Partager cet article

Travailler plus pour... faire comme son collègue (qui fait lui-même comme un autre collègue)

Frodda och Elvis | Hello Clarcie via Flickr CC License by

Frodda och Elvis | Hello Clarcie via Flickr CC License by

Le fait de travailler avec des collègues au bureau peut pousser à faire du zèle, notamment pour éviter d’avoir l’impression d’en faire moins que les autres.

Il se pourrait que votre collègue, qui martèle frénétiquement les touches de son clavier en face de vous, soit votre meilleur coach, voire votre meilleur manager. C’est en tout cas en substance ce que raconte une étude néerlandaise portant sur le travail des hommes en entreprise que Quartz s’est procurée.

Le rapport intitulé «Conspicuous work», c’est-à-dire «Travail ostensible», et rédigé par deux chercheurs de Maastricht et un savant de l’université Érasme de Rotterdam, prend en compte dix ans de données sur les salariés masculins bataves. Les statistiques en question concernaient à la fois le nombre d'heures accomplies, la perception des œuvres de ses collègues et celle de son propre bonheur.  Et si le fait de travailler avec un ou des collègues peut pousser à faire du zèle au bureau, avoir l’impression d’en faire moins que son compère peut plonger un individu dans un abîme de perplexité voire le pousser à se sentir malheureux au travail.

Conformité sociétale

En effet, il ne s’agit pas à ce moment-là de travailler dur en vue d’être efficace ou productif mais pour qu’on ne puisse pas dire qu’on en a fait moins que la personne d’en face. D’où l’élaboration du concept de «travail ostensible». L’importance de l’émulation n’est pas niée dans l’étude. Celle-ci relève que, si les salariés ont tendance à s’aligner sur le volume de travail de leurs confrères, c’est en partie parce que le travail collectif est considéré comme plus plaisant que la même tâche exécutée en solitaire.

Les autres explications sont moins réjouissantes, ceci dit. La deuxième d’entre elles tient au fait que le lieu de travail est l’un des endroits où la volonté de chacun de se conformer aux normes sociétales se voit le mieux. En dehors de ce réflexe conformiste, ou prudent, obtenir le label «plus gros travailleur du bureau» est aussi considéré comme allant de pair avec des avantages ou une meilleure réputation dans son entreprise. Être reconnu comme moins ardent à la tâche que son voisin provoque en revanche un certain mal-être, si ce n’est une souffrance.

Des observations scientifiques que le simple souvenir du rendement extraordinaire et désintéressé du camarade Stakhanov suffit à démonter. Ce mineur russe avait extrait 102 tonnes de charbon en moins de six heures à lui tout seul, en août 1935. Comment? Ah, il n’était pas tout seul en fait...

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte