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Tony Blair n'a pas touché 330.000 livres sterling pour un discours sur la faim dans le monde

Tony Blair au Kosovo avec des enfants à qui on a donné son prénom | Bureau du Premier ministre du Kosovo via Wikimedia CC License by

Tony Blair au Kosovo avec des enfants à qui on a donné son prénom | Bureau du Premier ministre du Kosovo via Wikimedia CC License by

Pendant des mois, l’ancien Premier ministre britannique a négocié pour se faire payer 330.000 livres sterling. On ne lui proposait «que» 125.000 livres sterling pour une conférence de vingt minutes.

330.000 livres sterling pour intervenir vingt minutes lors d’un forum sur la faim dans le monde accueilli à Stockholm les 1er et 2 juin, pas mal non? Surtout lorsqu’on songe que 330.000 livres pour vingt minutes, ça fait 275 livres par seconde. C'est le niveau de rémunération qu’aurait souhaité Tony Blair. Bien trop élevé pour la société alimentaire EAT, organisatrice de l’événement. Résultat: Blair a décliné l’invitation. L’entourage de l’ancien Premier ministre britannique explique qu’il n’a pas pu se rendre à Stockholm à cause d’engagements pris précédemment. Un argument qui ne convainc pas le journaliste Michael Segalov, qui pousse un beau coup de gueule dans les colonnes de The Independent.

Tout en ironie, l’auteur souligne que le comportement de Tony Blair est inspirant. Grâce à lui, explique-t-il, nous savons que «nous ne devons pas nous laisser embêter par ces progressistes larmoyants qui estiment qu’on devrait payer un montant d’impôts équitable» puisque Blair a réussi à réduire à 300.000 livres les taxes payées par sa société Windrush Ventures, dont les revenus s’élevaient à 14 millions de livres en 2014. Il ajoute que, «contrairement à tous les assistés», Tony Blair, lui, accepte tous les jobs qui lui passent sous la main, depuis une consultation pour le gouvernement colombien jusqu’à une contribution à la communication du président kazakh.

Globe-trotter aux poches pleines

Michael Segalov remarque que Tony Blair est également un créateur d’emplois qui n’hésite pas à payer de sa personne. En 2003, il est allé jusqu’à mentir sur l’existence d’armes de destruction massive pour «fournir un boulot en Irak à 46.000 Britanniques». Toujours plus sarcastique, le journaliste rejette les accusations selon lesquelles son cabinet ne paierait pas ses stagiaires. Selon lui, c’est «seulement presque tous ses stagiaires».

Le Daily Mail explique que les négociations entre EAT et l’équipe de Blair se sont éternisées plusieurs mois, sans que les deux parties parviennent à un accord. EAT ne proposait «que» 125.000 livres sterling. Insuffisant apparemment. Il faut noter que l’argent n’était cependant pas destiné à finir sur le compte de l’ancien chef de gouvernement travailliste mais à être reversé sur celui de la fondation de sa femme, Cherie Blair, qui promeut les droits des femmes. 

125.000

La rémunération (en livres sterling) à laquelle EAT concédait et que Blair a estimée trop basse

Le site revient sur la fortune de Tony Blair, qu’il estime à 100 millions de livres environ. Tony Blair gagne sa vie, et même un peu plus, en donnant des conférences mais aussi des conseils à des gouvernements étrangers. Il a notamment facturé 16 millions de livres aux Kazakhs pour un contrat de deux ans, et 27 millions au Koweït pour donner des conseils en matière de réformes politiques et économiques à ses dirigeants.

Stockholm restera donc comme un caillou dans la chaussure de ce globe-trotter aux poches pleines. Mais s’il a de quoi se remettre de ce coup dur, Tony Blair devra quand même soigner une blessure d’orgueil. En effet, l’an passé, le même forum avait payé Bill Clinton 327.000 livres pour un discours de trente minutes. Un membre d’EAT explique au Daily Mail pourquoi la société n’a pas fait le même effort pour Blair:

«Il n’est tout simplement pas Clinton. En plus, même le rayonnement de sa célébrité à lui diminue rapidement.»

Dur, on vous dit.  

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