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L'Inde a peur que l'Etat islamique ne mette la main sur l'arme nucléaire au Pakistan

Lors d'un test militaire pakistanais, le 28 novembre 2012. REUTERS/Pakistan Military Inter Services Public Relations.

Lors d'un test militaire pakistanais, le 28 novembre 2012. REUTERS/Pakistan Military Inter Services Public Relations.

L’Inde a peur que des groupes extrémistes comme l’organisation Etat islamique n’arrivent à mettre la main sur des armes nucléaires actuellement détenues par le Pakistan. «Avec la progression de l’EI à l’ouest de l’Asie, on peut craindre, dans une certaine mesure, la possibilité qu’il puisse accéder à l’arsenal nucléaire d’Etats comme le Pakistan», a affirmé le ministre de la Défense indien Rao Inderjit Singh, samedi 30 mai, lors d’une conférence sur la sécurité régionale à Singapour, selon l’agence Bloomberg.

Comme le rappelle The Independent, le programme nucléaire pakistanais a démarré dans les années 70 en réponse à celui de l’Inde et Abdul Qadeer Khan, le scientifique pakistanais qui a contribué à son développement, a avoué en 2004 que des secrets nucléaires avaient été vendus à des Etats comme la Corée du nord et l’Iran. Le Pakistan détient aujourd’hui 100 à 120 têtes nucléaires, soit un peu plus que son voisin.

Dans le dernier numéro de sa revue de propagande Dabiq, l'organisation Etat islamique publie un article, attribué à l'otage britannique John Cantlie et intitulé «La tempête parfaite», où elle fait part de son rêve de posséder un jour l'arme nucléaire grâce au Pakistan:

«Laissez-moi évoquer une opération hypothétique. L'Etat islamique a des milliards de dollars en caisses, et il contacte sa wilāyah [filiale, ndlr] au Pakistan pour acquérir une arme nucléaire via des revendeurs liés à des dirigeants corrompus de la région. [...] Ce scénario synthétise toutes les craintes des services de renseignement occidentaux et il est infiniment plus réalisable aujourd'hui qu'il l'était il y a seulement un an.»

En septembre dernier, la ministre de l'Intérieur britannique, Theresa May, avait fait part de ses craintes que l'organisation Etat islamique devienne le premier «vrai Etat terroriste» et puisse à terme «acquérir des armes chimiques, biologiques ou même nucléaires pour nous attaquer». Pour autant, les craintes d'un tel scénario sont pour l'instant jugées extrêmement basses par beaucoup d'experts.

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