Partager cet article

Faire travailler les détenus russes pour diminuer le coût du Mondial 2018

Les membres des Pussy Riot quittent le poste de police d'Alder lors des Jeux olympiques de Sotchi en février 2014 | REUTERS/Shamil Zhumatov

Les membres des Pussy Riot quittent le poste de police d'Alder lors des Jeux olympiques de Sotchi en février 2014 | REUTERS/Shamil Zhumatov

Un député russe propose de mettre à contribution les prisonniers, main d'œuvre à bas coup, pour produire certains matériaux nécessaires au chantier de la Coupe du Monde de football 2018. Solution «positive» pour réduire le coût du Mondial.

Pourquoi aller chercher ailleurs ce qu'on peut produire, moins cher, dans ses prisons? Pour alléger la facture du Mondial 2018, la Russie pourrait recourir à une main d'œuvre low cost maison: celle des détenus. Un député du parti de Vladimir Poutine, Russie unie, propose de faire travailler les prisonniers pour tenir le budget de la rencontre internationale, comme le rapporte l'agence Associated Press, reprise par la presse américaineAlexander Khinshtein explique son dessein:

«Cela va aider dans le sens où ce sera l'opportunité d'acquérir des matériaux de construction pour un prix plus bas, plus économique qu'il ne l'est actuellement sur le marché. Et ceci mis à part, ça permettra d'amener des prisonniers au travail, ce qui est très positif.»

Là où le bât blesse, c'est que Russie s'est déjà tristement illustrée pour les conditions qui régissent le travail, sous-payé et parfois forcé, dans ses prisons. Nous rapportions l'année dernière le témoignage édifiant des membres des Pussy Riots, racontant leur quotidien et notamment les interminables heures de travail dans les camps pénitentiaires.

Selon les plans d'Alexander Khinshtein, les travailleurs seraient conduits quotidiennement du centre de détention à leur lieu de travail. Il n'est pas prévu de les employer directement sur les chantiers des stades. Les salaires mensuels pourraient correspondre à 15.000 roubles, soit 270 euros.

Tenir le budget

Le calcul économique est implacable. Le coût des importations a fortement augmenté avec la hausse du rouble, qui subit les sanctions internationales en réponse à la guerre en Ukraine et la baisse du cours du pétrole. Produire russe, et qui plus est en prison, serait donc une solution pour tenir le budget de 637.6 milliards de roubles (l'équivalent de 12,7 milliards de dollars) prévu pour la Coupe du monde.

Alexander Khinshtein affirme qu'il a travaillé avec le Service pénitentiaire fédéral russe et qu'il présentera ses propositions au Parlement prochainement. La Fifa dit ne pas avoir été informée de ce projet et n'a pas souhaité s'exprimer. L'année dernière, la Fédération internationale de football a été éclaboussée par le scandale des centaines de travailleurs morts sur les chantiers qataris de la Coupe du Monde de football 2022.

Les prisons russes ne sont pas les seules à ne pas respecter les droits du travail. À l'occasion de la fête du travail le 1er mai, l'Observatoire international des prisons rappelait que les maisons d'arrêt françaises fournissent également une main d'œuvre sous-payée.  

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte