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Au Canada, la politique d'assimilation des Amérindiens qualifiée de «génocide culturel»

Pensionnat indien catholique de [Fort] Resolution (Territoires du Nord-Ouest) | BiblioArchives via Flickr CC License by

Pensionnat indien catholique de [Fort] Resolution (Territoires du Nord-Ouest) | BiblioArchives via Flickr CC License by

La Commission vérité et réconciliation a conclu dans un rapport que le gouvernement canadien et les autorités religieuses avaient mis en place, en plaçant les enfants amérindiens dans des «pensionnats autochtones», une politique de «génocide culturel».

Après sept ans d'enquête au Canada, la Commission de vérité et de réconciliciation a conclu dans un rapport que le gouvernement canadien et les autorités religieuses avaient mis en place une politique de «génocide culturel» envers les populations autochtones. Les auteurs du rapport ont recueilli les témoignages de plus de 7.000 personnes, dont de nombreux anciens élèves des «pensionnats autochtones». Près de 150.000 enfants des Premières nations avaient été forcés à étudier dans ces écoles de la fin du XIXe siècle jusqu'aux années 1970, rappelle le Guardian.

«Le Canada a séparé des enfants de leurs parents en les plaçant dans des pensionnats [...] non pas pour les éduquer mais bien pour rompre le lien avec leur culture et leur identité», explique le rapport.

Pour Murray Sinclair, le président de la Commission, «l'expérience des pensionnats est un des chapitres les plus noirs et les plus douloureux de notre histoire collective».

«Assimilation forcée»

Dans ces écoles, les enfants n'avaient pas le droit de parler leur langue, ni de voir leurs parents. Ils étaient mal nourris, souvent maltraités et plusieurs cas d'abus sexuels ont été signalés. Près de 3.000 enfants sont morts dans ces écoles et ont été enterrés dans des tombes anonymes sans que leurs parents soient tenus au courant.

En 2008, le Premier ministre Stephen Harper avait présenté ses excuses aux membres des Premières nations pour les violences subies dans ces pensionnats mais, après la publication du rapport, il a refusé d'utiliser les termes de «génocide culturel», préférant parler d'«assimilation forcée».

Ce n'est pas le cas de Beverley McLachlin, la juge en chef de la Cour suprême du pays, qui a repris l'expression de «génocide culturel» dans un discours, en rappelant notamment que la politique officielle était à l'époque de «sortir l'Indien de l'enfant».

La commission recommande que les écoles enseignent les croyances autochtones dans le curriculum religieux et que l'apprentissage des langues des Premières nations soit mieux soutenu. Les auteurs mentionnent également la création de mémoriaux et de musées pour rappeler cette histoire et demandent une enquête du gouvernement sur les centaines de disparitions de femmes indigènes ces dernières années. Ils demandent aussi au pape François de s'excuser au nom de de l'Église catholique pour les abus infligés aux enfants autochtones.

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