Économie

La Grèce pourrait devenir le plus grand producteur européen d'or

Temps de lecture : 2 min

Des centaines tonnes de ressources aurifères ne demandent qu’à être exploitées dans la péninsule Chalcidique. Mais les habitants, avec le soutien du gouvernement actuel, résistent aux exploitations minières.

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Couronne de laurier dorée | Tilemahos Efthimiadis via Flickr CC License by

Jusqu'à 250 tonnes d'or dormiraient dans les sous-sols de la Chalcidique. Mais ces précieuses ressources pourraient rester à jamais dans les entrailles de cette péninsule du nord de la Grèce. Depuis les années 1980, un conflit divise les villages côtiers et les villages miniers de cette région très touristique, rapporte le quotidien Die Zeit:

«L'exploitation minière a apporté du travail aux gens d'ici, mais aussi des problèmes. Car les anciens exploitants des mines n'ont eu que peu d'égards pour la nature.

Les eaux industrielles ne cessaient de colorer de rouge ou de jaune des parties de la mer. Les entreprises utilisaient du cyanure hautement toxique et des métaux lourds. Une gigantesque décharge constituée de résidus contaminés de cette époque se dresse encore aujourd'hui dans les environs.»

Environnement

Ces dégâts écologiques ont fait des habitants de la région qui vivent du tourisme de fervents défenseurs de l'environnement, qui s'opposent désormais farouchement à tout nouveau projet d'exploitation minière.

Des arguments qui n'ont pas convaincu le précédent gouvernement grec, appâté par cette manne financière qui pourrait sauver un pays en pleine débâcle. Ces dernières années, l'ancien Premier ministre Giórgios Papandréou a vivement soutenu le projet de la mine de Skouries, une mine d'or à l'abandon située dans les environs du village de pêcheurs d'Aristoteles, qui, comme l'expliquait l'hebdomadaire SZ Magazin en 2013, doit être à nouveau exploitée par Hellas Gold, filiale de la multinationale canadienne Eldorado, et être agrandie de 80 à 700 mètres de diamètre. Il s'agissait de montrer «que la Grèce attire les investisseurs internationaux, que cet État ébranlé par les crises, les dettes et le chômage a un avenir économique».

Allié de taille

Mais les habitants de la région qui s'opposent à la réouverture de la mine, dont les travaux ont déjà commencé et qui emploie déjà 600 personnes, peuvent désormais compter sur un allié de taille: Alexis Tsipras, le nouveau Premier ministre, qui, pendant la campagne présidentielle, s'est rendu plusieurs fois sur place pour soutenir les écologistes.

Dans son programme présidentiel, le parti de Tsipras, promettait de supprimer «les lois qui accordent des privilèges scandaleux à de grandes entreprises locales ou multinationales dans le domaine de l'exploitation minière». La vente de la mine de Skouries (ainsi que celles d'autres mines de la région) semble en effet avoir été réalisée dans des conditions douteuses: la société Hellas Gold n'aurait été créée que trois jours avant l'achat des premières mines en 2003, un oligarque grec possédait des parts de cette entreprise et le vice-ministre de l'Économie de l'époque, Christos Pachtas, très impliqué dans la vente, est devenu par la suite le maire du village d'Aristoteles.

Lorsque Syriza a remporté les élections, le parti de gauche radicale n'a pas oublié sa promesse, explique Die Zeit:

«Le gouvernement a retiré depuis toute une série d'autorisations au projet ou ne les a pas accordées. Il n'a tout de même pas totalement stoppé le projet. Pas encore.»

Interviewé par Die Zeit, le ministre de l'Écologie grec Yannis Tsironis affirme vouloir trancher d'ici deux mois sur le sort de la mine d'or de Kouries.

Slate.fr

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