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«S'il arrive quoi que ce soit avec les airbags, Takata fera faillite»: l'ancien patron de la société était un visionnaire

Airbag OiMax via Flickr CC License by

Airbag OiMax via Flickr CC License by

Au moment où on s'apprête à rappeler 34 millions de voitures aux Etats-unis à cause d'airbags défectueux, cette phrase prononcée il y a trente ans par Juichiro Takata prend tout son sens.

Aux Etats-Unis, plusieurs constructeurs automobiles, parmi lesquels Honda, BMW ou encore Toyota, vont être contraints de rappeler 34 millions de véhicules. La décision est inéluctable depuis que Takata, l’entreprise japonaise qui fabrique leurs airbags, les a estimés défectueux. Six morts et 100 blessures ont déjà été reliés à une défaillance de l’airbag, rappelle le Washington Post, qui ajoute que les pertes pour la compagnie japonaise se chiffreront à plusieurs milliards de dollars.

La situation de Takata est désormais bien sombre. Et Juichiro Takata, son ancien président, visionnaire, avait vu le coup venir de loin: «S’il arrive quoi que ce soit aux airbags, Takata courra à la faillite. C’est un pont trop dangereux pour qu’on le traverse» avait dit en 1985 le fils du fondateur de l’entreprise, selon les mémoires d’un de ses cadres, au moment où cette société, jusqu’alors spécialisée dans la confection de ceintures de sécurité, hésitait à se lancer dans la production d’airbags. Pourtant, un an plus tard, Takata étouffait ses craintes et sautait le pas.

Les premières années se sont révélées fructueuses, faisant de Takata l’un des leaders du marché. Puis des problèmes sont apparus.

En cause, l’un des composants utilisés, ainsi que des négligences possibles dans la conception, comme l’a expliqué Autonews. La technique pour activer la sortie d’un airbag est une chose délicate. Dans les microsecondes qui suivent un impact, un allumeur chauffe un gaz propulseur initialement comprimé. Celui-ci se diffuse alors dans la poche et la gonfle. Mais dans le cas de Takata, l’airbag a tendance à jaillir avec trop de violence, projetant des bouts de métal dans l’habitacle. Takata est la seule entreprise à employer du nitrate d'ammonium comme gaz. La substance est sensible à l’humidité, ce qui la rend instable. C’est aujourd’hui ce gaz qui est pointé du doigt. 

De plus, Autonews rappelle qu’en 2005, Takata a délocalisé son usine de Géorgie vers le Mexique. Depuis, l’entreprise a commis des erreurs dans le stockage des composants chimiques. Autant de mauvais choix qui ont tiré la qualité du produit vers le bas et mis en danger la sécurité des conducteurs.

Avant même le retrait des 34 millions de voitures, les effets économiques de ces fautes en série s'étaient déjà fait sentir: l’an passé, l’action Takata a baissé de 51% de sa valeur. 

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