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Qui est Chuck Johnson, le troll américain qui vient d'être banni de Twitter?

Capture d’écran du compte Twitter de Charles Johnson, aujourd’hui définitivement suspendu par Twitter

Capture d’écran du compte Twitter de Charles Johnson, aujourd’hui définitivement suspendu par Twitter

L'annonce de la suspension du compte Twitter du blogueur d’extrême droite Charles Johnson (dit Chuck) dimanche 24 mai avait été réclamée par la twittosphère.

Dans la presse américaine, le blogueur Chuck Johnson a été qualifié de «pire journaliste du web» et de «méga troll d'extrême droite». L'annonce de la suspension de son compte Twitter dimanche 24 mai (ainsi que des autres comptes Twitter qu'il a aussitôt essayé de créer) a été accueillie avec joie. 

«Très contente que Twitter ait finalement suspendu Chuck C Johnson. J'aurais bien aimé que ce soit fait avant, lorsqu'il harcelait et menaçait des femmes, mais bon.»

S'il a finalement été banni du réseau social, c'est après un tweet proposant aux internautes de donner de l'argent pour «éliminer» DeRay McKesson, un militant du mouvement Black Lives Matter impliqué dans la coordination des manifestations contre la brutalité policière.

Sur son blog gotnews.com, Johnson, qui a 26 ans, a rétorqué qu'il utilisait le mot «éliminer» (take out) au sens figuré, mais c'est surtout la longue accumulation de ses méfaits qui a décidé Twitter à suspendre son compte. Il avait déjà été temporairement banni mais, cette fois-ci, Twitter dit que l'interdiction est permanente.

Anti-système

Comme de nombreux ultraconservateurs aux États-Unis, Charles Johnson (dit Chuck) se vit comme un héros anti-système, un «révolutionnaire» pourfendeur du politiquement correct et des médias établis. Ses faits d'armes «journalistiques» sont assez rocambolesques. À la suite du récent accident de train Amtrak, qui a tué huit personnes, Johnson a suggéré que l'orientation sexuelle du conducteur, qui était gay, avait joué un rôle dans le déraillement (parce que les gays ont plus tendance à avoir des problèmes psychologiques, expliquait-il). Il est aussi persuadé que Barack Obama est homosexuel et, en décembre 2014, il se posait la question suivante:

«Comment se fait-il qu'aucune femme qui a couché avec Obama n'accepte d'en parler?»

En tant que pigiste pour le site conservateur Daily Caller, il a accusé un journaliste du New York Times d'avoir posé nu pour PlayGirl dans sa jeunesse (c'était faux), il a écrit un papier pour dire que le maire de Newark, dans le New Jersey, n'a jamais vraiment vécu à Newark (ce qui était faux) et il a contribué à un reportage accusant faussement un sénateur d'avoir utilisé les services de prostituées.

Peu après la mort de Michael Brown à Ferguson cet été, il a tweeté que celui-ci avait un casier judiciaire comprenant une arrestation pour meurtre (ce n'était pas vrai). Il a aussi pris l'habitude de publier les adresses de journalistes dont il n'aime pas le travail.

Menaces

Parfois, il ne s’est pas trompé, comme lorsqu'il a pressenti en 2012 que l'histoire de viol racontée dans un article du magazine Rolling Stone ne tenait pas debout. Mais, contrairement à d'autres journalistes qui avaient eu le même pressentiment, il a réagi en menaçant Jackie, la source de l'article. «Je laisse à Jackie jusqu'à la fin de la journée pour dire la vérité, et ensuite je vais commencer à révéler des choses sur son passé», avait-il tweeté. Il avait par la suite publié son nom et sa photo. C'est alors que de nombreuses voix avaient demandé à Twitter de réagir. 

Or, depuis le début de l'année, Twitter est devenu plus actif dans sa chasse aux trolls, en interdisant notamment le revenge porn et en testant un filtre qui permet de se débarasser des propos contenant des injures ou des menaces. Jusqu'à peu, le règlement de Twitter interdisait les «menaces directes et spécifiques de violence envers les autres» mais, depuis avril dernier, les mots «directs et spécifiques» ont été éliminés, ce qui permet d'interdire un plus grand nombre de messages.

 

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