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Blagues jugées racistes sur Nishikori à Roland-Garros: pour le journaliste Laurent Luyat, «on ne peut vraiment plus rien dire»

Kei Nishikori à l'Open d'Australie KnowIG via Wikimedia CC License by

Kei Nishikori à l'Open d'Australie KnowIG via Wikimedia CC License by

Lors du quart de finale de Roland Garros entre Jo-Wilfried Tsonga et Kei Nishikori, le 2 juin, Lionel Chamoulaud, qui commentait le match sur France 2, a tenu à exprimer son admiration devant l’énergie déployée par le tennisman japonais. Il le décrit alors comme une «mobylette ninja». Premier exemple d’une longue liste de licences poétiques que va alors inventer le service public, comme l’a montré le Petit Journal de Canal Plus.

Tout avait commencé par la mention du «sourire jaune» de Nishikori au moment de ses déboires face au Français. Mais Lionel Chamoulaud assure peu après: «Quand j’ai dit sourire jaune, il n’y avait pas de jeu de mots caché. Rien du tout.» Comme la situation ne s’arrangeait pas pour le numéro 5 mondial, le journaliste a enchaîné: «Kei Nishikori est aux Japonais absents». 

Avant de remporter les troisième et quatrième sets après une interruption du match, le joueur asiatique est au fond du trou. L’occasion pour Lionel Chamoulaud de suggérer une nouvelle boutade à son confrère Laurent Luyat: «J’ai cru que vous alliez dire: "Jo le mène à la baguette"».

Si Laurent Luyat s’est abstenu de ce commentaire, il y est quand même allé de son propos très cru également, s’exclamant: «Pas de sushi pour Tsonga.» Interviewé par Philippe Vandel sur France Info le 5 juin, le journaliste de France Télévisions s’est justifié: «C’est une blague. On peut la trouver drôle ou complètement nulle mais elle n’est ni douteuse, ni raciste. Aujourd’hui, on ne peut vraiment plus rien dire.»

Ni Lionel Chamoulaud, ni Laurent Luyat ne sont racistes, bien sûr. Toujours sur France Info, alors qu’on l’interrogeait sur ce qu’apportait à l’antenne l’accent belge de Justine Hénin, qui officie avec lui durant les après-midis à la Porte d’Auteuil, Laurent Luyat a ainsi recadré le débat en soulignant que l’ex-gagnante de Roland Garros avait surtout un grand palmarès. Mais ces blagues pas très fines sont symptomatiques de cette facilité qu'on trouve à se moquer des asiatiques, par ailleurs tous assimilés à des «Chinois», comme le décrivait Louis Hausalter sur Slate il y a quelques années. 

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