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Le panda géant ne mange que du bambou alors qu'il n'est pas fait pour le digérer

Panda géant à l'Ocean Park de Hong Kong J. Patrick Fischer via Wikimedia CC License by

Panda géant à l'Ocean Park de Hong Kong J. Patrick Fischer via Wikimedia CC License by

L’American society for microbiology vient de publier une étonnante étude  relayée par Nature  sur le lien entre le régime alimentaire du panda géant et son organisme. De manière surprenante, l’animal ne semble pas pouvoir digérer le bambou, plante qui constitue son unique nourriture. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir eu le temps de s’y habituer, car comme le signale l’article, le panda géant, ancien omnivore, a commencé à consommer le bambou il y a sept millions d’années avant d’en faire son aliment exclusif il y a plus de deux millions d’années.

Mais le métabolisme du mammifère n’a pas suivi: il n’a pas évolué de manière à assimiler la cellulose, la fibre contenue par le bambou. Pour le découvrir, l’équipe de scientifiques qui s’est consacrée à cette étude s’est appuyée sur l’examen pendant un an, et à diverses périodes de l’année, de 45 pandas d’âge différent. Les chercheurs ont étudié les selles de leurs spécimens et les ont comparées avec celles d’autres espèces (ours, lions, kangourous, chevaux). Il en est ressorti que les bactéries nécessaires à la digestion de la cellulose, courantes chez les autres herbivores, en étaient absentes. En revanche, les pandas disposent de bactéries caractéristiques des carnivores. Plus largement, leur tube digestif n’a pas changé, restant le même qu’à l’époque où le panda géant ne consommait pas encore de bambou.

L’honneur des thèses darwiniennes est sauf cependant car l’animal s’est tout de même adapté à son plat de prédilection. Il a ainsi développé au fil des années des mâchoires plus fortes et un pseudo-pouce. Mais l’intérieur de son organisme est resté intact.

Sans remettre en cause les observations des chercheurs, certains spécialistes émettent des doutes quant à l’incapacité des pandas géants à digérer le bambou. Jonathan Eisen de l’université de Californie est dubitatif car il estime que l’équipe de scientifiques n’a analysé que la composition microbienne et non la fonction des bactéries. Or les bactéries peuvent changer de fonction rapidement.

Reste que cette découverte montre le panda géant sous un jour nouveau: celui d’un carnivore refoulé. Partant de cette trouvaille, de nouveaux travaux s’annoncent déjà pour savoir comment le métabolisme du panda parvient à utiliser la cellulose à l’avantage d’un corps pas forcément préparé à ça. 

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