Boire & manger / Parents & enfants

Les enfants qui jouent avec la nourriture sont moins difficiles

Temps de lecture : 2 min

Les jeunes enfants qui s'amusent avec le contenu de leur assiette seraient plus ouverts que les autres aux nouveaux goûts.

Smile [Explore] / Clement Belleudy via Flickr CC License by.
Smile [Explore] / Clement Belleudy via Flickr CC License by.

Jouer avec le contenu de leur assiette pourrait aider les jeunes enfants à surmonter la peur de nouvelles saveurs, selon une étude intitulée «Le plaisir du jeu tactile est associé à une néophobie alimentaire plus faible chez les enfants d’âge pré-scolaire», publiée dans le Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics.

Pour arriver à cette conclusion, des chercheurs britanniques ont mené une expérience simple: ils ont demandé à un groupe de 70 enfants de 2 ans à 5 ans, explique Reuters, de chercher des petits jouets enterrés dans de la purée de pommes de terre et de la «jelly». Bref, du pâteux et du gluant, de la nourriture qui colle aux mains. Ceux qui ne creusaient pas manuellement dans leur repas se sont vus proposer une cuillère...

Les parents, observateurs, et les chercheurs ont évalué à quel point les enfants étaient heureux de se salir les mains, sur une échelle de 1 à 5. Pour comprendre les habitudes alimentaires générales et la «sensibilité tactile» des enfants, les chercheurs ont aussi interrogé les parents avec des questionnaires précis.

Résultat, les enfants les plus disposés à se salir joyeusement les mains à table étaient ceux qui étaient les moins touchés par la «néophobie alimentaire», la peur de goûter de nouveaux aliments.

Helen Coulthard, chercheuse en psychologie et principale auteure de l’étude, explique à Reuters que «bien qu’il ne s’agisse seulement que d’une association, cela implique que laisser les enfants jouer avec la nourriture pourrait les aider à accepter cette nourriture», même si d’autres recherches seront nécessaires pour confirmer cette hypothèse.

Alors, selon elle, l’art culinaire pourrait être une bonne manière de commencer, par exemple en utilisant la nourriture pour faire des dessins ou des formes dans l’assiette, sans mettre la pression aux enfants... Et en les encourageant progressivement à faire leur propre œuvre, puis à goûter quand ils sont prêts.

Myles Faith, un chercheur en nutrition qui n’a pas participé à l’étude, conclut que «les parents devraient moins penser à mettre la pression et à forcer leurs enfants à manger des fruits et des légumes, et plus aux moyens de favoriser le plaisir, la curiosité et l’exploration. […] Ils pourraient envisager des activités où les enfants seraient des "détectives alimentaires", goûtant et évaluant de nouveaux aliments, voire devenant des critiques gastronomiques».

Ces résultats rejoignent en tous cas ceux d'une autre étude publiée en 2013, qui avait montré que jouer avec la nourriture servait à apprendre, à connaître le nom des aliments et à mieux les appréhender.

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