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Comment les scientifiques ont démonté la plus grosse étude anti-mariage gay

Temps de lecture : 2 min

Cette étude affirmait, entre autres, que les enfants élevés par un couple homosexuel étaient plus susceptibles d’être abusés sexuellement au cours de leur vie.

Deux papas et leurs jumelles, en juin 2013 à Hollywood. REUTERS/Lucy Nicholson
Deux papas et leurs jumelles, en juin 2013 à Hollywood. REUTERS/Lucy Nicholson

En 2012, quand Mark Regnerus, un sociologue de l’Université du Texas, publie une étude titrée «A quel point les adultes élevés par des parents homosexuels sont-ils différents?», il était certainement conscient de la polémique qu'il allait créer. En étudiant des données de personnes élevées dans différents types de familles, il en a conclu que les enfants élevés dans des familles avec au moins un parent homosexuel avaient plus de chance d’être abusés sexuellement, de faire une tentative de suicide, d’avoir des maladies sexuellement transmissibles, etc.

Les réactions ne se sont pas fait attendre, comme le rappelle le New York magazine, qui explique que Mark Regnerus va à l’encontre de nombreuses études qui, par le passé, ont prouvé le contraire. Un site a même été lancé pour détecter les failles de ses travaux. Trois ans plus tard, cette campagne de désintox a porté ses fruits grâce au travail de deux chercheurs, Simon Cheng et Brian Powell.

Publiée dans le même journal que le travail de Mark Regnerus, cette nouvelle étude fait la liste des nombreuses erreurs commises à l’époque par leur confrère.

«Ce que nous avons trouvé est assez stupéfiant», raconte Brian Powell au magazine, avant d’expliquer que la catégorisation réalisée par Mark Regnerus était plus que douteuse. En plus d’avoir compté des réponses non valables de la part de certains participants, il se serait trompé sur la classification et la différence de définition entre les expressions «élevé par un couple gay» et «avoir des parents gay». Ce qui est évidemment différent.

Une fois ces statistiques corrigées, ils ont découvert qu’il n’y avait aucune différence entre un enfant élevé par un couple hétérosexuel et un autre élevé par des parents homosexuels. Contacté par le New York Magazine, Mark Regnerus a maintenu ses propres conclusions, estimant que la marge d’erreur ne change rien au fond de son étude.

Les travaux concernant le mariage homosexuel ou ses effets supposés sur la famille provoquent toujours beaucoup de débat aux Etats-Unis, et sont parfois retirés pour utilisation de fausses données.

Le site retractionwatch.com rapporte le cas d’un article, publié en décembre 2014 par deux étudiants de UCLA et de l’université de Columbia, qui affirmait que de courtes conversations avaient le pouvoir d’influencer l’opinion d’une personne sur la question du mariage homosexuel. Mais l’un des co-auteurs avait en réalité trafiqué les données analysées et l’étude a vite été retirée et invalidée. Aux dernières nouvelles, il devait prendre un poste de professeur assistant au sein de la prestigieuse université de Princeton en juillet prochain.

Slate.fr

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