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Destinations gourmandes dans les environs de Paris

Dessert du Bouche à Oreille

Dessert du Bouche à Oreille

Échappons-nous un peu de la capitale.

Les Étangs de Corot à Ville-d'Avray

Dans ce site classé au bord de l'eau, truffé d'arbres centenaires à l'ombre de la forêt, Alice et Jérôme Tourbier peaufinent avec amour ce hameau de maisons anciennes affiliées à la chaîne des Relais & Châteaux, si rares dans la périphérie de Paris. Le charme bucolique de ce lieu de mémoire où Jean-Baptiste Camille Corot a posé son chevalet bien avant les impressionnistes vaut le voyage – à 14 kilomètres de Paris seulement.

C'est un enchantement pur et simple. Vous changez d'univers loin du stress urbain, vous êtes conquis par l'environnement préservé, les jardins romantiques aux coins et recoins près des fontaines et des nénuphars.

Voilà une adresse idéale pour le ressourcement de soi, une parenthèse de sérénité, de bien-être, de savoir (bien) vivre, enrichis par les soins Caudalie du spa Vinothérapie inventé par l'autre fille, Mathilde et le gendre des Cathiard, propriétaires du Château Smith Haut Lafitte, grand cru classé de Pessac Léognan. On peut préférer le rouge puissant ou le blanc frais, fruité selon les millésimes.

Proche de Versailles, le gros bourg de Ville-d'Avray a trouvé une seconde vie touristique grâce à cet hôtel-restaurant conçu comme une demeure d'un raffinement bienvenu, très couru le week-end. Quand les rayons du soleil réchauffent les dalles des jardins, c'est un pur bonheur –la dernière marche avant le paradis, aurait dit Ernest Hemingway.

En cuisine, une fête de gourmandises. Les Tourbier ont eu la bonne intuition en choisissant Rémi Chambard, enfant de La Rochelle, formé par le maestro Jean-Marie Gautier à l'Hôtel du Palais de Biarritz et par Didier Aniès au Grand-Hôtel du Cap-Ferrat, promu sous-chef de Nicolas Masse, double étoilé chez les Cathiard aux Sources de Caudalie dans le parc de Smith Haut Lafitte. Ce fut le bon choix, excellent même, car Rémi Chambard a le sens de la bonne cuisine au bout des doigts, c'est un futur «grand».

Au Corot, le restaurant élégant où il a décroché sa première étoile en 2014, il mitonne des plats de conception simple, épatants par les goûts justes et les cuissons exactes.

En amuse-bouche, le consommé d'araignée au fenouil et carottes est corsé comme il faut, la ballottine de pintade aux oignons rosés (37 euros) surprend divinement, le homard bleu est agrémenté d'épinards, d'échalotes et de rhubarbe pour l'acidité (29 euros), le ris de veau braisé au beurre, carottes, noix et pimprenelle, un délice que les fous d'abats se font resservir (47 euros), l'agneau fermier façon sudiste est escorté d'aubergines, cébettes, oseille et Xérès (50 euros), une symphonie à la Robuchon, et le turbot de ligne est mouillé d'une sauce à l'ail des ours et navets, proche du chef-d'œuvre (52 euros).

Restaurant Les Paillotes

Un cuisinier humble, d'un vrai talent à qui le Michelin ferait bien d'accorder la deuxième étoile sans trop tarder. Ah le soufflé au café onctueux, profond (14 euros)!

Dans l'autre restaurant, le Café des Artistes au cœur du jardin, un répertoire bistrotier: terrine de campagne maison, pomme poire cannelle (12 euros) maquereau en escabèche, pommes de terre cresson (12 euros) et saint-jacques à la mousseline de pommes de terre, sauce au cidre (27 euros).

Aux Paillotes, sur les étangs, idéal le dimanche midi, burrata crémeuse, caviar d'aubergines, pistou (18 euros), sole entière à la grenobloise (42 euros), et éclair gourmand chocolat-caramel (12 euros). Le verre de Smith rouge 2007 est à 15 euros.

