Sciences

Un article sur le séquençage du génome de la drosophile cosigné par plus de mille auteurs

Temps de lecture : 2 min

Fruit Fly (Euaresta sp.) / Donald Jusa via Flickr CC License By
Fruit Fly (Euaresta sp.) / Donald Jusa via Flickr CC License By

Combien faut-il de chercheurs pour écrire un article scientifique sur le génome de la mouche de fruits? Réponse: 1.014, en tout cas selon la revue académique G3: Genes Genomes Genetics. C’est en effet le nombre de cosignataires d’un article paru dans le dernier numéro, dont plus de 900 étudiants. L’article, détaille le site Nature, se concentre sur le séquançage d’un segment particulier du génome de la drosophile, petite mouche dite mouche des fruits, et le travail de la plupart des contributeurs cosignataires a consisté à corriger à la main les erreurs dans le séquençage décodé par un logiciel, et à annoter cette série. La principale conclusion de l’article est que des sections-clé de ce segment du génome sont conservées dans le patrimoine génétique des mouches depuis 40 millions d’années...

Le génome de la drosophile décodé? Non, la liste des auteurs de l'article.

Les chercheurs dont la contrbution a été la plus importante apparaissent en début et en fin de liste, alors que les autres auteurs sont listés alphabétiquement par institution et centre de recherche.

Neuro-éthologue à l’université du Texas, Zen Faulkes se demande sur son blog si ces signatures ont encore un sens. «Beaucoup de ces auteurs sont des étudiants qui ont suivi un cours, et ont probablement complété une partie de l’analyse dans le cadre du cours», écrit-il. «Je me demande si un seul d’entre eux a eu la moindre opportunité sérieuse de contribuer au texte et aux interprétations de l’article», poursuit-il, ce qui pose la question de la coresponsabilité en cas de critique des résultats.

Selon le chercheur, les étudiants ont été des contributeurs plutôt que des auteurs, et «des articles comme celui-ci rendent le concept “d’auteur” d’article scientifique dépourvu de sens». Le chercheur conseille de plutôt inscrire les noms des participants dans une partie «mention des sources» ou «contributions» («credits»), un peu comme dans un générique de film...

Ces listes de mille auteurs ou plus, rares en biologie, sont toutefois courantes dans le domaine de la physique des particules, écrit encore Nature. Un article sur le boson de Higgs dans une revue de physique avait réuni 2.932 coauteurs, ayant tous collaboré à une expérience de l’accélérateur de particules du CERN. Selon Gordon Watts, l’un d'entre eux, «nous avons une longue tradition des longues listes d’auteurs, et nous savons comment les interpréter. Dans la physique des particules, les expériences sont très étendues et les gens travaillent sur de nombreuses tâches différentes.»

Slate.fr

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