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Le réchauffement climatique sur le point de bouleverser les océans comme jamais depuis 3 millions d'années

Ptérois à antennes | Christian Mehlführer via Wikimedia CC License by

Ptérois à antennes | Christian Mehlführer via Wikimedia CC License by

Si la température grimpe de plus de 2 degrés Celsius, les migrations des espèces sous-marines provoqueront un changement majeur du paysage maritime.

Nos océans sont à l’aube du plus grand bouleversement qu’ils aient connu depuis environ 3 millions d’années, selon Salon. Et la catastrophe est déjà en cours. Ce constat, pas vraiment fait pour rassurer son monde, est dressé par une étude parue dans Nature Climate Change.

Si la planète ne parvient pas à limiter ses émissions de gaz à effet de serre de manière à s’en tenir à une augmentation de la température de 2°C par rapport à la chaleur moyenne durant l’ère pré-industrielle, les conséquences seront lourdes pour la biosphère sous-marine. D'après le rapport scientifique, les mers perdront entre 10 et 12% des espèces qui les peuplent actuellement, les Tropiques beaucoup de leurs spécimens, détrônés de leur trône de paradis des poissons par les pôles, qui verront alors leur biodiversité s’accroître de 300%. Ces effets se produiront d’ici la fin du siècle selon l’étude.

Menace alimentaire

Grégory Beaugrand, chercheur lillois qui a participé à ce travail, s’est exprimé auprès de Mashable:

«Vers 2100, 78 et 95% des océans seront changés de manière substantielle.»

Et le site rappelle que, dans la mesure où les espèces aquatiques peuvent facilement migrer vers d’autres latitudes dès lors que la température de leur cadre ne leur convient plus, ce changement est déjà entamé. Des exodes de planctons ont été repérés dans des eaux septentrionales comme le nord de l’Atlantique. Et cette observation tient aussi pour certaines variétés de poissons.

Exodes de planctons

Un dernier point qui annonce des difficultés inattendues: «cette transition va avoir un impact dévastateur sur les pêcheurs d’un point de vue socioéconomique», s’alarme Grégory Beaugrand. Parce que, si les espèces bougent, la pêche doit entièrement être reconfigurée, en termes de méthodes comme de matériel.

En définitive, il s’agit ici d’une menace alimentaire car, comme le rappelait le Marine Stewardship Council (le Conseil de gestion maritime), en 2010, le poisson représentait 20% des protéines animales ingérées par près de 3 milliards individus et 15% pour les quatre milliards restants.

Si le danger représenté par les gaz à effet de serre n’en paraît que plus important, cette étude présente tout de même quelques failles, souligne Mashable. Tout d’abord, les scientifiques ne connaissent les caractéristiques que d’environ 200.000 espèces maritimes, soit à peu près 10% de la population totale selon leurs estimations. Ils ne connaissent donc pas les capacités d’adaptation de la majorité des spécimens marins. Sans compter que leurs connaissances en matière de biologie marine et de répartition géographique des variétés océaniques sont limitées. Enfin, ils peinent à mesurer l’impact de l’acidification des océans (aussi causée par les gaz à effet de serre) sur les habitants des profondeurs.

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