De quoi se réjouir les papilles et prendre du bon temps dans ce relais verdoyant tenu par des gens de qualité.

Les Étangs de Corot à Ville-d'Avray

55 rue de Versailles 92410 Ville-d'Avray

Tél.: 01 41 15 37 00

Menu au déjeuner au Corot à 48 euros sauf le dimanche, dégustation à 95 euros

Au Café des Artistes, menus à 29 et 35 euros. Chambres à partir de 230 euros. Forfaits à 340 et 500 euros.

Soins au spa à partir de 66 euros pour le bain à la vigne rouge. Cure de trois jours à 536 euros

Le site

Le Bouche à Oreille à Boutervilliers (Essonne)

En pleine campagne, à Boutervilliers, dans la Beauce vaste et plate, le grenier de la France, un bon cuisinier, Aymeric Dreux, passé le Laurent de Joël Robuchon et le Carré des Feuillants d'Alain Dutournier, a pris le risque de créer une auberge contemporaine dans la nature et les champs de blé où il mitonne des plats de la tradition française à peine personnalisée. Pour les gens et les gourmets de la région, une aubaine.

Après le rarissime vol-au-vent de ris de veau aux morilles (38 euros), il propose ces jours-ci son homard du vivier rôti aux légumes et pommes grenaille (52 euros), la pluma ibérique à la noisette torréfiée et gratin de macaronis à la duxelle de champignons (42 euros), le ris de veau aux asperges vertes et petits légumes, pour les fous d'abats (42 euros), le bœuf ou l'agneau confit dix heures, jus réduit (30 euros), et le magret de canard rôti poivrade et champignons (28 euros). Un chef saisi par la passion et la juste cuisson des viandes, il en faut.

Récompensé par deux toques au Gault et Millau 2015, et surtout par une étoile au Michelin, le Bouche à Oreille, sur la route de Chartres à Orléans, a décollé –30% de progression depuis le début de l'année. Les prix restent raisonnables pour une telle qualité dans ce décor lumineux, doté d'une terrasse plein sud où l'on sabre le champagne et savoure les crêpes flambées au Grand-Marnier (10 euros).

Les vins de Bordeaux, chers au maître de maison, le Château Fieuzal (Pessac Léognan) et le Château Lecuyer 2009 (Pomerol) sont à des tarifs cadeaux car Aymeric Dreux est un fervent du dépôt-vente, sans coefficient abusif.

Le Bouche à Oreille à Boutervilliers

11 rue de la Chapelle 91150 Boutervilliers, à 9 kilomètres d'Étampes par la D 191

Tél 01 64 95 69 50

Menus au déjeuner à 24, 32 et 44 euros, le plus vendu avec une coupe de champagne

Fermé dimanche soir, lundi soir et mardi

Le site

Le Wauthier by Cagna à Saint-Germain-en-Laye

Thomas et Delphine, le fils et la fille de Gérard Cagna, grand chef double étoilé au Relais Sainte-Jeanne à Cormeilles-en-Vexin (fermé), se sont installés dans une petite rue proche du marché de Saint-Germain-en-Laye –une modeste table mais une cuisine de haut vol, mal notée par le Guide Pudlowski et le Michelin, une fourchette seulement, il faudra revenir!

Tous les plats de Cagna junior suscitent l'appétit: le foie gras des Landes en miroir de porto rouge, pois gourmands, pain d'épices au miel de la forêt, glace aux cèpes, mirobolante assiette façon Pierre Gagnaire (14 euros), le risotto moelleux aux asperges et morilles fraîches à la crème de foie gras (21 euros), la lotte au curry, légumes confits, tombée de poireaux et écume de homard, une symphonie magistrale (27 euros), le filet de bœuf grillé, duxelle de champignons de Paris, polenta moelleuse, jus corsé, digne de Joël Robuchon (27 euros), et le chef d'œuvre actuel, les escalopes de ris de veau braisées, morilles fraîches, galette de pommes de terre, sauce Albufera, une merveille de la grande cuisine de tradition (27 euros). On reste pantois devant la recherche des garnitures, les sauces et les cuissons parfaites.

Cinq desserts, dont la feuillantine aux pommes et cannelle, amandes effilées, glace caramel au beurre salé, digne d'Alain Ducasse, le moelleux au chocolat 1er cru, griottes, sorbet citron, la tarte sablée aux framboises, crème de citron, sorbet fraises-basilic –chacune de ces gâteries à 10 euros, des cadeaux.

Côté cave, les propositions au verre sont tout aussi raisonnables que qualitatives, le Menetou Salon blanc à 4 euros le verre, tout comme le Sancerre rouge terres blanches au même prix.

Tout cela, ces réjouissances servies par Delphine, la sœur du chef, sont composées avec délicatesse par Thomas Cagna, un futur grand, elles valent au moins l'étoile. Le Wauthier est bien mieux qu'un bistrot gourmand, il y a là un style accompli, un travail soigné, des goûts profonds qui ravissent les gourmets. Une adresse à inscrire sur vos tablettes.

Le Wauthier by Cagna à Saint-Germain-en-Laye

31 rue Wauthier 78100 Saint-Germain-en-Laye

Tél.: 01 39 73 10 84

Menus au déjeuner à 20, 27 et 33 euros, au dîner à 66 euros

Fermé mercredi midi, dimanche et lundi

Le site

Saperlipopette à Puteaux

L'enseigne cocasse de ce bistrot chic du centre de Puteaux est l'œuvre de Norbert Tarayre, le cuistot facétieux starisé par M6 aux côtés de Jean Imbert, Top Chef 2012, à l'Acajou à Paris (75016).

C'est un gros bateau, 300 couverts par jour, la terrasse ensoleillée est prise d'assaut aux deux services, ambiance chaleureuse. La carte est courte, dix plats et quatre desserts envoyés par Joanne Flament et Kevin Mateos, et l'ensemble des assiettes relève de la cuisine bourgeoise de tradition, à peine tendance, en dehors du ceviche de daurade corsé, légumes raves (18 euros) et la raviole Dubarry farcie à la joue de bœuf et semoule (17 euros).

Saperlipopette

Les viandes sont à l'honneur: la côte de veau à la crème de champignons et mousseline maison (29 euros), la côte de bœuf Angus, sauce originale au brie (72 euros pour deux), le bœuf carottes issu du paleron braisé, purée de carottes (24 euros) et le classique médaillon de veau aux légumes printaniers (26 euros).

On aimerait que les origines et les AOC des viandes soient indiquées, de même pour le foie gras, de canard ou d'oie, chutney à l'orange (18 euros). Et la couleur des asperges de Jérôme Galis, un as du végétal.

Deux poissons: le lieu jaune de ligne accompagné d'une crème d'asperges vertes (24 euros) et le bar d'élevage (hélas) à la plancha escorté d'un risotto de pâtes (26 euros). On peut mieux faire.

Dans le quatuor des gâteries de Delphine Morin, le Paris-Brest, noisettes caramélisées, manque de légèreté (10 euros), la tarte au citron est meringuée et parfumée à la rhubarbe (10 euros). Bon café. Carte des vins bien fournie, une vingtaine de crus au verre: le Chinon 2011 de Philippe Alliet à 12 euros, le Médoc Malescasse 2009 à 10 euros servis par la sommelière Elsa.

Hélas, Norbert Tarayre est rarement là. Il est aussi le comédien de son one man show Patate en tournée après trois mois à la Nouvelle Eve à Pigalle. Comme il le dit dans la Gazette du Saperlipopette: «La restauration est une œuvre collective, presque familiale.» On ne saurait mieux dire, l'équipe de Norbert Tarayre se donne à fond pour autant de convives à nourrir, un succès.

Saperlipopette à Puteaux

24 rue Mars et Roty 92800 Puteaux

Tél.: 01 41 37 00 00

Menu-carte à 42 euros. Brunch le dimanche à 38 euros

Pas de fermeture. Voiturier

Le site

 

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