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Un documentaire de la BBC revient sur la mort mystérieuse d'un procureur argentin

Alberto Nisman lors d'une rencontre avec des journalistes à Buenos Aires | Marco Brindicci/REUTERS

Alberto Nisman lors d'une rencontre avec des journalistes à Buenos Aires | Marco Brindicci/REUTERS

Alberto Nisman enquêtait sur l'attentat contre le centre communautaire juif Amia à Buenos Aires en 1994. Peu avant sa mort, en janvier 2015, il avait accusé son gouvernement de couvrir les commanditaires de l'attaque.

La BBC diffuse le 30 mai une enquête sur la mort du procureur argentin Alberto Nisman, qui a eu lieu en janvier, annonce le site de la chaîne. Le 18 du premier mois de 2015, le magistrat est retrouvé dans une mare de sang dans la salle de bain de son appartement, situé dans un luxueux complexe sur le port de Buenos Aires. 

Il était attendu ce jour-là pour faire son rapport devant le Congrès. Dans celui-ci, il accusait le gouvernement argentin de couvrir les responsabilités iraniennes dans l’attentat ayant visé un centre communautaire juif de la capital argentine en 1994 qui a tué 85 personnes. Des accusations d'autant plus fracassantes que des élections générales vont se tenir en octobre prochain.

Alberto Nisman, qui enquêtait sur l'explosion du centre Amia (Asociación Mutual Israelita Argentina) depuis dix-sept ans, a été retrouvé mort par balle. Un pistolet reposait à ses côtés. La police a alors conclu au suicide. Sandra Arroyo Delgado, juge et ancienne compagne de Nisman, ne s'est pas satisfaite de cette affirmation et mène depuis sa propre investigation. «Il était très soucieux de sa santé et avait peur de mourir jeune. Donc au moment où j'ai appris sa mort et la présence d'un pistolet sur les lieux, j'ai su que quelqu'un l'avait tué», explique-t-elle à la BBC.

Irrégularités

Le récit de la radio britannique fait en effet douter du scénario retenu par les policiers. Tout d'abord, selon Sandra Arroyo Delgado, les enquêteurs auraient commis de noumbreuses irrégularités sur les lieux du crime. La mère du défunt a ainsi été autorisée à laver la vaisselle baignant dans l'évier, sans même que la police n'y cherche au préalable d'éventuelles traces ADN. Des objets auraient également été manipulés sans précaution. La magistrate assure qu'un test a révélé des tentatives pour faire disparaître des taches de sang sur le lavabo. Viviana Fein, qui dirige les investigations sur la mort d'Alberto Nisman, conteste ces allégations. 

L'arme du crime, un pistolet Bersa calibre 22, est aussi au centre des débats. Il appartenait à Diego Lagomarsino, un informaticien travaillant pour Nisman, qui déclare l'avoir donné le 17 janvier à son patron à la demande de celui-ci. Curieusement, l'arme a été retrouvée sous l'épaule gauche du mort alors que l'impact de la balle se trouvait du côté de l'oreille droite. La BBC ajoute qu'aucun résidu de coup de feu n'a été observé sur les mains du procureur décédé.

Alberto Nisman avait dénoncé les liens entre l'attentat et plusieurs personnalités iraniennes en 2006. À partir de 2013, il s'est plaint des interférences du gouvernement et de la présidente Cristina Kirchner dans son travail, soit l'année où les gouvernements iranien et argentin ont annoncé la création d'une «commission pour la vérité» concernant l'attentat du centre communautaire juif.

La BBC rappelle également que des documents révélés par Wikileaks ont évoqué que Nisman était un visiteur régulier de l'ambassade américaine. Des relations qui ont pu biaiser son travail, selon le site britannique, parce que le procureur aurait eu accès à des documents des services secrets américains, dont les relations avec l’Iran n’étaient alors pas au beau fixe.

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