La réaction d'Hortefeux à la diffusion de la vidéo polémique marque une nouvelle étape dans les rapports entre politiques, médias classiques et internautes.

Mine de rien, la vidéo de Brice Hortefeux marque une étape particulière dans l'histoire de ces vidéos qui sortent sur le web et font la une des médias. Le passé, on le connaît. Alain Duhamel qui fait confession de vote Bayrouiste, et est éjecté de l'antenne un court instant; Ségolène Royal qui fait aveu de mépris pour le travail des profs, et galèrera pour reprendre l'estime de nombre de profs; Nicolas Sarkozy qui ose le «Casse-toi pauvre con» à un qui refusait de lui serrer la main (sans rapport avec la grippe A); Patrick Devedjian qui traite Anne-Marie Comparini de «salope», les exemples sont légions, désormais innombrables.

Ce qui est commun à toutes ces vidéos, et à celle de Brice Hortefeux, c'est leur fonction. Ces vidéos servent à révéler une identité secrète, un trait de personnalité supposée de la personne, à l'incarner dans une parole. Elles marchent quand c'est vrai, quand on y croit. Royal pratique le double langage? Sarkozy est vulgaire? Duhamel centriste? Devedjian acide? Hortefeux raciste? Oui, on y croit. Et la vidéo vient vérifier ce qu'on se disait.

A l'affût du buzz

Ce qui change, en revanche, ce sont les trajectoires médiatiques, et la prise en compte par les politiques.

Les premières de ces vidéos qui ont connu un petit succès médiatique suivaient un schéma plus ou moins similaire: elles étaient postées en ligne, y circulaient, jusqu'à ce qu'un journaliste les fasse passer de l'espace public numérique à l'espace médiatique, par la publication sur le site d'un journal. Ensuite, le processus a commencé à s'accélérer. Le jalon fut cette vidéo de Ségolène Royal sur les trente-cinq heures des professeurs, en pleine primaires (!) du PS. La vidéo, avant d'aboutir sur une publication journalistique officielle (Lemonde.fr) n'avait pas encore circulé en ligne. Moins de trois jours après son apparition sur le web, elle arrivait au 20H.

S'est ouverte une période où les médias étaient à l'affut du buzz, de ce qui était posté en ligne, histoire de le reprendre, de le poster, de surfer sur ce qui semblait frémir, pour l'alimenter. L'histoire d'Alain Duhamel, c'est cela: un journaliste voit une vidéo, posté des semaines auparavant, la reprend, et hop, elle fait la une.

Un tourbillon quasi instantané des professionnels de l'info

Depuis, la chose est devenue un pilier de toute animation éditoriale de site d'infos digne de ce nom. A chaque cas sa particularité. Le Parisien sort une vidéo prise par un journaliste au salon de l'agriculture, Rue89 reprend les rushes d'une émission télé, ou bien les médias attrapent les images du web d'une chaîne d'info. Dans le cas de Brice Hortefeux, fait rare, la source n'est pas identifiée clairement. Il semblerait que ce soit un journaliste de Public Sénat.

A chaque fois, c'est le même tourbillon quasi instantané: en une journée, toutes les unes parlent de «cette vidéo qui enflamme le web», et en font des tonnes. De fait, ce n'est pas «le web» qui s'enflamme, mais ces quelques rédactions parisiennes qui, en faisant tourner l'info en boucle, et avec moult coups de téléphones à toutes les personnalités, nourrissent le buzz. Le web, l'internaute, la source citoyenne, la caméra amateur, dans tout cela est absente. On est dans un phénomène qui concerne la profession des faiseurs professionnels d'info.

Rapidité et prudence: pourquoi ces images ne sortent pas du web

Ce qui est étonnant, après tout, c'est que ces images ne sortent pas directement sur ces médias, dans ces télés. Deux raisons peuvent l'expliquer. La première, c'est la rapidité: quand on tient une telle bande, on la sort le plus vite possible, désormais, pour éviter de se faire griller par un autre, ou pire, par des amateurs. La télé, en l'espèce, est moins réactive que les rédactions  de journaux: les chaînes d'infos ne scoopent pas, elles recyclent, traitent de ce qui est admis et validé par l'AFP.

