Partager cet article

«Dheepan» de Jacques Audiard Palme d'or, Bercot et Lindon primés: un palmarès très français

«Dheepan», de Jacques Audiard. DR

«Dheepan», de Jacques Audiard. DR

Cette 68e édition du Festival de Cannes a récompensé, de manière prévisible, beaucoup de Français, et a laissé de côté de manière surprenante et décevante Jia Zhang-ke et Hou Hsiao-hsien.

Palme d'Or : Jacques Audiard pour Dheepan. Le réalisateur avait déjà reçu à Cannes le prix du meilleur scénario et le Grand Prix du Jury. Dans Dheepan, il raconte l'histoire de réfugiés tamouls débarqués dans la violence des banlieues françaises. 

Grand Prix: Laszlo Nemes pour Le Fils de Saul. Un film que nous décrivions ainsi:

«A mi-chemin entre Jérôme Bosch et les gravures de Gustave Doré pour le texte de Dante, Nemes construit un récit haletant et lacunaire, d’une noirceur tendue, rigoureuse, hantée –et qui s’impose comme une des rares grandes réponses de mise en image au défi de la figuration de la Shoah.»

Le Grand Prix est le plus prestigieux après la Palme. Crée historiquement avant la Palme d'Or, c'était jusqu'en 1954 la plus haute distinction du festival, rappelle Allociné. C'est Alice Rohrwacher qui l'avait remporté en 2014 pour Les Merveilles

Prix de la mise en scène: Hou Hsiao-hsien pour The Assassin, un film dont la beauté avait sidéré sur la Croisette, mais dont beaucoup étaient sortis en disant n'avoir rien compris... Dans son discours de remerciement, le réalisateur taïwanais a expliqué:

«C'est difficile de faire du cinéma d'auteur et de trouver des financements.»

Prix d'interprétation masculine: Vincent Lindon pour La Loi du marché, de Stéphane Brizé

«C'est la première fois que je reçois un prix dans ma vie», a-t-il expliqué, remerciant le jury et notamment les frères Coen. Il a salué l'acte politique qu'il y a à avoir sélectionné un film pareil –sur le sujet du chômage et de la difficulté à trouver des interstices de liberté dans le monde capitaliste actuel. «Je dédie ce prix à ces gens pas toujours considérés à la hauteur de ce qu'ils méritent, ceux qui sont un peu des laissés pour compte.»

Dans le dossier de presse, le réalisateur du film Stéphane Brizé expliquait au sujet de Lindon: 

«Je le connais maintenant assez bien puisque ce film est le troisième que nous faisons ensemble. Je l’ai trouvé formidable dans Mademoiselle Chambon et Quelques heures de printemps mais là, il atteint je crois un niveau de jeu inouï. Il fait là l’expérience –et je la fais en même temps que lui à mon poste– du lâcher prise. C’est un travail quasiment sans filet.»

Prix du Jury: The Lobster de Yorgos Lanthimos. Un film dont Jean-Michel Frodon expliquait qu'il cherche «avec insistance du côté de la cruauté et de l’humour noir, [et] se révèle vite d’une grande vanité».

Le Prix du jury est remis à un film de la compétition officielle particulièrement apprécié par le jury; il est souvent là pour encourager de jeunes réalisateurs. Même si l'an dernier, il était partagé par Xavier Dolan et... Jean-Luc Godard.

Prix d'interprétation féminine: Rooney Mara (Carol, de Todd Haynes) et Emmanuelle Bercot (Mon roi, de Maïwenn) se partagent le prix. Seule Bercot était là pour récupérer le sien: 

«Ce prix récompense la liberté de Maïwenn. Elle aurait pu choisir n'importe qui, dans les plus hautes sphères, mais elle a choisi une actrice inconnue de 46 ans.»

Bercot était également présente en tant que réalisatrice à Cannes: elle avait présenté son film La Tête Haute en ouverture, hors compétition


Prix du scénarioChronic, du réalisateur mexicain de 35 ans Michel Franco, avec notamment Tim Roth. Il avait reçu le prix Un Certain Regard en 2012. 

 

Le prix de la Caméra d'or –remis par un John C. Reilly chantant «Just a Gigolo» et Sabine Azéma, présidente du jury– a récompensé La Tierra y la Sombra, du colombien César Augusto Acevedo. Le film avait déjà reçu le prix SACD deux jours plus tôt.


Enfin, la Palme d'or du court-métrage va à Wave 98, un court d'animation du réalisateur libanais Eli Dagher.

Agnès Varda est aussi venue recevoir une Palme d'honneur. Elle a raconté sa première venue à Cannes, en 1955, avec dans son sac les pellicules de son premier film La pointe courte. Elle a expliqué que c'était un plaisir surprenant, d'autant plus que les précédents récipiendaires de la Palme d'honneur, Woody Allen, Bernardo Bertolucci et Clint Eastwood étaient des hommes, qui avaient fait gagner des millions de dollars:

«Je la reçois comme une Palme de résistance et d'endurance, je la dédie à tous les réalisateurs inventifs et courageux, qui ne sont pas en lumière et qui continuent.»

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte