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Les parents hélicoptères sont définitivement toxiques

Daddy help | majorvols via Flickr CC License by

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Les parents surimpliqués dans l'éducation de leur enfant font une nouvelle fois l'objet de critiques: ils empêchent leur progéniture d’être autonome.

Un taquet de plus pour les parents hélicoptères. Selon l'expression américaine, ces parents surimpliqués dans l'éducation de leur enfant et qui ont largement tendance à les surstimuler font de plus en plus l'objet de critiques et leur modèle éducatif est remis de plus en plus en question. Après avoir été accusés de faire de leurs enfants des personnalités immatures à tendance dépressive, les parents hélicoptères sont cette fois soupçonnés de faillir purement et simplement à leur devoir parental –si le devoir parental en question consiste à rendre les enfants autonomes et à les conduire à prendre les bonnes décisions.

C'est ce qu'a conclu une étude menée par des professeurs de la Bringham Young University, auprès de 483 étudiants en échec scolaire issus de quatre universités américaines différentes. Cette étude est la suite d'une première enquête menée en 2012 ui avait défini le parent hélicoptère de la manière suivante: une surimplication dans la vie des enfants incluant le fait de prendre des décisions importantes à leur place, d'intervenir dans les conflits entre enfants et de résoudre tous leurs problèmes.

Intrusion

Plus précisément, les auteurs de l'étude écrivaient:

«Si votre père ou votre mère ont déjà contacté un de vos professeurs, sont intervenus dans un problème avec votre colocataire ou ont postulé à un job à votre place, il y a de fortes chances que pour ce soient des parents hélicoptères.»

Un tiers des parents de 483 étudiants avouaient prendre les décisions à la place de leur enfant.

Les chercheurs avaient alors conclu que, malgré toutes leurs bonnes intentions, le mode d'éducation de ces parents était parfaitement contreproductif en ce que leurs enfants concernés s'impliquaient moins de leur scolarité, étaient plus susceptibles de décrocher et d'hésiter quant à leur orientation.

À l'époque, le professeur Larry Nelson, en charge de l'étude, concédait que, si ces parents hélicoptères étaient bien trop intrusifs, il était néanmoins possible que certains enfants surprotégés puissent malgré tout finir par réussir et se sentir bien dans leur peau.

Échec scolaire

Le même professeur revient aujourd'hui totalement sur cette analyse:

«On pensait qu'après tout avoir des parents hélicptères pouvait présenter des avantages sous certaines conditions mais, finalement, non, nous ne sommes pas parvenus à trouver quels pourraient être ces point positifs. [...] Faire les choses à la place de son enfant s'avère totalement négatif.»

Faire les choses à la place de son enfant s'avère totalement négatif

Pr. Larry Nelson

Car pour cette seconde étude, les chercheurs ont également cherché à mesurer le dégré de «chaleur parentale», en la définissant comme le fait de discuter avec ses enfants et de passer du temps avec eux:

  • même lorsque ces parents sont chaleureux et aimants, cela n'annule en rien les effets destructeurs d'une éducation surprotectrice;
  • pire: si, en plus, ces parents hélicoptères s'avèrent peu aimants et chaleureux, les effets négatifs du mode éducatif sont décuplés et, en sus de mener l'enfant à l'échec scolaire, peuvent le conduire à développer une mauvaise estime de soi ou à adopter des comportements à risque tel le binge-drinking.

Autonomisation

Autrement dit, il n'y a rien à tirer du fait d'avoir des parents qui en font trop. Reste à savoir si cette nouvelle charge amènera ces nombreux parents à reconsidérer leurs choix et leur vision de l'éducation. En 2014 déjà, nous avions relayé le point de vue d’une psychothérapeute américaine qui s'inquiétait du fait que «la trop grande implication des parents hélicoptères empêche les enfants d’apprendre à gérer leurs déceptions». Un phénomène qui a généré une génération narcissique et immature.

En 2013, une étude parue dans Journal of Child and Family expliquait aussi que les enfants de parents hélicoptère montrent des niveaux plus hauts de dépression et sont plus susceptibles d'avoir recours aux antidépresseurs. Pourtant, malgré toutes ces mises en garde, et comme l'expliquait Slate.fr ici, du GPS pour enfants en passant par ces parents condamnés pour avoir laissé leur enfant jouer seul au parc, tout est fait pour pousser les parents à ne surtout pas laisser leurs enfants tranquilles et  à empêcher l'autonomisation des enfants, voire des jeunes adultes.

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