Économie / Monde

Les milliardaires américains donnent trop d'argent à Harvard

Temps de lecture : 2 min

Université d'Harvard. Will Hart via Flickr CC License by
Université d'Harvard. Will Hart via Flickr CC License by

Avec une dotation de 36 milliards de dollars (soit plus que le PIB de la Côte d'Ivoire), Harvard est l'université la plus riche du monde. Pourtant, les milliardaires américains adorent donner leurs millions à cette institution. Et si ce n'est pas Harvard, ils choisissent souvent de faire des cadeaux à Yale, deuxième du classement.

Le manager de hedge funds, John Paulson, qui est devenu richissime en pariant sur la chute du marché immobilier américain en 2008, vient de léguer 400 millions de dollars à la faculté d'ingénierie et de sciences appliquées de Harvard. Le mois dernier, le financier Stephen Schwarzman a donné 150 millions de dollars pour un nouveau centre culturel à Yale.

Ces choix ont été très critiqués dans la presse et sur les réseaux sociaux: «Attention, si les milliardaires ne se mobilisent pas, Harvard n'aura plus que 30 milliards de dollars», a tweeté le journaliste du New Yorker Malcolm Gladwell.

Gladwell, qui ne tweete quasiment jamais d'habitude, était particulièrement remonté contre John Paulson:

«Il avait le choix entre aider les pauvres ou donner à l'université la plus riche du monde 400 millions de dollars dont elle n'avait pas besoin. Très bon choix John!»

«Le prochain projet de John Paulson: faire du bénévolat chez Hermès sur Madison avenue.»

Un article de Vox rappelle qu'en 2013, 53% des étudiants en première année à Harvard venaient de famille aisées dans lesquelles les parents gagnaient plus de 125.000 dollars (112.000 euros) par an. Quant au centre de recherches sélectionné par Paulson (qui sera d'ailleurs rebaptisé à son nom), il comprend des domaines comme la robotique ou l'informatique, qui reçoivent déjà beaucoup d'argent privé, mais aussi public, notamment du Département de la défense, ainsi que des millions venant d'autres philanthropes.

«Ca n'aide pas les gens qui ont besoin d'aide, et c'est obscène que Paulson obtienne une énorme déduction fiscale pour ça», écrit Dylan Matthews sur Vox.

Des consultants financiers ont calculé qu'avec la somme de 400 millions de dollars, Paulson aurait par exemple pu payer deux ans d'université pour 63.877 Américains, ou acheté des filets anti-malaria pour 119.760 enfants.

En mai, la donation de Stephen Schwarzman à Yale avait également lancé un débat similaire, notamment parce que le centre culturel —qui sera renommé Schwarzman Center— semblait plutôt inutile dans une université qui a déjà plusieurs théâtres de qualité. Sur Slate.com, Alison Griswold soupçonnait Schwarzman de ne pas vraiment penser aux besoins des étudiants, mais de surtout vouloir un espace à son nom dans un lieu de prestige.

Newsletters

J'ai découvert une entreprise qui ne cherche pas à grossir à tout prix, et ça m'a fascinée

J'ai découvert une entreprise qui ne cherche pas à grossir à tout prix, et ça m'a fascinée

Une marque a besoin de trouver un équilibre économique, pas forcément de devenir leader d'un marché.

Pourquoi l'hôtellerie-restauration ne séduit plus les travailleurs

Pourquoi l'hôtellerie-restauration ne séduit plus les travailleurs

Si les hôtels et les restaurants ont rouvert après de longs mois de fermeture, le secteur a du bien du mal à recruter. Les négociations à venir pourraient entraîner une revalorisation des salaires.

Au Royaume-Uni, les pénuries font craindre un nouvel Hiver du mécontentement

Au Royaume-Uni, les pénuries font craindre un nouvel Hiver du mécontentement

Ces derniers jours, le manque d'essence et de biens de consommation a semé un vent de panique en Angleterre. Des événements qui ne sont pas sans rappeler la période 1978-1979. 

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio