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Classement Forbes: les États-Unis ont vraiment plus de femmes influentes que les autres pays

Capture d'écran du site de Forbes, avec les premières États-uniennes du classement | Capture d'écran/Forbes.

Capture d'écran du site de Forbes, avec les premières États-uniennes du classement | Capture d'écran/Forbes.

Où sont les femmes puissantes de ce monde? Aux États-Unis, selon le dernier classement Forbes. Et ce, même si on regarde en proportion de la population de chaque pays.

Elles raflent 57 places sur 100. Le dernier classement Forbes des 100 femmes les plus puissantes du monde fait la part belle aux Américaines: Hillary Clinton prend la deuxième place du podium juste derrière Angela Merkel (désignée pour la cinquième année consécutive femme la plus puissante du monde) et devant Melinda Gates, philanthrope de géant avec sa fondation dotée de 40,2 milliards de dollars de budget et de près de 1.200 employés. On y trouve encore la première dame des États-Unis, Michelle Obama, à la dixième place, la PDG de Youtube Susan Wojcicki (9e), la numéro 2 de Facebook, Sheryl Sandberg, à la huitième place, la PDG de General Motors, Mary Barra, en cinquième position, ou encore la présidente de la Banque centrale américaine, Janet Yellen, à la quatrième place. Les autres nationalités de ce classement sont loin, très loin derrière. La Chine arrive en deuxième et n’est présente qu’avec 5 femmes sur 100 et l’Inde avec 4 femmes.

Si on regarde par thème, on s’aperçoit que les États-Unis sont présents presque monopolistiquement dans le domaine des nouvelles technologies (15 femmes sur 18), dans la sphère médias (toutes les femmes sauf deux) et la sphère mode (toutes les femmes sauf une). Il faut aller sur le terrain du commerce, de la philanthropie et de la politique pour trouver un peu de diversité dans les nationalités.

Avance des États-Unis

Mais ce chiffre prend-il en compte la taille de la population et le fait que les États-Unis sont un grand pays très peuplé (320 millions d’habitants environ)? Un petit produit en croix ramenant ce chiffre au nombre d'habitants montre qu’il est aussi plus élevé en proportion. La France, qui ne possède qu’une seule femme dans le classement, a environ 12 fois moins de femmes influentes que les États-Unis une fois le chiffre ramené aux 66 millions d'habitants du pays. La Chine en a environ 48 fois moins et l’Italie 3 fois moins.

Si on regarde le classement Forbes général (incluant hommes et femmes), on ne retrouve que 28 personnalités américaines parmi les 100 les plus influentes. Ce ratio deux plus faible que celui du classement féminin indique que la proportion de femmes influentes est certainement plus élevée aux États-Unis qu’ailleurs.

Cette avance est-elle reflétée dans d’autres classements de personnalités? Celui du Times en 2014 ne permettait pas de classer par pays, mais par ère géographique. On y constatait que l’Amérique du Nord (529 millions d’habitants) et ses 25 femmes était mieux placée là aussi que l’Europe avec seulement 4 femmes (pour 742,5 millions d’habitants).

Classement sur toute l’histoire de l’humanité

Un autre classement, nommé «Panthéon», qui cette fois permet de lister non pas des personnalités célèbres actuelles vivantes mais tous les personnages de l’histoire de l’humanité, accorde aussi une très bonne note aux États-Unis.

21e

C’est la place des États-Unis sur 193 pays dans le classement Panthéon, avec un taux de femmes de près de 24%

Élaboré par le MIT Media Lab, un laboratoire du Massachusetts Institute of Technology, le prestigieux institut de recherche américain, son but est d’évaluer l’influence de la production culturelle (au sens large). Il autorise un classement par pays, mais aussi par pourcentage de femmes et pourcentage de personnes issues de la «diversité» dans ces pays. Il est basé sur plus de 11.000 biographies Wikipédia et sur le livre de Charles Murray (en anglais, Human Accomplishment. The pursuit of excellence in the Arts and Sciences, 800BC to 1950) qui recense des noms célèbres de -800 avant Jésus-Christ jusqu’aux années 1950, une sorte de «CV de l’humanité».

(Cliquez sur l'image pour agrandir)

Résultat: sur 193 pays, les États-Unis arrivent 21e, avec un taux de femmes de près de 24%. Mais cette place est en fait plutôt une cinquième place, voire une deuxième place, si on y regarde de près. Sur les 20 pays qui dépassent les États-Unis, on compte 16 pays avec moins de 10 personnages historiques recensés. Les deux premiers pays sont de tout petits pays (la Barbade, un micro-État insulaire situé en mer des Caraïbes, et les Bermudes, un archipel d'Amérique du Nord) qui ne comptent qu’une seule célébrité, une femme donc, leur permettant d’afficher un taux de 100%.

Puissante industrie culturelle à même d’exporter ses icônes

Dans les pays qui surpassent le pays de l’Oncle Sam pour leur taux de femmes célèbres tout en affichant un total de plus de dix personnages historiques, on trouve l’Islande (25% de femmes célèbres) la Nouvelle-Zélande (29%) l’Australie et le Canada (environ 30% chacun). Les États-Unis arrivent donc plutôt en cinquième position de ce classement global, tous territoires et époques confondus, voire en deuxième place si on ne compte que les pays qui ont plus de 100 personnages célèbres au total.

Biais et effet démultiplicateur

Tous ces classements sont américains et comportent donc certainement un biais dans leur manière d’envisager la «célébrité». Celui des rédactions des magazines Times et Forbes par exemple n’est pas élaboré de manière scientifique, comme pourrait l’être un sondage, même si ce dernier média évoque un «algorithme» fondé sur des critères précis.  Le site Francetvinfo.fr, qui s’est penché sur sa méthode, ne manquait pas de souligner l’année dernière «certaines incohérences» des résultats du classement 2014. Et se demandait si les goûts de la rédaction du magazine n’avaient pas quelque influence...

Il y a aussi un effet démultiplicateur de l’influence pour les femmes qui sont connues dans un grand pays comme les États-Unis qui possède une puissante industrie culturelle à même d’exporter ses icônes.

Reste que cet État qui s’est bati sur l’immigration et l’effort d’ascension sociale a sans doute moins de mal que les autres à porter les femmes à la plus haute marche. Notons par exemple que les conseils d’administration français ne sont pas moins féminisés que les conseils d’administration américains, au contraire même. Pourtant, il n’y aucune femme PDG au sein du CAC 40…. Bref, un classement d’un magazine français et quelques efforts pour plus de parité devraient nous permettre de pousser un jour un Cocorico.

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