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Près de 20% des professionnels de la finance pensent qu'il faut enfreindre la loi pour réussir

New York Stock Exchange, mai 2015. REUTERS/Brendan McDermid

New York Stock Exchange, mai 2015. REUTERS/Brendan McDermid

La crise des subprimes n'a pas rendu Wall Street et la City plus éthiques.

Des chercheurs de l'université de Notre-Dame aux Etats-Unis ont interviewé 1.200 professionnels de la finance travaillant à Wall Street et à la City de Londres, et les résultats de leur étude montrent que les banquiers ne sont pas devenus plus éthiques depuis la crise des subprimes de 2008.

En effet, 28% des professionnels de la finance qui gagnent plus de 500.000 dollars par an disent «avoir été témoin ou avoir entendu parlé de pratiques malhonnêtes au travail», rapporte The Guardian. Et près de la moitié des personnes interviewées pensent qu'il est probable que leurs concurrents ont fait quelque chose d'illégal ou de malhonnête.

Selon cette étude, publiée en partenariat avec Labaton Sucharow, un cabinet d'avocats spécialisé dans les cas de fraude financière, «près d'une personne interviewée sur 5 pense que les professionnels de la finance doivent se livrer à des activités illégales ou malhonnêtes afin de réussir».

Les auteurs, Ann Tenbrunsel et Jordan Thomas, ont interviewé des gérants de portefeuilles, des banquiers d'investissement et des managers de hedge fund, et leur conclusion est que le milieu est devenu encore moins éthique qu'il y a deux ans, lorsqu'ils avaient conduit un sondage similaire.

Aux Etats-Unis, 24% des professionnels interviewés avouent qu'ils feraient un délit d'initié pour gagner de l'argent s'ils étaient sûrs de ne pas être pris. En Grande-Bretagne, ils sont 32% à dire qu'utiliser ces informations non publiques ne les gêneraient pas.

Les femmes sont un peu moins cyniques que les hommes: 27% des hommes aux Etats-Unis ont dit qu'ils feraient des délits d'initié, contre 22% de femmes.

Aux Etats-Unis après la crise des subprimes, la loi Dodd-Frank sur la régulation financière avait encouragé les professionnels de Wall Street à dénoncer les pratiques frauduleuses (en leur promettant un pourcentage des gains obtenus en procès), mais les auteurs de l'étude notent que de nombreuses banques et hedge funds empêchent leurs employés d'alerter les autorités. Un quart des personnes interviewées qui gagnent plus de 500.000 dollars par an ont signé (ou ont été invités à signer) des contrats de confidentialité qui les interdisent de rapporter des activités illégales ou malhonnêtes.

Ces conclusions sont confirmées par d'autres observateurs du milieu de la finance. Le New York Times rappelle que l'année dernière, William Dudley, le président de la Réserve fédérale de New York, avait dit dans un discours:

«La tendance aux comportements malhonnêtes ne s'est pas arrêtée après la crise financière; elle a continué malgré l'intervention du secteur public pour stabiliser le système financier.»

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