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Comment le Premier ministre indien Narendra Modi s'est retrouvé dans le top 10 des criminels sur Google

Narendra Modi en première position dans le top 10 des criminels sur Google Images. Capture d'écran Google.

Narendra Modi en première position dans le top 10 des criminels sur Google Images. Capture d'écran Google.

Narendra Modi, le Premier ministre indien, se retrouve aux côtés d’Al Capone, Ben Laden et de Joseph Kony, un seigneur de la guerre ougandais poursuivi par la justice internationale. Non, il ne s’agit ni d’un congrès politico-mafieux ni du délire d’un complotiste, mais d’un raté de Google que relate le Washington Post. En effet, une simple recherche ainsi formulée, «Top 10 criminals», affichera le chef du gouvernement indien en cette charmante compagnie.

Il y a treize ans, alors gouverneur de l’Etat du Gujarat, Modi avait été accusé d’avoir laissé faire, voire encouragé, des émeutes ayant coûté la vie à plusieurs centaines de personnes, en majorité musulmanes. Mais si le Premier ministre, désigné en mai 2014, se trouve dans cette situation, ce n’est pas à cause de sa négligence durant les émeutes, accusation dont il a par ailleurs été lavé. Non, c’est un article du Telegraph qui est à l’origine de ce fâcheux affichage. 

En 2014, le journaliste Dean Nelson expliquait qu’un pédagogue indien, soutenu par Modi, avait écrit un manuel scolaire dans lequel les noirs étaient décrits comme des «rôtis pas assez cuits» et d’autres, plus prosaïquement, comme des «criminels». Mais c’est moins le texte que la photo qui accompagnait, au départ, cet article qui était en faute. Celle-ci, représentant Modi, était ainsi légendée: «Narendra Modi, Premier ministre de l’Inde: un grand pédagogue indien accusé de racisme à cause d’une description de "nègres" criminels.» Et la proximité du nom de Modi et du terme «criminel» a fait le reste.

Google a notifié ses excuses au chef du gouvernement indien pour «la confusion et l’incompréhension» potentiellement générées auprès des internautes. De plus, le moteur de recherche a confirmé que la photo du Telegraph était bien la cause du problème. Des excuses qui font une belle jambe à Narendra Modi, dans la mesure où son visage s’affiche toujours en tête du hit-parade numérique de Google concernant les meurtriers.

Le tollé que cette découverte a pu susciter en Inde pourrait bien s’avérer contre-productif, de surcroît. En effet, les articles (dont celui-ci) évoquant cet affichage risquent de graver cette association dans le marbre.

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