Monde

En Inde, une maman cherche «UN fiancé pour son FILS»

Temps de lecture : 2 min

Une annonce pour un mariage gay, publiée dans un journal en Inde, a fait polémique. C'est probablement une première dans ce pays qui a réintroduit la pénalisation de l'homosexualité en 2013.

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«Cherche FIANCÉ 25-40 ans, bonne situation, aimant les animaux, végétarien; pour mon FILS (36 ans, 1m80) qui travaille dans une ONG», indique l'annonce publiée le 19 mai par Padma Iyer dans le tabloïd Mid-Day à Bombay.

Tout en respectant la tradition des annonces matrimoniales émises par les parents indiens, cette mère de 57 ans s'oppose à un tabou, puisque l'union de deux personnes de même sexe est interdite dans le pays. Elle avait préalablement essuyé deux refus.

Photo de l'annonce matrimoniale de Padmav Iyer pour son fils homosexuel.

La nouvelle s'est massivement répandue sur les réseaux sociaux raconte l'agence de presse britannique Reuters, qui rapporte de nombreux messages félicitant la mère du jeune homme pour son acte de courage.

En 2009, la Haute Cour de justice de Bombay avait sucité l'espoir de la communauté LGBT en abrogeant un article du code pénal rédigé par les Britanniques en 1860. La peine encourue en cas de «rapports charnels contre-nature avec un homme, une femme ou un animal», allait jusqu'à dix ans de prison. La Cour avait considéré ce texte contraire aux garanties constitutionnelles d'égalité, d'intimité et de liberté d'expression. Mais en 2013, la Cour Suprême a réintroduit l'article et donc la pénalisation de l'homosexualité. «Un recul important» déploré par les Nations unies.

Refus pour motifs juridiques

Avant de voir leur annonce publiée, Padma Iyer et son fils disent avoir essuyé les refus de deux journaux anglophones, The Time of India, le quotidien de langue anglaise le plus populaire, et DNA, qui avaient avancé des motifs juridiques. The Hindustan Times n'a pas donné de réponse.

Le jeune homme désigné par l'annonce, lui-même militant de la cause LGBT, le déplore:

«Les parents sont tous concernés par le futur de leurs enfants, qu'ils soient gays ou non.»

Depuis ce coup symbolique, a priori une première, il dit avoit reçu six réponses de célibataires intéressés.

Interrogé par la BBC, Aniandya Hajra, un autre militant habitant Calcutta, rappelle que ce geste reste hors de porté de la plupart des homosexuels du pays:

«[Monsieurs Iyer] vit dans une grande ville et c'est un militant connu, il peut se permettre ce genre d'annonce. Mais les autres membres de la communauté LGBT, qui vivent dans d'autres villes ne peuvent pas y penser.»

Slate.fr

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