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En 2008, François Hollande qualifiait déjà Nicolas Sarkozy de président «Moi Je»

Nicolas Sarkozy et François Hollande à l'Elysée, le 11 janvier 2015. REUTERS/Pascal Rossignol

Nicolas Sarkozy et François Hollande à l'Elysée, le 11 janvier 2015. REUTERS/Pascal Rossignol

Le comique de répétition est-il la dernière vocation des hommes d'Etat?

Les hommes politiques méritent-ils encore le respect le plus élémentaire de leurs concitoyens? La manière dont ils se traitent les uns les autres publiquement amène à en douter sérieusement. Ainsi Nicolas Sarkozy, revenant de la politique, sorte de bateleur fatigué, sillonnant le pays et s’adressant sur l’estrade à son public comme un comique de stand-up, n’en a plus que pour sa dernière blague, celle qui consiste à surnommer le président de la République «Moi Je», en référence à sa célèbre formule du «Moi, président...»

Le 26 mai, il s'est amusé de ce que «Moi Je» voulait l’empêcher de renommer l’UMP Les Républicains:

«Je savais qu'on allait en avoir de belles avec “Moi Je” mais il y a un truc que je n'avais pas prévu, c'est que “Moi Je” voulait choisir lui-même le nom de notre formation politique.»

Quelques jours plus tôt, lors d’un meeting dans l’Hérault, il se régalait déjà de sa formule assassine:

«La situation est extrêmement préoccupante. On savait qu'avec “Moi Je”, ça ne serait pas terrible. Ça dépasse toutes nos espérances».

Mais le plus drôle dans cette histoire, c’est qu’Hollande utilisait la même formule pour qualifier Sarkozy en... 2008! Alors qu’il présentait ses vœux à la presse, François Hollande, encore chef du PS, critiquait alors la surexposition du président de la République, sa tendance à l’exhibitionnisme et sa capacité à tout ramener à sa personnalité: «C'est le président Moi Je», affirmait celui qu’on appelait encore à l’époque Monsieur-Petites-Phrases. «Au delà même de l'Etat, il est le chef du gouvernement, le chef de la majorité, le chef de l'UMP, le chef de campagne», attaquait le député de Corrèze, qui résumait cette omniprésence par la formule: «C'est le président Moi Je, l'Etat c'est Moi Je»... Un point pour Lui Je, donc, sur l'antériorité du trait d'esprit.

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