Sciences / Culture

Sauvegarder les sons avant qu’ils ne disparaissent

Temps de lecture : 2 min

Pour préserver le patrimoine sonore, la branche audio de la bibliothèque nationale du Royaume-Uni s’est lancée dans une numérisation à grande échelle de ses contenus.

Les anciennes cassettes qui doivent aujourd'hui être numérisées | Orin Zebest via Flickr CC License by

La sauvegarde du patrimoine culturel ne concerne pas seulement les livres ou les films mais aussi les sons. Pour le prouver, The Quietus, un magazine anglais sur la culture pop, est allé faire un tour dans la British Library Sound Archive (bibliothèque britannique des archives sonores).

Le lieu? «Un musée des médias morts», explique le journaliste, où les couloirs sont jonchés de vieux enregistreurs et les meubles de cassettes et de lecteurs audionumériques. Des vieux témoins du patrimoine sonore qui s’éteignent petit à petit, explique le responsable technique Will Prentice.

«La différence entre nous qui travaillons sur le son et les gens qui travaillent sur les livres et les manuscrits est que nous avons toujours eu besoin de la technologie pour lire nos contenus. On a toujours eu besoin d’une machine. Et c’est là le problème. Les machines se meurent.»

Expertise en voie d’extinction

La bibliothèque s’est lancée dans un processus de numérisation des contenus audio, peu ou prou ce que fait l’Institut national de l’audiovisuel en France sur les programmes de télévision et de radio, mais le temps ne joue pas en sa faveur. Pour numériser les quelque sept millions d’enregistrements, il leur faudrait quarante-huit ans. Mais ils n’en ont que quinze. Car, après, les pistes risquent d’être devenues illisibles, la faute à des compétences et des lecteurs spécifiques qui s’éteignent également.

«C’est un système qui a ses limites. L’expertise requise devient rare. Quand les gens prennent leur retraite, vous ne pouvez jamais complètement transmettre ce qu’ils savent et la jeune génération n’ira jamais mettre ses mains dans l’analogique comme les vieux faisaient avant, parce que ça ne fait plus partie de monde qui les entoure.»

La jeune génération n’ira jamais mettre ses mains dans l’analogique

Will Prentice, responsable technique de la British Library Sound Archive

Il rappelle que le problème est d’ailleurs le même aujourd’hui avec les CD, qui ne sont pas éternels. Mais les dangers semblent s’éloigner avec les formats numériques stockés sur ordinateur, que l’on peut comparer aux têtes de l’hydre de Lerne: quand un fichier audio commence à défaillir, il est immédiatement copié ailleurs.

Un petit tour sur le site des archives sonores permet de se rendre compte de la variété des contenus proposés en ligne. Comme cette carte intitulée «sound map» permettant d’écouter les accents de différentes personnes à travers le monde.

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