L'autre raison, c'est la prudence, et l'image qu'ont les journalistes des médias. Mettez-vous dans la peau du rédacteur en chef du 20h de France 2: on vous envoie la vidéo «casse-toi pauvre con». La passer en une, c'est prendre une sacrée responsabilité, entrer dans l'irrévérence totale, voire une certaine vulgarité. Et puis, votre journal, ce n'est pas un lieu où sortent les scoops, les poubelles. C'est le lieu de la sanctification de l'importance médiatique. Tant que l'image n'a pas été validée par d'autres instances, pas questions de la mettre en ligne. Et le web, pour ça, c'est idéal: laissons cette «poubelle de l'info» tester l'intérêt populaire.

Une réaction politique différente

Autrefois, il y a quelques années, les journalistes en ligne avaient le même souci: il fallait attendre que le matériau à mettre en avant circule longtemps avant de l'encenser de sa valeur journalistique. Désormais, comme dirait Guillaume Blanc, on ne prend plus de gants. De ce point de vue, la vidéo de Brice Hortefeux marque un cap, peut-être un aboutissement de la logique. La vidéo n'a circulé nulle part, avant d'apparaître en une du Monde.fr; après à peine quelques heures, et un bel emballement sur twitter, elle a fait la une des chaînes télés. Dans l'après-midi même de cette révélation, les rédactions sont allées interviewer tous les responsables politiques d'ampleur.

La remise en cause du contenu, une stratégie à double tranchant

Face à ce déferlement plus rapide que tous les précédents, c'est la réaction politique qui est aussi différente. D'habitude, on entend un mou concert de condamnations d'un côté, Jack Lang — qui pour une fois a été pris de court — sort un communiqué de presse, et les alliés de la personne mise en cause oscillent entre une condamnation de ces vidéos et rumeurs qui circulent, et une distanciation de l'événement. Là, parce que l'enjeu est fort (le racisme, c'est du lourd, et la vidéo intervient au mauvais moment), la réaction a été ultra-rapide, et ultra-violente. La gauche a demandé la démission moins de 12 heures après la révélation. Et la droite s'est mobilisée dans une contre-attaque inédite.

Jusqu'ici, en effet, si les modes de diffusion, si l'omniprésence était critiquée, si la levée du off était dénoncée, on ne remettait pas en cause ce qui était présenté devant les caméras. Et là, Brice Hortefeux et tout le gouvernement nient, en bloc, la thèse. «Brice parlait des auvergnats». Stratégie de réponse nouvelle, où l'on réplique à la révélation par le mensonge, massif, éhonté et assumé.

Cette stratégie est à quitte ou double. Face à la détermination du gouvernement, les journalistes peuvent arrêter, d'autant que la discussion semble anodine, légère, et n'est pas une prise de parole officielle. Le pari d'Hortefeux est bien celui-là: espérer que cela se calme, en imposant une pression majeure. Mais le risque est simple: si les journalistes sont volontaires et décidés, cette négation de l'évidence peut énerver, et appeler à l'emballement.

Y aura-t-il un bras de fer entre politiques et médias?

L'effet à long terme de cette négation, en revanche, est assurément mauvais: en niant l'évidence, et en ne venant pas faire amende honorable et retirer ses propos, Brice Hortefeux a déjà provoqué la colère de centaines d'internautes, qui, actuellement dupliquent à n'en plus finir cette vidéo, et postent partout des messages qui lui colleront à la peau encore de nombreuses années. Pour le web, Hortefeux sera raciste. Et c'est bien lui qui en a décidé ainsi, par sa réaction.

Quant au rapport entre médias et politiques, c'est plus sur les suites de cette affaire, dans les jours qui viennent, que l'on saura qui domine l'autre. Le politique, qui impose sa négation, ou les journalistes, qui veulent faire respecter la vérité. Si le bras de fer ne s'engage pas, on saura une chose: le politique aura, encore, marqué un point.

