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Des activistes anti-NSA ont caché des enregistreurs dans New York pour écouter vos conversations

Si vous avez passé quelques jours à New York, ces dernières semaines, vous avez peut-être été écouté par la NSA. 

Enfin, pas vraiment.

Le 20 mai, Wired a raconté que des activistes anti-NSA ont décidé d'employer les mêmes méthodes que l'agence de surveillance américaine en écoutant des conversations. Ils ont caché des enregistreurs un peu partout en ville, avant de les récupérer, écouter, puis mettre certaines conversations en ligne sur un Soundcloud –dont le nom d'utilisateur est TheNSA.

Et pour se moquer un peu plus de l'agence américaine, ils ont pris soin, comme le note Der Spiegel, de marquer sur leurs enregistreurs: «Propriété de la NSA».

Wired détaille qu'on pouvait y entendre une femme dans une salle de gym expliquant à une amie qu'elle paie plus de 2.000 dollars de loyer par mois, une ancien employé de Microsoft qui décrit son travail d'artiste à la femme qui est présente à l'entretien pour devenir son assistante.

«Un autre homme décrit les obsessions sexuelles inhabituelles de son amant gay, qui implique de faux combats à mains nues, "comme si on jouait dans Batman Returns".»

En se rendant sur le site des activistes –We are always Listening (nous écoutons tout le temps– on découvre un logo détourné de la NSA et un manifeste:

«La mise sur écoute massive de la population a révélé que beaucoup de gens disaient: "Je ne fais rien de mal, alors pourquoi ce serait un problème si la NSA analysait tout ce que je dis et fais?"

Les citoyens semblent ne pas être importunés par cette surveillance, donc nous avons caché des enregistreurs dans des endroits publics dans l'espoir de collecter des informations pour aider à remporter la guerre contre le terrorisme. Nous avons commencé ce programme à New York, mais nous espérons déployer cette initiative un peu partout dans le pays.

Pour plus de transparence, nous déclassifions des extraits des enregistrements, et indiquons où se trouvent certains des appareils.»

Sur leur site –sous l'onglet «Angry?» («En colère?»)– les activistes renvoient vers une page de l'organisation américaine de défense des libertés, ACLU, appelant à mettre fin à la section 215 du Patriot Act, la section dont l'interprétation –trop large au sens de la justice– a permis à la NSA de lancer son programme de surveillance des métadonnées téléphoniques (qui, quand, où, mais pas le contenu) dénoncée plusieurs années plus tard par Edward Snowden.

Wired relève de son côté que l'association américaine indique ne pas avoir de lien avec cette initiative. C'est sans doute mieux pour elle et sa communication, puisque comme le rappelle le magazine spécialisé, l'enregistrement secret d'une conversation à New York requiert l'autorisation d'au moins une des personnes enregistrées. Et si ce que disent les activistes est exact, ce n'est pas le cas.

Mais comme l'indique Wired, peu importe, au fond, puisque vous n'avez rien à cacher.

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