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L'État islamique assure qu'il détruira «seulement» les statues de Palmyre

Sur les ondes syriennes, un homme s'identifiant comme le commandant de l'EI à Palmyre a annoncé que son organisation ne détruirait pas l’ensemble de la cité.

Alors que la ville de Palmyre est tombée le 21 mai entre les mains des soldats de l’État islamique, son commandant a développé une semaine plus tard les intentions de son groupe quant au patrimoine local, et ce, dans une émission radio dont un extrait est diffusé par International Business Times. Palmyre est une cité vieille de plusieurs millénaires, carrefour commercial très important dans l’Orient de l’Antiquité et du haut Moyen Âge, où se mêlent les traces des Perses, des Grecs, des Romains et des premiers musulmans. Ses colonnades, sa forteresse islamique, et son temple de Baal sont notamment inscrits à l’Unesco.

Après les destructions d’œuvres du musée de Mossoul et du site d’Hatra entre autres, la communauté internationale craignait que l’héritage de Palmyre ne fût réduit en cendres.

Sur les ondes de la radio Alwan FM, fondée par un opposant au régime de Bachar el-Assad selon International Business Times, un homme se présentant comme Abou Leith Al-Saoudi, le chef des troupes de l’EI à Palmyre, a voulu rassurer le monde sur ce point. Ou presque:

«Au sujet de la ville historique, nous la préserverons et ne lui ferons subir aucun dommage inch’Allah, en revanche nous pulvériserons les statues que les mécréants adoraient auparavant. Nous ne toucherons pas aux monuments avec nos bulldozers contrairement à ce que certains disent.»

Pas de «nouveaux» dommages

La plupart des statues ont été évacuées avant l’arrivée de l’EI. Mais, selon le témoignage d’un habitant de la ville, rapporté par le New York Times, les islamistes se sont déjà introduits dans le musée de Palmyre. Le trouvant déserté par la plupart de ses statues, ils n’ont pu détruire que des répliques en plâtre décrivant la vie préhistorique dans la région avant de quitter les lieux.

Même s’il explique attendre des vues satellites plus précises, Michael Danti, le directeur de la Syrian heritage initiative, une association d'universitaires chargée d'évaluer et d'alerter sur la situation du patrimoine syrien, a expliqué a Science qu’il n’avait pas noté de nouveaux dommages sur le site d’après les images de l’Unosat, un programme satellitaire des Nations unies. 

Pas de «nouveaux» dommages car la ville n’a pas attendu la victoire de l’État islamique pour souffrir. Les combats précédents ont fait des dégâts et les bulldozers de Bachar el-Assad ont notamment détruit de vieux murs en terre, rappelle le site. Mais le chercheur pointe la spécificité de la dangerosité de l’EI pour le patrimoine local:

«Ils se rendent compte que le pouvoir de cet héritage résiste, par essence, à leur message. Les gens se tournent vers ce qu’il reste de leur passé pour définir leur identité actuelle… donc les islamistes radicaux tentent de balayer tout ça.»

L'État islamique a pénétré l'amphitéâtre antique de Palmyre le 27 mai. Pas pour le détruire, non, mais pire, pour y exécuter 20 personnes, souligne la BBC d'après des informations de l'Observatoire syrien des droits de l'homme. 

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