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La Chine veut aller explorer la face cachée de la Lune

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 20.05.2015 à 11 h 49

Repéré sur Quartz, ZME science

La Chine vient d’annoncer son intention d’envoyer une sonde sur la face de la Lune qui se dérobe à nos regards de Terriens. Et ce n’est pas pour rendre hommage aux Pink Floyd.

Photo de la Lune et de la Terre prise par l'engin spatial Chang'e 5 T1. CNSA.

Photo de la Lune et de la Terre prise par l'engin spatial Chang'e 5 T1. CNSA.

Quand on parle de la face cachée de la Lune, on parle avant tout de la partie du satellite qui tourne le dos à la Terre, longtemps restée inconnue à nos yeux. La raison de ce cache-cache tient à sa «rotation synchrone», une situation où la période de rotation (lorsque l’astre fait un tour sur lui-même) est la même que la période de révolution (durée nécessaire pour accomplir un tour autour d’un autre astre). C’est pour cela que la Lune présente toujours le même visage à la Terre.

Des photos ont déjà été prises depuis la fin des années 1950, mais la première vision claire de cette partie de l’hémisphère a été dévoilée y a quelques mois, quand la Nasa publiait une vidéo envoyée par son satellite Lunar Reconnaissance Orbiter.

 

De quoi, peut-être, alimenter les ambitions de la Chine, qui vient d’annoncer son attention d’explorer cette facette mystérieuse, rapporte Quartz. Wu Weiren, ingénieur en charge du programme d’exploration, a expliqué à la télévision centrale chinoise que le pays prévoit d’envoyer une sonde sur la face cachée de la Lune, «un site techniquement plus difficile d’accès».

Ressources lunaires

Chang’e-4, dont le lancement est prévu en 2020, va se mettre en orbite autour de la Lune avant d’envoyer un rover qui explorera la face cachée de la Lune «pour la toute première fois», note Quartz. Même la Nasa n’a jamais tenté de le faire, et ce pour deux raisons: c’est techniquement beaucoup plus facile d’atterrir sur la face la plus proche de la Terre et l’agence américaine préfère se concentrer sur des missions d’exploration de la planète Mars.

Mais les ambitions de la Chine vont au-delà du simple exploit technique. Le pays communiste convoiterait les énormes ressources d’eau et d’hélium 3 présentes sur la Lune. Slate.fr expliquait justement il y a quelques semaines les enjeux autour de ce gaz non radioactif:

«25 tonnes d’hélium 3 suffiraient pour fournir toute l’énergie consommée pendant un an par les États-Unis. Le problème, c’est qu’il n’y a quasiment pas d’hélium 3 sur Terre… et qu’il y en a beaucoup, au moins 100.000 tonnes, sur la Lune.»

Une bataille pour les ressources de la Lune qui ne fait que commencer, et qui pose déjà des problèmes de régulation. Il y a quelques semaines, le site ZME Science se demandait s’il existait un cadre légal pour l’exploitation des ressources dans l’espace. Joanne Gabrynowicz, avocate spécialiste du droit spatial, expliquait alors que la technologie ne permettant pas encore ce genre d’exploitation, et donc que la question ne s’était pas encore vraiment posée:

«Nous n’avons jamais eu d’accord sur ce qui arrive aux ressources extraites… Ce qui ce passe aujourd’hui, c’est que des compagnies exigent que l’on clarifie les règles.»

Pour l’instant, la plupart des experts se basent sur le Traité de l’espace, signé en 1967, et dont le premier article laissent beaucoup de place à l’interprétation:

«L'espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes, peut être exploré et utilisé librement par tous les États sans aucune discrimination, dans des conditions d'égalité et conformément au droit international, toutes les régions des corps célestes devant être librement accessibles.»

Techniquement, la Lune peut être «explorée et utilisée librement». Reste à savoir si la Chine saura utiliser ce traité à son avantage quand elle posera son rover sur la face cachée de la Lune.

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