Nicolas Vanbremeersch

Image de une: Capture de la vidéo diffusée par Le Monde.fr

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Comments

Une remarque supplémentaire

Une remarque supplémentaire sur le mode de diffusion de ces vidéos. Le "casse-toi pov'con" a été publié sur le site du parisien.fr, qui a fait la chasse ensuite aux reprises de la vidéo sur les plate-formes telles que Dailymotion et Youtube, et leparisien.fr n'offrait pas la possibilité "d'embarquer" la vidéo sur d'autre sites tels que des blogs. [Il bloquait toute diffusion "virale" de la vidéo et souhaitait ramener le trafic créé par ce buzz sur son propre site]

La stratégie est différente avec la vidéo Hortefeux sur lemonde.fr (à l'image de pratiques développées auparavant par Rue89 et LePost): publication sur Dailymotion et possibilité d'embarquer la vidéo sur les blogs [LePost héberge désormais lui-même ses vidéos sur LePost.Tv, mais les laisse "embarquables"].

Une question éditoriale et déontologique intéressante se pose à ce niveau : il serait abusif de dire que lemonde.fr "a balancé comme ça" une vidéo sur le net, car sur le site du monde.fr, la vidéo est "éditorialisée", c'est à dire accompagnée d'un texte rédigé par un journaliste qui a mené un travail d'enquête et de vérification, en retrouvant et en interrogeant, par exemple, le jeune homme concerné par la "sortie" d'Hortefeux pour lui permettre de livrer son appréciation (il n'est d'ailleurs pas choqué par les propos d'Hortefeux à son égard), et en accompagnant la diffusion de réactions diverses dans le monde politique, qui permettent d'apprécier son impact. Mais tout ça "disparait" dans la diffusion "virale" de la vidéo, qui se propage sans aucun accompagnement rédactionnel sur le net...

Ca n'est pas du jeu

Comme vous l'avez souligné, avec cette diffusion par Internet d'un reportage tourné par des journalistes mais censuré sur les ondes, on est en présence d'une étape particulière de l'histoire de ces vidéos.
La réaction, dans ce contexte, de Monsieur Copé sur France Inter n'en est au mieux que plus maladroite, au pire que plus inquiétante pour la liberté de l'information :
"Le vrai sujet n'est pas sur la scène elle-même" mais la façon dont la vidéo a atterri sur internet et dont "l'ensemble du monde médiatique" s'est "emballé sur cette histoire", a encore estimé le patron des députés UMP.
"Il y a derrière ça un débat de fond qui est celui du rôle que nous allons laisser à internet en matière de diffusion de l'information", a encore dit Jean-François Copé.
"Je crains que si on met sur un pied d'égalité des images comme celles-ci, dont je persiste à dire qu'elles sont sorties de leur contexte, avec d'authentiques reportages, il y a un vrai risque de discrédit pour votre profession", a-t-il encore dit à l'adresse du journaliste qui l'interrogeait.

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-40328157@7-58,0.html
On est en présence d'un "authentique" reportage (pour autant que cela veuille dire quelque chose), en tout cas d'un reportage tourné par des professionnels. La version longue, intégrale, est encore plus accablante pour l'interprétation auvergnate qu'il conviendrait de donner aux propos de M. Hortefeux.
Alors "l'authentique reportage" ne serait-il que celui qui ne serait diffusé qu'après une censure politique des patrons des chaînes ? Et n'est-ce pas pour le coup que la profession de journaliste serait discréditée ?
Ou serait-ce que toute information diffusée par Internet devrait être rejetée en raison du fonctionnement même de ce circuit de diffusion ? Mais cela je ne peux le croire dans la mesure ou M. Copé, ne serait-ce qu'au travers de sa tribune sur Slate, est lui-même un des distingués acteurs de cette information sur Internet :)

El Gato

tout fout le camp !

Je n'ai pas bien compris le rôle exact du journaliste de Public Sénat dans cette affaire complètement ridicule et je n'ai pas non plus trop admis l'intervention de Monsieur Copé.

Celui s'empresse une fois de plus de condamner internet avant de condamner la nouvelle forme de journalisme mise en pâture au peuple français. Inaudible et polémique pour quel bénéfice?

Dans cette histoire qui fait la part belle à une gauche amnésique d'un Valls ou d'un Frêche, on comprend qu'on se moque gentiment d'un groupe de Français.

S'agit-il de Français maghrébins ! Attention danger. Personne n'est autorisé à faire une quelconque remarque sauf les intéressés. Coluche, Le Luron et tous les humoristes disparus, seraient aujourd'hui sous les verrous ! Sans parler des films ou des livres !

S'agit-il des Français des provinces comme les Auvergnats : pas de problème, on peut en rire, se moquer voire ridiculiser. Les gens du Sud connaissent tout cela !

Pourtant votre site a édité un article fort intéressant sur le racisme anti-blanc en Afrique du Sud qui laisse muet non seulement les socialistes français comme M. Fabius mais également l'ONU !

Si les Français ne veulent pas admettre que tel ou tel a tel ou tel défaut et que parfois ce n'est pas facile à gérer alors, arrêtons de nous plaindre des voitures brûlées, des burkas, des bandes qui sont le fait d'une minorité, minorité qui terrorise désormais même un homme politique.

En cela, liberté, égalité, fraternité est une devise obsolète qui doit être remplacée rapidement par : communauté, minorité visible, liberté surveillée.

oups

Controler les médias.

Voilà une petite vidéo qui fait du bruit, mais après tout ce n'est rien...juste des petites blagues racistes d'un des membres du gouvernement.

Voilà qui va déterminer, un peu plus, N.Sarkozi a faire voter la loi HADOPI dare-dare.

Il ne suffit pas à ce gouvernement de contrôler la radio et la télé : en en nommant lui même les présidents des chaines et radios nationales; d'asservir la presse avec ses amis Laguardére, Bolloré et Dassault et quelques coups de subventions à ladite presse.

il faut maintenant sévir et sérieusement!

Le web, grande araignée tentaculaire et mondiale est totalement incontrôlable! Comment faire taire ces journalistes d'internet, ce tout à l'égout comme dirait Oliviennes, qui osent sortir des affaires, parfois se moquer et contester la parole divine de ce gourvernement ?

Dans rue 89 , Pierre Haski nous confie la cabale de ses amis journalistes peureux , complices de la parole dite et exigée du ministère de la communication: déglinguer les journalistes du web!

En effet, il ne s'agit plus d'informer mais de communiquer.

HADOPI pourra donc censurer, faire sauter les sites, déplaisant au pouvoir, supprimer les connections des horribles surfeurs qui ne respectent rien.

Ces pauvres artistes, je parle de ceux qui ont peur pour leur portefeuilles, ne voient même pas qu' HADOPI, n'est qu'un prétexte, une censure pour museler l'opinion: ne pas voir, de pas entendre et ne pas savoir.

Comment a-t-on pu laisser faire cette dérive du contrôle des médias par le pouvoir?

Allons-nous laisser passer la loi HADOPI celle de la censure, du non droit, de la liberté de penser et de s'exprimer?

Nous verrons dans quelques jours à l'assemblée ce qu'il en est...Puis ne doutant pas du résultat le conseil constitutionnel tranchera et le web décidera.

anamaywong

caméra qui cache la forêt....

Tout d'abord, je suis personnellement étonné que l'on soit étonné de la tournure que prennent les choses, j'avais imaginé que cela arriverait plus tôt... Je précises que je n'ai jamais compris l'auto-censure chez les journalistes, pour moi ils ont passé leur temps à se creuser leur propre tombe depuis de nombreuses années en adoptant ce profil, avec mention spéciale aux journalistes "d'investigation" qui depuis déjà un certain temps réservent leurs trouvailles à des bouquins dont ils sont les seuls bénéficiaires (et après on va se plaindre que les gens ne lisent plus la presse...). Et par ailleurs je ris (jaune) quand je vois par exemple le journal TV de France 2, qui à la moitié du temps imparti passe tambour battant aux infos les moins intéressantes du monde, imitant les magasines TV ou féminins dont les dernière pages sont réservées à l'horoscope et aux fiches cuisine, faire un truc pareil en 2009 c'est du suicide... Le plus ridicule je pense est que tout le monde à part des handicapés des media a pu se rendre compte que le sieur Hortefeux a fournis deux explications différentes pour le même problème ce qui ne joue pas en sa faveur (un coup le "quand y'en a trop" c'était pour les auvergnats, un coup c'était pour les photos... d'ailleurs que pensent les auvergnats de ces déclarations, une trop grande concentration d'auvergnats serait donc problèmatique ? En même temps Sarkozy avait déjà déclaré qu'il s'en foutait des Bretons alors ... )

