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Pour en finir avec le «mythe» des panzers allemands

Une civile et un soldat allemand devant un Char B1 français abandonné en mai 1940, à Ermeton-sur-Biert (province de Namur, Belgique) | Heinz Fremke, Bundesarchiv via Wikimedia Commons License by

Une civile et un soldat allemand devant un Char B1 français abandonné en mai 1940, à Ermeton-sur-Biert (province de Namur, Belgique) | Heinz Fremke, Bundesarchiv via Wikimedia Commons License by

Ce n’est pas grâce à ses blindés que la Wehrmacht a vaincu les troupes alliées en 1940.

Non, le blindé n'est pas la «Wunderwaffe» qui a permis aux troupes hitlériennes d'envahir les Pays-Bas, la Belgique et la France au printemps 1940, assure le quotidien allemand Die Welt, bien décidé à s'attaquer à ce qu'il considère comme un «mythe» de la Seconde Guerre mondiale, devenu à tort selon lui «le symbole de la défaite de la France».

Tout d'abord, les blindés dont disposait la Wehrmacht en 1940 étaient rudimentaires comparés à ceux des Alliés:

«Les modèles Panzer I et Panzer II étaient en fait des véhicules d'exercice, tout au mieux des solutions de fortune. Leur blindage avait une épaisseur maximale comprise entre 13 et 14,5 millimètres, ils étaient équipés de mitraillettes. […]

 

Même les Panzer III et IV n'étaient pas particulièrement sûrs avec leur blindage de 30 millimètres et […] équipés d'un armement peu efficace.»

Marge de maœuvre

Face au blindé britannique Mark II Matilda, équipé d'un blindage de 80 millimètres d'épaisseur, les panzers allemands ne faisaient donc pas le poids. Et la faible portée des canons des modèles allemands III et IV ne leur permettait d'attaquer les blindés français tels que le SOMUA et le Char B (respectivement 20 et 32 millimètres d'épaisseur de blindage) qu'à petite distance.

Les Alliés avaient en outre plus de véhicules que les troupes hitlériennes:

«Rien que sur le front occidental, les Français et les Britanniques avaient concentré plus de 3.200 blindés et en avaient 1.000 autres prêts à l'emploi dans l'arrière-pays. La Wehrmacht n'en avait elle que 2.800.»

En janvier 2015, à l'occasion de la sortie en Allemagne du film américano-chinois Fury, dans lequel Brad Pitt interprète le rôle d'un sergent de la deuxième division blindée de l'armée américaine durant la campagne d'Allemagne, Die Welt remettait déjà en cause la réputation redoutable du «Tiger-Panzer», un autre modèle de blindé allemand utilisé par la Wehrmacht à partir de 1943:

2.800

Le nombre de blindés de la Wehrmacht (contre 4.200 pour la France et la Grande-Bretagne)

«Avec un poids de 57 tonnes, un blindage allant jusqu'à 110 millimètres d'épaisseur et un canon de précision de 8,8 centimètres, le Tiger était sur le papier plus avancé que tous les modèles soviétiques, américains et britanniques. Mais sa structure compliquée, qui ne fut jamais peaufinée, fit que ce véhicule de combat était plus souvent à l'arrêt à cause de problèmes techniques que parce qu'on avait coupé le moteur.»

Selon le quotidien, si les divisions blindées allemandes l'ont emporté sur celles des Alliés, c'est tout simplement parce que les chefs de divisions allemands avaient plus de marge de manœuvre que leurs ennemis. Ils n'étaient pas entièrement soumis aux ordres transmis par radio d'un poste de commandement lointain mais avaient la liberté de prendre des initiatives en fonction de la situation sur le terrain, avance Die Welt :

«L'historien français Marc Bloch a vu dans cet opportunisme méthodique d'Hitler et de ses généraux la raison de l'étrange défaite des Alliés si bien équipés. Mais le dictateur et ses nouveaux héros partageaient également une autre conviction: être prêts à tenter le tout pour le tout.»

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