Partager cet article

Les autorités russes enquêtent sur un réseau de nazis de la grammaire

«Grammatik macht frei», un des mèmes très utilisés par les «grammar nazis».

«Grammatik macht frei», un des mèmes très utilisés par les «grammar nazis».

En Russie, les «nazis de la grammaire», ces puristes de l'orthographe qui font des dictées de haut niveau pour s'amuser, commencent à inquiéter les autorités.

A Rostov-sur-le-Don, Alexei Pavlovsky, le directeur d'une entreprise qui sponsorise «Dictée Totale», l'équivalent russe de la dictée de Bernard Pivot, a récemment été interrogé par des procureurs locaux, rapporte le Moscow Times.

Les autorités voulaient savoir si Pavlovsky avait des informations sur ce réseau informel des nazis de la grammaire russes. En effet, ces passionnés de la conjugaison se sont amusés à prendre l'expression «nazis de la grammaire» au premier degré: certains de leurs logos ont une lettre G (pour grammaire) qui ressemble à une croix gammée et ils utilisent le slogan «Grammatik Macht Frei» (la grammaire rend libre), en référence à l'inscription d'Auschwitz «Arbeit Macht Frei».

Dans un post sur Facebook, Alexei Pavlovsky a raconté son entretien avec les enquêteurs:

«Ils m'ont demandé ce que je pensais de ces images. Ils ont aussi voulu savoir quelle était mon attitude vis-à-vis des personnes qui font des erreurs [grammaticales], et si j'avais envie de les éliminer.»

Ceci dit, plus que la peur de meurtres motivés par la défense de l'orthographe, ce sont ces symboles nazis, même utilisés au second degré, qui posent problème aux autorités russes. Alors que cette année, le pays célèbre les 70 ans de la victoire contre les nazis en 1945, le gouvernement a lancé une campagne spéciale pour se débarasser de tous les symboles visuels liés au nazisme. En mars, une blogueuse a  notamment dû payer une amende d'environ 17 euros pour avoir posté la blague de mauvais goût «Grammatik Macht Frei». Elle avait aussi écrit qu'elle voulait «défendre la pureté de langue russe.» Or, en Russie, le seul fait de publier de l'imagerie nazie, même détournée, est considéré comme de la propagande pro-nazie. 

Le Daily Telegraph rapporte que des gérants de boutiques ont reçu un avertissement parce qu'ils vendaient des petits soldats nazis et que la bande dessinée sur la Shoah Maus d'Art Spiegelman, qui a une croix gammée sur la couverture, a été retirée d'une librairie. 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte