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Chris Roberts, le hacker qui piratait les vols depuis son siège passager

siège passager reynermedia via Flickr CC License by

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C'est ce tweet facétieux de Chris Roberts se disant prêt à pirater l'écran qui fait face aux passagers pour y afficher «Mettez vos masques à oxygène» qui a valu à l'ingénieur spécialisé dans la sécurité informatique d’être appréhendé par le FBI à l’aéroport de Syracuse, dans l'Etat de New York, le 17 avril 2015. Ce n'est pas son sens de l’humour qui inquiète le «Bureau» mais plutôt sa capacité de hacker des avions en plein vol, explique le site APTN qui publie le mandat dressé contre l’informaticien.

Il est accusé d’avoir brièvement modifié la trajectoire d’un avion, provoquant un déplacement latéral par rapport à sa course normale, depuis son siège passager. Si la date et le numéro du vol en question ne sont pas connus, Chris Roberts a par ailleurs concédé avoir hacké une dizaine d’avions en vol entre 2011 et 2014, souligne WIRED. Cependant, il a défendu le caractère inoffensif de ces piratages: il s’agissait simplement, selon lui, d’entrer dans le système informatique de l’avion, d’en examiner les données puis d’arrêter cette manipulation sans changer en rien le trajet.

Le mode opératoire appliqué par Chris Roberts était à chaque fois le même. Une fois installé à sa place, il ouvrait un boîtier situé sous son siège, y branchait un câble ethernet modifié qu’il reliait à son ordinateur portable. Arrivé à ce point de l’opération, il n’avait plus qu’à taper sur sa machine un identifiant et un mot de passe par défaut et il était connecté au système informatique de l’avion via l’IFE ou Inflight Entertainment, expression qui désigne l’écran situé devant chaque passager, au dos du fauteuil précédent.

Allumé génial mais dangereux, cyberterroriste en puissance? Non, il semble que ces manœuvres de Chris Roberts étaient destinées à faire passer un message: la nécessité de renforcer la sécurité informatique des IFE. L’ingénieur se consacre depuis six ans à cette question. En 2010, il donnait même une conférence sur la manière de hacker une voiture ou un avion à Las Vegas, lors du Security Bsides, comme le rappelle le programme de l’événement. Ses connaissances l’ont amené à rencontrer plusieurs fois des officiers du FBI ces derniers mois.

Pour le moment, aucune charge n’a été retenue contre lui. Mais on ne peut pas dire que Chris Roberts s’en tire sans dommage. Il a confié à WIRED que des investisseurs venaient d’annoncer qu’ils retiraient leur soutien à la société de cybersécurité que Roberts a cofondée, One World Labs. Il a annoncé le licenciement d’une dizaine d’employés, soit la moitié de son équipe. 

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