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Weather festival: Big is Beautiful

Jacob © Khrist

Jacob © Khrist

Après avoir attendu trop longtemps, après avoir protesté autant que l'on pouvait, la Mairie de Paris s'est enfin réveillée en faveur de la techno.

Certains trouvent déjà qu'ils en font trop. Mais le Weather Festival, ce n'est plus trois jours de raves, c'est toute une semaine de fêtes qui a commencé dimanche dernier avec le Mini Weather pour les enfants. Avec des soirées off dans de nombreux clubs, Paris a été pris en orage par des organisateurs qui ont le ventre plus gros que le Bois de Vincennes. Mais qui va s'en plaindre? En matière de rave, il y a une poésie dans la démesure. Plus c'est gros et mieux c'est.

Outre les trois jours de raves en plein air qui s'affichent sur les murs du métro et les sucettes JCDecaux, Weather fait de son édition 2015 un coup de maître. Vous voulez faire découvrir la house à vos enfants avec des ateliers de dessins de street art et des DJ's qui jouent à la crèche? C'est le Mini Weather. Vous pensez que tout ça est trop hétéro? Il y a eu la fête au Bonbon en hommage à Madame Delarverie. Vous râlez parce que c'est à Paris? Il y avait une fête off Midi Deux à Rennes samedi dernier. Vous voulez de l'ambience? Il y a aura une scène dédiée aux beats plus doux sur une des scènes de vendredi soir. Un geste de générosité pour Emmaüs? Jeff Mills en personne signe des autographes pour 2 euros vendredi soir à 20h au chapiteau Weather City. Et si les grands rassemblements vous ennuient, il y a toujours l'after party à Concrete du dimanche à 7h jusqu'au lundi matin... On ne veut même pas voir la gueule de bois des organisateurs dans une semaine.

Tout le monde dehors!

Chaque jour, sur la page Facebook du Weather, les photos des immenses générateurs, des grues et des chapiteaux montrent l'aspect gigantesque de l'évènement sur les 100.000 m2 de la pelouse du bois de Vincennes. Cette fois-ci, tout sera en plein air, contrairement à l'année dernière où les scènes techno les plus hardcore étaient abritées dans les hangars du salon du Bourget. Ce basculement complet vers l'extérieur est bien sûr un énorme risque, pas seulement pour la météo (qui s'annonce bonne, croisons les doigts) mais en termes de son et de circulation. Pourtant c'est aussi ce qu'on espérait, un retour symbolique vers le ciel d'été et une vision d'ensemble où tous les amoureux de techno sont au même niveau.

Des ravers sortis des écoles de commerce

Car si certains puristes commencent à émettre des réserves sur la fringale de Concrete et leur OPA sur Paris, il faut bien reconnaître que l'organisation de cet évènement est juste parfaite. Christophe Vix-Gras de Rosa Bonheur a eu cette phrase définitive: «Je préfère que ce soit eux les boss de Paris plutôt que les mecs de Live Nation». Enfin! Cette année, on a dépassé le stade de les féliciter pour l'aspect pratique de la rave: les accès aux points d'eau, les casiers pour mettre ses affaires (5 euros), les toilettes à go-go (si on peut dire), les bus qui viennent de partout et de l'étranger, l'appli Weather qui vous rappelle gentiment quand votre DJ préféré va passer, les centaines de bénévoles qui donnent un coup de vieux à Solidays, même des petits délires comme une course à travers Paris pour trouver des clés USB qui offrent des passes, l'équipe n'a pas manqué d'idées pour alimenter un buzz extraordinaire. L'année dernière, il manquait 10.000 personnes pour équilibrer complètement le budget, cette année les 50.000 personnes attendues positionnent le Weather parmi les 50 meilleurs festivals au monde selon Time-Out. Le succès de l'entreprise Concrete, c'est cette nouvelle génération sortie des écoles de commerce qui est tombée dans la techno et qui sait réellement faire de l'évènementiel.

C'est la taille qui compte

Après avoir attendu trop longtemps, après avoir protesté autant que l'on pouvait, la Mairie de Paris s'est enfin réveillée en faveur de la techno. On va pouvoir enfin mettre de côté notre complexe d'infériorité par rapport à l'étranger et partager cette musique qui, plus que toutes les autres, est le reflet du futur. 

Car la beauté suprême de Weather, c'est bien sûr le line-up de DJ's mais surtout tout ce qui se passe entre les gens quand on est sur une pelouse avec des dizaines de milliers de personnes. On danse pendant des heures, on reste avec sa bande, on se repose, on va aux toilettes les plus éloignées uniquement pour le plaisir de traverser la zone totale du festival, on retrouve des amis qu'on n'a pas vus depuis longtemps, c'est un nouveau rendez-vous qui s'ajoute au calendrier des beaux jours. La poésie de ces moments, quand elle n'est pas limitée par les murs des clubs sous-terrains, est le Sehnsucht dont on fait les légendes. C'est une averse qui nous évite, un hélicoptère qui passe au-dessus de nous, des roboscans qui émerveillent, les regards dirigés vers les étoiles au lieu d'être fixés au sol. Big is fucking beautiful.

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