lemonde.fr: investigation escamotée

La fameuse "valeur ajoutée" auquelle les médias traditionnelles doivent prétendre pour survivre face au web n'est-elle pas une fiabilité sans faille, non sujette à caution; tout au moins la moins interprétative possible? Or, même si, au vue de la vidéo, les dires de M.Hortefeux semblent bien être "compatibles" à ce lui est reproché, cela n'est pas sûr à 100%!
En jetant sur son site la vidéo- et du même coup Hortefeux en pature- Lemonde.fr a réussi à obtenir les réactions et justifications des sprincipaux intéressés. La démarche d'un journal de qualité n'aurait-elle pas plutôt dû être un travail de recherches, de recoupement des sources EN AMONT?
Pour préserver sa respectabilité et sa crédibilité, Lemonde.fr aurait tout intérêt à investiguer pour informer, et non pas se faire le relais d'images brutes susceptibles de provoquer des polémiques pour mieux avoir à écrire dessus par la suite.

Coralie

Quid de la fameuse "la valeur ajoutée des médias traditionnels ?

La fameuse "valeur ajoutée" auquelle les médias traditionnelles doivent prétendre pour survivre face au web n'est-elle pas une fiabilité sans faille, non sujette à caution; tout au moins la moins interprétative possible? Or, même si, au vue de la vidéo, les dires de M.Hortefeux semblent bien être "compatibles" à ce lui est reproché, cela n'est pas sûr à 100%!
En jetant sur son site la vidéo- et du même coup Hortefeux en pature- Lemonde.fr a réussi à obtenir les réactions et justifications des sprincipaux intéressés. La démarche d'un journal de qualité n'aurait-elle pas plutôt dû être un travail de recherches, de recoupement des sources EN AMONT?
Pour préserver sa respectabilité et sa crédibilité, Lemonde.fr aurait tout intérêt à investiguer pour informer, et non pas se faire le relais d'images brutes susceptibles de provoquer des polémiques pour mieux avoir à écrire dessus par la suite.

Coralie

Au delà des mots, un contexte ?

Brice Hortefeux se voit étiqueté " raciste ".
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Qu'est-ce qu'un raciste ? Moi, je ne sais plus. Le mot scandale a tellement été utilisé par Georges Marchais que ce mot s'est vidé de son sens.
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Première anecdote : le 14 mars 1989, 21h30 – précis non ? – revenant de la clinique où mon fils cadet est né, je gare ma voiture et une petite Mini me prend la place. Je dis au conducteur qu'il ne manque pas d'air et il me répond : vous êtes raciste. Il est Noir, pardon, Black et je suis Blanc. Passent 2 Blancs sur le trottoir qui me traitent également de raciste.
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Deuxième anecdote : je donne mon sang depuis longtemps ; un étudiant à la fac ne donnait pas son sang " bleu " pour que ça n'aille pas dans les veines d'un Arabe. Si moi, je suis étiqueté raciste, lui, il est quoi ?
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Il y a quelques mots magiques comme raciste, homophobe, etc. qui coupent court à la discussion, cherchent à culpabiliser celui qui en est la cible et placent celui qui lance n'anathème dans une position de force.
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On prête à Voltaire une phrase de ce genre : je ne suis pas d'accord avec ce que vous dîtes mais je me battrai pour que vous puissiez le dire.
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Nous en sommes loin. Hommes libres, qu'est devenue la France des Lumières ?
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Ces situations permettent à certains de se faire bien voir de ceux qui auraient été humiliés par les propos contestés. Et de se refaire à peu de frais, sur le dos d'un bouc émissaire, une virginité, qui, en grattant un peu, est loin d'être authentique.
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Les propos de Brice Hortefeux, traduisent-il une pensée unique ou une réalité ?
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S'il est le seul, qu'il soit sanctionné. Mais s'il s'est fait porteur d'une pensée répandue, n'est-il pas nécessaire dans une démocratie, de poser le sujet sur la table et de l'étudier de près au lieu de brandir une pancarte : raciste et d'en rester là ?
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Nous en sommes restés à la façade : des étiquettes d'un côté, des regrets, des excuses, des pirouettes de l'autre et hop, c'est joué, oublié.
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Au delà des mots, le contexte complet de cette vidéo n'est-il pas révélateur d'une situation probablement réelle ?

Soliste

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