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Pour protester contre le Patriot Act, des milliers de sites empêchent le Congrès de voir leur contenu

Congress Blackout

Congress Blackout

L’organisation Fight For The Future manifeste son hostilité à la surveillance de masse en mettant à disposition un script détectant les adresses IP des ordinateurs du Congrès et les redirigeant vers une page de blackout.

La NSA ne peut plus collecter les données téléphoniques des Américains. L'agence nationale américaine a dû arrêter –provisoirement– son programme de collecte arrivé à son terme ce 1er juin à minuit, car certaines sections du Patriot Act (notamment la 215) n'ont pas été renouvelées à temps par un Congrès divisé sur la question. Comme le raconte Le Monde, «incapable de rallier assez de soutiens pour imposer ses vues, Mitch McConnell a fini par rendre les armes dimanche. Après avoir bloqué de justesse, le 23 mai, la réforme adoptée par la Chambre, il s’est résigné à la réinscrire à l’ordre du jour, un choix approuvé par une large majorité qui préfigure une adoption en bonne et due forme qui sera validée par M. Obama. La Maison Blanche a déploré dimanche que le Sénat ne soit pas parvenu à un accord, appelant les élus à voter rapidement pour mettre fin à une suspension irresponsable».

Parmi ceux qui se réjouissent de la fin de ces sections, l'association de défense des libertés ACLU, l'Electronic Frontier Foundation, ou encore l'organisation Fight for the Future, qui l'a exprimé d'une façon assez ironique, ce 1er juin au matin:

 

«Selon les défenseurs du Patriot Act au Congrès, nous avons encore à peu près une heure à vivre avant que les terroristes détruisent le monde #yolo»

À poil

Comme le raconte le Guardian, Fight for the Future avait demandé aux différents sites de manfester leur hostilité au Patriot Act en ajoutant à leur code, un script qui «détecte les adresses IP des ordinateurs du Congrès et redirige ces personnes vers cette page»:

«La redirection inclut également des photos de personnes à demi-nues et parfois explicites soumises par les citoyens eux-mêmes, sous le titre: L'espionnage de la NSA me fait me sentir nu

En clair, si une personne se rendait à partir du Congrès sur un site internet qui avait intégré le bout de code, alors il serait redirigé vers la page de Fight for The Future. Il est cependant possible pour les sites qui le souhaitent de ne pas intégrer ces photos ou même de renvoyer vers leur propre page de blackout, précise Blackout Congress.

Bout de code

En fait, le Congrès n'est pas le seul endroit visé. Dans le code fourni, on peut voir que les activistes ont identifié des adresses IP venant du département de la Justice, du département de la Sécurité intérieure, mais aussi –et ça a tout l'air d'une blague– de la «Zone 51».

Holmes Wilson, l'un des co-fondateurs de Fight for the Future, a expliqué au Guardian qu'ils continueront «à bloquer les sites soit jusqu'à ce que le USA Freedom Act soit considérablement amélioré ou abandonné, ou jusqu'à ce que les provisions du Patriot Act arrivent à leur terme». Blackout Congress indique qu'un peu moins de 15.000 sites ont pour l'instant intégré ce bout de code.

Précisons cependant qu'il est possible que cette liste ne soit pas complète et que des parlementaires puissent quand même avoir accès à ces sites. Par ailleurs, s'ils utilisent un téléphone en 3G ou 4G, par exemple, ou s'ils désactivent le javascript, ces blocages ne fonctionneront plus.

Ce n'est pas la première fois que Fight for the Future entreprend une telle opération de communication. Le Guardian rappelle qu'en mars le groupe avait fait voler une bannière où l'on voyait Grumpy Cat s'attaquer au géant Comcast pour défendre la neutralité du net.

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