Partager cet article

Comme Thiriez, vous voulez vraiment d'une L1 sans Istres, Arles-Avignon, Dijon ou Angers?

Danijel Ljuboja célèbre un but inscrit avec le FC Grenoble face à Lyon, le 21 novembre 2009. REUTERS/Robert Pratta

Danijel Ljuboja célèbre un but inscrit avec le FC Grenoble face à Lyon, le 21 novembre 2009. REUTERS/Robert Pratta

Le passage de trois à deux descentes et montées en L1 et L2 est dommageable pour l'élite du football français, qui risque de se priver d'une touche d'exotisme.

Il n'y aura que deux montées en Ligue 1 lors de la prochaine saison du championnat de France de football de Ligue 2. Jusque-là, les trois premiers accédaient à la division supérieure, tandis que les trois derniers de Ligue 1 descendaient.

Ce changement a été annoncé par la LFP, jeudi 21 mai, dans un communiqué:

«Le Conseil d’administration de la LFP a décidé de modifier le système des montées et des relégations entre la Ligue 1 et la Ligue 2. 

A l’issue de la saison 2015-2016, le 19e et le 20e de Ligue 1 seront relégués en Ligue 2, tandis que le 1er et le 2e de Ligue 2 monteront en Ligue 1.»

Si certains présidents de club s'en sont réjoui, pour beaucoup d'observateurs, il s'agit d'un recul. Grégory Schneider estime ainsi dans Libération que:

«Thiriez peut par ailleurs dire que trois descentes, "c’est trop", il s’agit là précisément de la jauge retenue pour les championnats italien, anglais ou espagnol, seule l’Allemagne n’expédiant que deux équipes un étage plus bas en fin de saison pour la bonne raison qu’il n’y a que 18 équipes en Bundesliga et non 20 comme en France ou dans les pays précités. Thiriez étant une marionnette dans les mains du syndicat des présidents de clubs, tout-puissants à la Ligue, on y verra la main des plus influents d’entre eux, Jean-Michel Aulas en tête.»

Puisque l'on ne verra que deux montées en L1, nous avons décidé de regarder quels clubs se seraient vus refuser la montée à l'échelon supérieur, ces 20 dernières années, depuis la saison 1993-1994, qui a marqué la fin d'une deuxième division divisée en deux poules.

Avec cette évolution, certains clubs dont la montée avait alors constitué une surprise n'auraient pas pu évoluer en L1, comme Istres (2004), Boulogne (2009), Arles-Avignon (2010) ou encore Dijon (2011), qui avaient tous terminés 3e de L2. Les cyniques ajouteront que cela n'aurait pas forcément été un mal, vu qu'ils sont redescendus l'année suivante, mais ce sont également des clubs aujourd'hui bien installés en Ligue 1 comme Nice (2002), Lorient (2006) ou Nantes (2013) qui n'auraient pu revenir de sitôt dans l'élite du football français à cause de cette nouvelle règle. En moyenne, un club arrivé troisième du championnat de deuxième division (D2, puis L2) reste un peu plus de trois saisons dans la division supérieure.

Si cette règle avait été appliquée cette année, c'est très probablement le SCO Angers (ou éventuellement Nancy ou Dijon) qui aurait ainsi vu les portes de la Ligue 1 se fermer devant lui: or, sa montée participerait d'un renouvellement de la L1, puisque le club n'a plus évolué à ce niveau depuis vingt ans.

Avec cette évolution, la LFP va probablement empêcher la montée en L1 de clubs «improbables», ceux qui assurent un certain exotisme au sein de la Ligue 1. Beaucoup se réjouissent déjà de l'arrivée d'un club comme Troyes au sein de l'élite, parce que l'équipe de Jean-Marc Furlan produit régulièrement un football agréable et offensif. Mais le club de l'Aube n'aurait pas pu montrer ses qualités dans l'élite lors de ses deux dernières montées, en 2005 et 2012, puisqu'il avait alors fini troisième de Ligue 2.

Et comme l'analyse Jérôme Latta sur son blog sur le site du Monde, ce sont donc très probablement les «petits» qui vont être pénalisés par des mesures prises pour protéger les «gros» et même les «moyens» de l'accident industriel:

«"Trois montées et trois descentes, c'est trop", vraiment, alors que la Ligue 1 va être le seul championnat majeur à adopter un tel système? En réalité, c'est trop de risque sportif: celui d'une saison tournant à la catastrophe pour une grosse écurie, celui, plus simplement d'une relégation pour un club moyen. La volonté de puissance des "gros" et la lâcheté des "moyens" constituent le ciment de ce pacte. Tant pis pour les "moyens" s'ils se vouent ainsi à ne jamais monter dans cette hiérarchie figée. Les dommages seront encore plus importants pour les formations de Ligue 2 qui se verront plus fortement assignées à cette division paupérisée.»

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte